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Quand les hôtels s?attellent à la formation !

25 mars 2007, 00:00

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Langues étrangères, informatique, gestion, bar et restauration, pâtisserie, sécurité, housekeeping ; faites votre choix ! La palette de formations dispensées pour exercer dans l?hôtellerie est vaste ! Si jadis il fallait se tourner vers les établissements tertiaires mauriciens ou étrangers pour se former, aujourd?hui, les groupes hôteliers se mettent au diapason. Ainsi, depuis quelques années, la plupart d?entre eux ont institué des académies pour permettre à leur personnel d?approfondir leur savoir-faire et aux novices de maîtriser les ficelles du métier.

« Naïade Resorts a toujours cru dans la formation. Sans elle, on ne peut pas répondre à la demande de la clientèle. Elle est primordiale », déclare Victoria Mcintosh, responsable de la Naïade Resorts Training Academy, qui a inauguré ses nouveaux bureaux à Floréal mercredi dernier. Le centre existe depuis 1998 et dispense 32 cours internes, touchant à diverses filières de l?hôtellerie, mais visant aussi au développement individuel.

« Afin de déterminer les besoins pour un meilleur apprentissage chez nos employés, nous analysons les feed-back des clients et nous nous entretenons avec les chefs de départements. Cela nous aide à identifier les domaines qui ont besoin de plus de formation et nous sommes quatre pour l?assurer », ajoute notre interlocutrice. Les cours sont dispensés pendant la journée à l?académie, mais aussi dans les établissements hôteliers respectifs du groupe.

« Essentielle pour permettre aux employés de grandir »

À la Sun Academy, du groupe Sun, une évaluation similaire est réalisée. « Nous effectuons un Training Need Analysis pour identifier les formations dont nous avons besoin, puis nous réalisons un budget pour les cours dispensés par une quinzaine de trainers. L?académie dispense des cours pratiques pendant les heures de travail et théoriques après, gratuitement. En moyenne, il faut que l?employé ait adhéré à un minimum de trois heures par cours. La formation est une condition sine qua non pour maintenir le niveau de qualité », indique Tivani Ramasamy, formatrice au sein de cette académie qui est opérationnelle depuis six ans.

Ses propos sont rejoints par Clive Chung, directeur de la Veranda Resorts Training Academy : « La formation est essentielle pour permettre aux employés de grandir. Il faut leur donner la chance de se former et de se développer pour réussir dans leur voie. » Cette instance prend en charge la formation du personnel fraîchement employé et propose aussi des refresher courses pour les employés qui sont déjà dans le domaine.

« Montrer l?image de marque de Maurice »

Outre la formation interne, certains groupes hôteliers s?adonnent à celle à plus grande échelle. Le groupe Cons-tance, par exemple, dispose d?un centre affilié à la Mauritius Qualifications Authority créée en 1998. « La Constance Academy est une antenne de l?école hôtelière et dispense des formations dont l??nologie, la restauration et le housekeeping. Certes, nous accueillons les étudiants qui viennent de terminer leurs études secondaires et qui veulent faire carrière dans l?hôtellerie », explique Alain Bax, Food and Berevages et Front Office Trainer au sein du groupe Constance.

Les formations durent une année et s?adressent aussi aux adultes désireux d?apprendre un métier. Les examens avec la Mauritius Examinations Syndicate se tiennent sur les lieux de la formation. Après la fin de celle-ci et en fonction des résultats, certains étudiants peuvent être recrutés par le groupe hôtelier.

En deuxième lieu, la Constance Academy dispense des formations théoriques et pratiques, ainsi que des cours de remise à jour de ses employés. « Nous sommes appelés à répondre à une clientèle exigeante et il est important que nous sachions répondre aux attentes, mais aussi montrer l?image de marque de Maurice sur le plan international », ajoute notre interlocuteur.

ILS NOUS PARLENT DE LEUR METIER

Rahela Jearuth, majordome

Elle est aux petits soins des clients ! À leur écoute dès leur arrivée et pour répondre à tous leurs besoins le long de leur séjour. Rahela Jearuth est majordome. Difficile à croire, non ?

Et pourtant, ce n?est pas un métier exclusivement destiné aux hommes ! « Cela fait un an et demi que j?exerce cette profession. L?hôtellerie m?a toujours intéressée. J?ai travaillé comme femme de chambre pendant quatorze ans, puis j?ai exercé comme valet.

