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SSR : ?Harold : mo bizin toi? !

28 janvier 2007, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Harold Walter prend précipitamment l?avion en ce 29 janvier 1982. Il vient de recevoir un télégramme de Seewoosagur Ramgoolam, le réclamant de toute urgence à Londres. Il s?en prévaut pour obtenir un siège prioritaire sur le premier avion en partance d?Air Mauritius. Ringadoo s?empresse, de son côté, de rassurer tous les secteurs économiques que ce départ précipité préoccupe au plus haut point. Ils sont d?autant plus inquiets que Rewcastle aussi est mandé au chevet du Père de la Nation. C?est qu?il faut fixer la date des législatives avant le 10 février 1982 et Ramgoolam s?entête à vouloir faire escale à Bruxelles et à Dakar avant d?atteindre Maurice dans les délais.

La presse annonce, pour la forme, l?ouverture du procès qu?intentent ledit Harold et Sir Kher Jagatsingh à Harish Boodhoo. Le pro forma s?impose ici, en effet, car Walter, nous le savons, joue les gardes-malade à Londres et Sir Kher se fait admettre, également de toute urgence, en clinique. Pas de problèmes de santé, en revanche, pour l?Homme de Belle-Terre qui attend de pied ferme ses accusateurs ministériels et gouvernementaux.

L?express inaugure une nouvelle rubrique intitulée : les élections arrivent ! Elle annonce pour commencer que chaque ministère se dote d?un agent de relations publiques (PRO). Nos attachés de presse se feront un devoir, du moins espérons-le, de célébrer solennellement ce 25e anniversaire de l?institution de leurs fonctions gouvernementales, en ayant, entre autres, une pieuse pensée pour feu Gaëtan Duval qui nomma le premier d?entre eux, après avoir reçu un journaliste en quête d?emploi.

Dans le même ordre d?idée, on note la transformation des conseillers élus de 92 villages en autant de commissaires administratifs nommés arbitrairement par un gouvernement travailliste allergique aux élections démocratiques. Tous n?ont pas droit à ce déni de démocratie car l?on note de nouvelles têtes à Saint-Pierre, Dagotière, Saint-Julien d?Hotman (comme par hasard dans la circonscription No 8) mais aussi à Petite-Rivière. C?en est trop pour Armoogum Parsuramen qui réclame aussitôt des élections villageoises. En douze ans (de 1970 à 1982), la population rurale n?a eu droit qu?à deux élections villageoises (12 septembre 1971 et 22 janvier 1979). De quoi se plaint-elle d?ailleurs ? Durant le même laps de temps, les citadins n?ont eu droit qu?à deux municipales (1969 et avril 1977) auxquelles s?ajoutent, il est vrai, des partielles dont une, à Curepipe, ayant vu une victoire udémiste sur les duvalistes, défaite pouvant expliquer bien des choses.

Les élections arrivent en tout cas. La preuve ? Ringadoo convoque de toute urgence l?autre Harold (Glover), commissaire électoral. On lui donne un adjoint en la personne de Me Doorgesh Ramsewak. Ringo réclame un rapport complet et détaillé sur les dispositions prises par la Commission électorale en prévision des prochaines législatives. Le chef juge, Sir Maurice Rault, convoque aussi les magistrats appelés à remplir les fonctions de Returning Officers.

Les élections arrivent. Les voyages ministériels sont supprimés jusqu?au retour de SSR. Le départ précipité du cher Harold, étant bien sûr l?exception confirmant cette règle.

Les élections arrivent. L?Hôtel du gouvernement déploie son meilleur tapis rouge pour recevoir un prince saoudien en la personne du sheik Yousouf al Khereiji qu?accompagne une suite de 20 personnes. Il fait la connaissance de Sir Seewoosagur Ramgoolam à Marbella et depuis agit comme consul honoraire de Maurice en Arabie Saoudite. A peine descendu de son jet personnel, il est reçu avec empressement par Sir Veerasamy Ringadoo. Le dossier du recrutement des Mauriciens en Arabie Saoudite retient plus particulièrement leur attention. Une autre délégation saoudienne, dirigée cette fois par le Pr Abdurahman al Swalim, négocie, de son côté, le recrutement de deux douzaines de médecins mauriciens, spécialistes compris. Port- Louis n?oublie pas que des experts, donc anglais, Maxwell Stamps Associates, sont d?avis que le royaume saoudien représente un marché potentiel pour les produits mauriciens.

Al Khereiji et sa suite occupent une dizaine de chambres au Touessrok. La presse estime à Rs 15 000 par jour la note d?hôtel, repas non compris. Il espère seulement faire de Maurice son deuxième pays.

Pas de souci donc pour la suite de ce sheik bien approvisionné, se prélassant dans les meilleures suites du Touessrok. Quid de celles gravitant autour de notre PTr ? Gaëtan Duval avoue ses craintes de l?avènement d?un parti unique à Maurice avec l?arrivée au pouvoir du MMM. Il concocte un scénario catastrophe qui n?a d?égal que le Mal?bar nou pas lé de 1963 et le slogan Indépendance égale famine d?avant la Saint-Gaëtan 1967. Ce scénario est le suivant : nous avons 70 000 chômeurs en janvier 1982. Maurice devient le premier (?) pays au monde à élire un gouvernement communiste. Les investisseurs étrangers s?enfuient en fermant leurs usines. Le peuple gronde. Pour mater la révolte, le nouveau pouvoir fait venir des soldats cubains et tanzaniens, comme aux Seychelles, comme à Madagascar. Ils imposent le parti unique à Maurice. L?UDM est déjà morte. Le RPL n?a déjà pas l?esprit politique. La CHA réclame, en ville, des milliers de roupies pour des maisonnettes données gratuitement dans les circonscriptions rurales. L?adversaire du parti unique, qu?est Gaëtan Duval, exige, du PTr, le limogeage du ministre Eliézer François, limogeage préalable à tout accord PTr/PMSD. C?est ce que certains appellent la tolérance démocratique.

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