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Denis Maujean, Directeur de l’agence immobilier Coprim

6 mars 2007, 20:00

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● <B> Les “integrated resorts scheme” (IRS) trouvent-ils leur place au soleil ?</B>

Ce créneau est définitivement un gros importateur de devises pour le pays. Le gouvernement l’a établi pour permettre à des étrangers d’investir dans l’immobilier mais de façon très contrôlée, avec un souci de protection du patrimoine foncier. Ces entrées de devises sont excellentes pour le pays et je suis en mesure d’affirmer qu’il n’y a aucune braderie du patrimoine (…)

Pour Maurice, c’est un défi à relever. Le pays a besoin de devises. C’est un moyen de trouver un second souffle de développement économique. Grâce aux IRS, nous allons attirer des gens qui vont créer de l’emploi. Mais nous ne pouvons pas encore dire s’ils vont établir leur résidence principale à Maurice.

● <B> Les projets IRS trouvent-ils leur place dans le paysage immobilier ?</B>

Tamarina a eu le mérite de démarrer le processus. Cette expérience a aussi profité aux autres. C’est une jolie réalisation, sauf que l’accès à la mer est un peu limité. Il y aura bientôt un club sur la plage de Tamarin.

● <B>L’accès à la plage est une condition essentielle au succès d’un IRS ?</B>

Maurice vend le rêve de la plage blanche. Cette image a été son cheval de bataille sur le marché touristique international. C’est ce qui attire les gens ici. Sinon, ils peuvent trouver la même chose ailleurs, même s’il y a certains qui aiment aussi être éloignés des plages. Mais la clientèle traditionnelle est séduite par la proximité de la plage.

Toutefois, la majorité des IRS ont leur pôle d’intérêt autour du golf. C’est donc un concept nouveau qui rejoint celui de l’éco-tourisme et le tourisme d’intérieur. Mais je crois qu’il ne faut jamais perdre la mer de vue.

● <B>Les agences immobilières locales participent-elles activement à la vente des villas IRS ?</B>

En ce qui nous concerne, nous avons un réseau en Europe. Nous avons aussi des accords avec certains promoteurs. Nous voulons exploiter le marché européen où Maurice est connu déjà. Les grandes agences internationales ont, elles, leurs branches locales.

● <B>Assiste-t-on à une explosion des prix de l’immobilier, avec l’entrée des villas IRS sur le marché ?</B>

Non, car les villas IRS se développent dans un cadre limité. Elles ne bouleversent pas le paysage immobilier car elles ne font pas partie des “enveloppes” des différents districts.

Le marché de l’immobilier est caractérisé par d’autres facteurs. Par exemple, on constate que dans des villages balnéaires comme Grand-Baie, il y a une forte demande de cadres étrangers qui produisent à Maurice et qui sont à la recherche de logements de qualité. Or, la demande dépasse actuellement l’offre.

Il y a eu une publicité sur les villas de luxe. La classe moyenne peut effectivement se sentir un peu dépassée. Il est certain que les prix des terrains sur le littoral ont augmenté. Mais ce n’est pas dû à l’effet IRS. Il y a 15 ans déjà, les prix étaient élevés, voire même traumatisants ! Les terrains étaient déjà chers. Et aujourd’hui leur valeur a triplé. Cela est dû au succès général que connaît l’île Maurice.

Comment évaluez-vous les produits proposés dans les IRS mauriciens ?</B>

Ils sont à un haut niveau de confort et de loisir. La clientèle la plus ciblée, celle des golfeurs, a un niveau de prospérité important.

● <B>Ne risque-t-on pas de constituer des ghettos de luxe ?</B>

J’avais des réserves au départ, par rapport à ceux qui ne feraient que venir et partir. Il y a la clientèle anglo-saxonne qui se complaît dans des milieux fermés, en règle générale. Mais il y a aussi les Latins qui aiment sortir et s’intégrer.

J’avais aussi des réserves par rapport aux terrains de golf, qui, il faut le reconnaître, sont sujettes à une utilisation importante de produits chimiques qui peuvent s’infiltrer et polluer la nature.

Mais je crois que globalement on va revivre ce qu’on a vécu dans les années 1970, par rapport au tourisme. Les peurs du départ devraient se dissiper au fur et à mesure...

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