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Sen ou la vengeance d?un mal-aimé
Il n?aurait plus supporté d?être considéré comme un « raté » et n?aurait pas digéré le refus de sa mère de lui céder son héritage. Avec l?aide d?un complice, Madunlall Noyan, Sen Chocalingum se serait rendu chez cette dernière et l?aurait étranglée, avant de maquiller son acte en un cambriolage?
Il se sentait mis à l?écart, rejeté. Sen Chocalingum n?aurait plus supporté d?être considéré comme un « raté ». Aidé d?un complice, il se serait rendu chez sa mère, Manee, dans la nuit du 24 février dernier, alors que le pays était en alerte cyclonique, avant de l?étrangler. Ils auraient ensuite tout mis en ?uvre pour faire croire qu?il s?agissait d?un cambriolage qui aurait mal tourné. Déchéance d?un fils mal aimé par les siens?
« Il vivait très mal les reproches que lui faisaient sans cesse ses proches et surtout sa mère. C?est sans doute ce qui l?a poussé à commettre un tel acte. » Ce constat, effectué par un enquêteur qui a assisté à l?interrogatoire du suspect après son arrestation mercredi, tend à expliquer les raisons qui ont poussé cet employé du Health Office de Vacoas à tuer sa mère. L?animosité de longue date, qui existait entre Sen et ses trois frères et deux s?urs était source, selon certains proches, de nombreuses disputes. Il n?était pas rare, selon eux, que Sen entre dans une « rage folle ». « Il était toujours en train de réclamer à sa mère son héritage. Il disait que dès qu?il l?aurait, il s?en irait et que personne n?entendrait plus jamais parler de lui », confie un proche de la famille.
Devant le refus de sa mère de lui céder son héritage, Sen aurait tenté de l?obtenir en la tuant. C?est donc aidé d?un ami, Madunlall Noyan, qu?il s?est rendu chez sa mère, mardi, pour commettre sa basse besogne. Il aurait essayé une nouvelle fois de convaincre sa mère de lui remettre sa part de l?héritage familial, mais en vain. Madunlall et lui auraient alors entraîné Manee dans la chambre avant de l?immobiliser sur le lit. C?est Madunlall, arrêté trois jours après la découverte du corps de Manee, qui racontera aux enquêteurs la suite de cette nuit tragique. Il aurait tenu fermement les pieds de la septuagénaire pour l?empêcher de bouger pendant que Sen l?étranglait.
« Il était comme indifférent, presque froid »
Les deux complices décident alors de faire croire à un cambriolage qui se serait mal terminé. Ils débarrassent la victime de ses sous-vêtements et vont même jusqu?à scier un des barreaux de la chambre. Ils espèrent ainsi que les enquêteurs privilégieront la piste du cambriolage et ne remonteront pas jusqu?à eux. Les policiers, mandés au domicile de la victime peu après la découverte macabre, croient en effet, dans un premier temps, à un cambriolage. Mais la Major Crimes Investigation Team (MCIT), se charge peu après de l?enquête et arrête Madunlall.
Interrogé, celui-ci nie son implication dans cette affaire, mais revient peu après sur ses propos. Il incrimine Sen et parle de sa « relation amoureuse » avec lui. Il affirme le connaître depuis environ trois ans et évoque le « complexe d?infériorité » et la « frustration » du présumé meurtrier. Arrêté à son tour, Sen nie tout d?abord en bloc et affirme qu?il se trouvait chez lui la nuit du drame. Interrogé de nouveau vendredi matin, il reconnaît les faits, mais reste peu loquace sur ses motivations.
« Il était comme indifférent, presque froid », laisse entendre un proche, qui était présent au moment de son arrestation.
Ses proches, qui reconnaissent que l?entente entre lui et la victime n?était pas au beau fixe, confient avoir du mal à croire que Sen soit l?auteur du crime. Le lendemain de la découverte du corps de sa mère, c?est lui qui recevait dans la maison familiale, proches et amis, venus aux nouvelles. C?est encore lui qui accueillait journalistes et photographes pour leur expliquer comment s?y étaient pris les cambrioleurs pour commettre leur méfait.
« La situation au sein de la famille était certes tendue mais personne n?aurait pu croire qu?il aurait pu faire une chose pareille. Il a réussi à tromper son entourage sans que personne ne se doute de rien », confie un ami de la famille. Les deux suspects ont comparu mercredi devant le tribunal de Mapou sous une accusation provisoire d?assassinat. Tous deux sont maintenus en cellule policière en attendant une nouvelle comparution le 7 mars prochain.
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