Et récemment, je suis devenue majordome au Touessrok », raconte-t-elle.

En quoi consiste son métier ? Vêtue de son uniforme blanc cassé, elle se présente aux clients leur proposant plusieurs services dont celui de défaire leurs valises, l?organisation des excursions, la réservation dans les restaurants, des billets d?avion et l?aménagement de facilités s?ils ont un bébé, entre autres. « Nous travaillons sur deux shifts de jour et de nuit, avec une allocation définie des chambres des clients. Nous entretenons un bon contact avec eux. C?est un métier qui est très enrichissant et pas toujours évident à exercer, mais je me sens fière de pouvoir l?exercer », confie Rahela.

ANAUTH BOOBUN, ASSISTANT CHEF

On connaissait les merveilles en sculpture de glaçons, de fruits et de légumes ! Et bien maintenant, imaginez le résultat en beurre ! Et oui, en margarine à feuilletage qui, en plus, ne fond pas facilement ! Anauth Boobun, employé au Legends, s?active à tailler deux poissons entrecroisés, à confectionner leurs nageoires, les écailles, sur une plaque décorée au beurre également. « Le carving m?a toujours fasciné. J?ai d?abord débuté par des fruits et des légumes, mais avec le beurre, c?est aussi stimulant. C?est un travail prenant qui nécessite plusieurs heures pendant plusieurs jours. Il faut déjà planifier l?image de l?objet que l?on veut sculpter dans sa tête, puis simplement s?appliquer. J?ai beaucoup appris avec les chefs du groupe et j?exerce mon métier avec beaucoup de passion », soutient-il. Aujourd?hui, Anauth Boobun a également démarré la formation des jeunes en sculpture des fruits et légumes. Il vient tout juste de former Kumar Jeebun depuis huit mois.

JEROME FAURE, SOMMELIER

« Je souhaitais ouvrir mon restaurant, et malheureusement, je ne connaissais pas les vins. J?ai donc voulu en apprendre un peu plus sur ce sujet qui m?intriguait », déclare Jérôme Faure, Group Head Sommelier de Constance. Ses responsabilités : l?achat des vins en fonction de la cuisine des chefs des hôtels du groupe, le classement et le stockage des vins dans les meilleures conditions et, le plus important, conseiller le client sur le vin qui se mariera le mieux au plat qu?il a choisi. « Nous sommes là pour donner du plaisir et sublimer la cuisine des chefs », souligne-t-il.

Ancien chef de cuisine du Gouverneur des Invalides à Paris, Jérôme Faure a effectué une année d?étude en mention complémentaire sommellerie en France. Il a ensuite fait des stages chez de grands professionnels, dont Éric Beaumard (vice-Meilleur sommelier du monde) et Jean-Claude Ruet (vice-Meilleur sommelier d?Europe et Meilleur sommelier de France), actuellement chef sommelier du Ritz à Paris. « Ce dernier m?a transmis sa passion du vin et m?a aussi fait comprendre que notre rôle est aussi de transmettre le métier aux autres et c?est pour moi, le moteur essentiel de ma venue à l?île Maurice. Notre savoir ne s?arrête pas au vin, mais s?étend aussi aux alcools, cigares, cafés et infusions », ajoute-t-il. Jérôme Faure exerce cette profession depuis 11 ans.

SWARAJ SEEDHEEYAN, « HANDYMAN »

Sur une table, il assemble des morceaux de métaux travaillés au chalumeau. Et après quelques minutes, le voilà terminé. L?objet est une cheminée utilisée pour évacuer les vapeurs de la chaudière servant à alimenter l?établissement en eau chaude. Swaraj Seedheeyan, est employé à l?hôtel Tropical, au département de la maintenance, depuis sept ans. « J?ai suivi une formation basée sur la technicité avec l?hôtel. Ainsi, je peux mieux répondre à la demande dans le service de la maintenance. Et puis, je peux également confectionner des choses par moi-même. Par exemple, l?achat d?une cheminée déjà faite coûte environ Rs 10 000 à Rs 15 000, mais en se procurant du métal et en faisant une fabrication locale, cela revient à Rs 3 000 », explique-t-il.

Réparations électriques, fabrications de systèmes d?évacuation, entre autres tâches concernant le matériel et les équipements de l?hôtel, il en fait son affaire ! Et il s?applique à sa tâche avec beaucoup de dévouement.

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