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L?ONU appelle l?Irak à ne pas exécuter les deux coaccusés
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L?ONU appelle l?Irak à ne pas exécuter les deux coaccusés
Le secrétaire général de l?ONU, Ban Ki-moon, appuie l?appel à ne pas exécuter deux coaccusés de Saddam Hussein lancé, mercredi 3 janvier, aux autorités irakiennes par le Haut-commissaire de l?ONU aux droits de l?homme, Louise Arbour, a indiqué sa porte-parole, Michèle Montas. Les deux hommes, le demi-frère de Saddam Hussein Barzan Al-Tikriti et l?ex-président du tribunal révolutionnaire Awad Al-Bandar, devaient être pendus hier.
Mais, selon un député chiite proche du premier ministre, Baha Al-Araji, l?exécution est reportée à dimanche. ?En raison des pressions internationales et au sein du monde arabe, l?exécution de Barzan Al-Tikriti et Awad Al-Bandar a été reportée de quelques jours?, a indiqué sous le couvert de l?anonymat une autre source proche de Maliki, sans donner de date précise.
Le droit à la vie
La prise de position du secrétaire général des Nations unies ne constitue cependant pas une condamnation sans équivoque de la peine de mort. Mardi, il n?avait pas condamné formellement la pendaison de Saddam Hussein.
?Le secrétaire général est évidemment conscient du débat en cours concernant une interdiction totale de la peine de mort. Jusqu?à ce que la question soit résolue, il respecte le droit des États membres d?avoir leur position propre sur le sujet?, a dit Michèle Montas lors de son point de presse quotidien. ?Toutefois, le secrétaire général croit fermement dans le bien-fondé de l?article 3 de la déclaration universelle des droits de l?homme, qui affirme le droit de chacun à la vie, à la liberté et à la sécurité. Dans ce contexte, il appuie pleinement l?appel à la retenue lancé par Louise Arbour au gouvernement irakien dans l?application des peines capitales prononcées par le Haut Tribunal irakien?, a-t-elle ajouté.
Louise Arbour a demandé mercredi aux autorités irakiennes de ne pas exécuter deux coaccusés de l?ancien président irakien Saddam Hussein, invoquant des irrégularités qui auraient entaché leur procès. Elle a précisé qu?elle avait effectué sa demande directement auprès du président irakien, Jalal Talabani. ?Le droit international n?autorise la peine de mort que comme une mesure exceptionnelle pouvant être décidée dans un cadre légal étroit?, a dit Arbour.
Louise Arbour a fait valoir que ses doutes quant à l?équité et l?impartialité du procès de Saddam Hussein s?appliquent également à la procédure qui a mené à la condamnation des deux hommes à la peine capitale.
Flagrante violation des droits de l?homme
Ban Ki-moon avait causé un début de controverse mardi en ne condamnant pas l?exécution de Saddam Hussein, semblant ainsi en rupture avec l?opposition traditionnelle de l?ONU à la peine de mort. Plusieurs pays comme la Norvège et des organisations de défense des droits de l?Homme comme Amnesty International ont déploré ses propos.
Par ailleurs, un expert du conseil des droits de l?homme de l?ONU, Philip Alston, a qualifié mercredi soir de ?flagrante violation des droits de l?homme? les circonstances de la pendaison de Saddam Hussein. ?Le droit à ne pas être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant a été violé lorsque Saddam Hussein a été insulté par ses bourreaux, et que (l?exécution) a été ensuite exhibée au monde entier dans un enregistrement vidéo comme un spectacle public et morbide?, a dénoncé Philip Alston.
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