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Chronique d?une escalade

17 mars 2007, 20:00

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Certains avancent que les récents épisodes relevant l?impuissance de la police ne sont que la conclusion d?une séquence prévisible. Pendant que certains brandissent le slogan creux de « l?insécurité à laquelle il faut s?attaquer », la police est de plus en plus dépassée par les événements. Toutefois, malheureusement, cette situation ne concerne pas seulement l?attitude du public face aux forces de l?ordre, car ces derniers se rebellent même contre leur hiérarchie d?une façon des plus inélégantes. Récit d?une période sombre pour la force policière mauricienne.

■ Vagabondage devant le domicile du CP

Il fut un temps où la discipline était le maître mot de la force policière mauricienne. Mais force est de constater qu?aujourd?hui, cette valeur a délaissé certains rangs des forces de l?ordre. À l?image de l?inspecteur Goinsamy Perumal, 47 ans, et son frère, Candasamy Perumal, 45 ans, qui sont provisoirement inculpés de « rogue and vagabond ».

Ceci devant le domicile du commissaire de police (CP) lui-même. Si les deux accusés prétendent que leur voiture serait tombée en panne et que le bruit et les injures dont se plaint Ramanooj Gopalsingh émaneraient d?autres personnes présentes dans la rue à ce moment, les dessous de l?affaire seraient autres.

Il ressort des Casernes centrales que l?inspecteur Goinsamy Perumal, qui aurait déjà eu des démêlés avec la justice auparavant, aurait été suspendu récemment. Et pour manifester son mécontentement, il aurait débarqué devant le domicile du CP pour proférer des injures à l?encontre de ce dernier. Devant la tournure des événements, Ramanooj Gopalsingh a alerté ses subordonnés qui ont dépêché une équipe sur place pour appréhender les deux individus. Ces derniers ont comparu en cour le 6 mars et ont été libérés sur parole.

■ Agression mortelle devant un poste de police

Dharmanand Ruttan, 49 ans, comptait dénoncer deux frères qu?il soupçonnait d?avoir incendié son véhicule. Toutefois, alors que Kishan Mohit était en détention policière, son frère, Kiran, accompagné d?autres personnes, devait débarquer dans un 4x4 dans l?enceinte du poste de police. Kiran, selon la police, se serait alors approché de lui et l?aurait poignardé à l?abdomen. Ceci devant les yeux du fils de Dharmanand, Vrikam Ruttan, de même qu?un policier qui serait parti se réfugier à l?intérieur du poste de police lors de l?altercation.

Cette histoire a pour fond un différend sur la relation entre la fille de Dharmanand Ruttan, Pooja, et Kishan Mohit. Cette querelle a duré pendant un an, avant qu?une fillette de quatre ans de la famille Ruttan n?aperçoive Kishan Mohit en train d?asperger le 4x2 des Ruttan, avant d?y mettre le feu. C?est en allant dénoncer ce dernier que Dharmanand Ruttan s?est fait tuer. Toutefois, les habitants de la région

dénoncent l?attitude des policiers lors de ce drame. Au cours des jours suivant cette agression mortelle, une forte présence policière assurait la protection de la famille des suspects, avant qu?ils ne soient évacués pour des questions de sécurité.

■ Pseudo-émeute à Ste-Croix

Une paire de claques qui dégénère et entraîne la quasi-destruction de deux véhicules du poste de police d?Abercrombie et des locaux d?une station-service. Le fil des événements débute aux alentours de midi mardi dernier, quand un jeune homme interpelle les gérants de la station-service sur l?absence de la pompe à air. Une petite altercation devait dégénérer en une paire de claques donnée au jeune homme. Ce dernier se rend au poste de police d?Abercrombie pour porter plainte.

À leur arrivée, les policiers ne trouvent pas la personne incriminée. Aucune suite n?est donnée à ce moment.

Toutefois, dans la soirée, le jeune homme giflé revient avec ses proches, une centaine de personnes, et saccage la station-service. Devant le déchaînement de ces derniers, les policiers présents ont dû faire appel à des renforts, notamment la Special Supporting Unit et même la Special Mobile Force.

Car les individus, armés de gourdins et de sabres, s?attaquaient même aux véhicules de la police. Toutefois, la situation devait retourner à la normale devant le fort contingent policier déployé. Mais tous se disent qu?on a évité le pire, car dans la région de Ste-Croix, on raconte que l?histoire aurait comme toile de fond un problème communal.

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