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25 février 2007, 20:00

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<B>Yahya Paraouty L?homme à plusieurs facettes</B>

Le regard fatigué, les traits tirés, c?est néanmoins avec un grand sourire que Yahya Paraouty nous accueille chez lui à Pailles. D?emblée, il veut nous parler de son combat, de la manifestation de jeudi contre la suppression des subsides. Le président de l?Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) est syndicaliste jusqu?au bout.

Né en 1956, à Plaine-Verte, ?Yam? comme l?appelle sa famille, n?a pas eu la vie facile. Ce n?est qu?à sa deuxième tentative qu?il réussit aux examens du School Certificate et ne finira pas son Higher School Certificate faute de moyens.

Grâce à des cours de comptabilité, il entre au collège Trinity en tant qu?enseignant en 1976. Il épouse Seherazaee en 1979. D?elle, il ne cessera de nous parler. ?C?est grâce à son soutien que je suis là.? Ce à quoi, timide et fière, elle répond que «c?était normal. J?ai vite compris que c?était ça son plaisir?.

Protecteur et ouvert

Quel genre de mari est-t-il ? ?Attentionné, j?assume mes responsabilités. J?aide ma femme, je fais le repassage pour toute la famille.?

Père de trois enfants, Shaheen, Shameeyah et Yasir, il avoue que sa famille a été négligée par moments. ?Je suis toujours occupé.? Il est protecteur, notamment envers ses filles. Il ajoute qu?il est aussi très ouvert et flexible. Ce que confirme sa belle-s?ur, Soidika Abdoolakhan : ?Tous les jeunes de Plaine-Verte viennent le voir pour leurs petits soucis.?

Venons-en au sujet préféré de Yahya Paraouty, son engagement. ?En tant qu?enseignant, je me suis syndiqué à l?UPSEE très tôt. Défendre les autres, être à leur écoute et voir la satisfaction dans leur regard quand leur situation s?est arrangée, c?est ce qui me plaît.? Il ne se contente pas d?être syndicaliste. ?Li ed tou dimoun dan Plaine-Verte?, raconte Soidika.

Et la politique ? ?J?ai été conseiller municipal du MMM de 1995 à 2000. Je reste un fidèle du parti car Paul Bérenger a incarné la révolution des jeunes.?

Un rebelle alors Yahya Paraouty ? ?Oui, je crois . Je n?ai pas peur de dire ce que je pense. D?ailleurs, je sépare très bien mon rôle de syndicaliste de mon appartenance politique. Je me suis opposé à Steeve Obeegadoo, alors ministre de l?Education, même s?il est du même bord. Mon combat pour les frais d?examens est apolitique.?

Des ambitions politiques ? ?Député, même ministre, pourquoi pas ? Continuer à servir le pays tout en gardant mes principes.?

Mais il insiste sur le fait que c?est son combat syndical qui prime. Comment allier syndicalisme et enseignement ? ?J?essaie de faire en sorte que mes responsabilités syndicales ne nuisent pas à mon travail. Je classe les rendez-vous l?après-midi après les cours. C?est ce qui fait vivre ma famille. Et d?ailleurs, j?ai une responsabilité envers mes élèves.?

Aujourd?hui titulaire de plusieurs diplômes dont un Post Graduate Certificate in Education et un BA Honors in Economics, Yahya Paraouty se dit fier de son parcours. Un self-made man...

Ce qui le caractérise le mieux : ?li pa abandonne lalit?, témoigne sa belle-s?ur.

Pouspam RAMSAMY

<B>Christian Lecordier L?apolitique à la vision politique</B>

Le verbe haut, la moustache généreuse, il arbore un physique de lutteur et un tempérament sanguin. Sa prise de position, après la ?réorientation? des allocations destinées aux élèves prenant part au School Certificate et au Higher School Certificate, a remis en lumière l?homme qui avait cédé la place au cadre ces dernières années.

Christian Lecordier, président de la Parent-Teacher Association (PTA) du collège du Saint-Esprit, n?est certes pas un timide. Ni un de ces ?cas? que le ministère de l?Education se propose d?étudier pour une éventuelle inclusion dans la nouvelle formule de subventions destinées aux plus nécessiteux. ?Je suis de ceux qui peuvent payer. Mais je pense aux familles : aux prolétariens, à ceux qui touchent ensemble un peu trop, au-delà de ces Rs 7 500 fatidiques, parce que le mari est gardien et la femme ouvrière d?usine.?

Auprès de Cédric, sa fierté ? ?c?est un cas atypique, mon fils : il va se présenter au HSC cette année avec une combinaison français-anglais-mathématiques?, il ne ménage pas l?élite de la cuvée 2006. ?Sur 24 lauréats, j?ai désespérément cherché celui qui me ferait rêver à des lendemains meilleurs pour le pays. Qu?avons-nous à la place ? Nous avons de quoi payer pour Cédric, mais je me dis : est-ce pour financer un tel système, alors qu?en même temps ceux qui se disent de gauche n?hésitent pas à revoir la Corporate Tax, permettant aux banques d?épargner des millions ? La subvention dans l?éducation gratuite n?est-elle pas un privilège.?

Manière civilisée de désobéir

Mais au fait, M. Lecordier, au nom de quel mouvement, de quelle idéologie agissez-vous ? ?Certes, on connaît mes différents engagements. Mais on ne peut déformer la vérité de ce qui est spontanément apparu.? Son engagement n?est-il pas plutôt celui d?une communauté ? ?Dans les réunions de la PTA du St-Esprit, qui n?est pas la plate-forme où l?on trouve effectivement des syndica-listes et des politiques, des voix se sont élevées, qui ne sont pas celles d?un mouvement ou d?un groupe particulier.? Pourquoi alors cette suppression ? ?C?est l?incompréhension. Pourquoi ne pas attendre de consulter les différents partenaires ? Attendre l?an prochain et rencontrer les uns et les autres eut été plus travailliste.?

Lui qui connut sur les bancs du collège Royal les Arvin Boolell, les Anil Gayan, ceux qui venaient de loin et ceux qui ont fait fructifier ce qu?ils avaient reçu dès le départ, il garde de son parcours d?élève un souvenir ému. ?Il est devenu difficile de trouver des enseignants qui ont la vocation, qui instillent non seulement la volonté d?apprendre et de réussir aux examens mais aussi de rester curieux, ouverts.?

Il cite ses propres mentors, de Paul Bancillon, professeur d?anglais, à cet enseignant de grec, ce M. Florens, qui lui inculqua le goût des lettres classiques et lui livra le sens, à la racine, et les implications du terme ?politique?, qui est aussi celui d?une manière civilisée de désobéir. Pas de quoi faire un lauréat peut-être, mais de quoi faire naître un homme.

Olivier MASSON

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