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?Georges, le petit curieux?

5 janvier 2007, 00:00

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Derrière ce titre anodin se cache un dessin animé qui est tout aussi anodin, mais auquel on reconnaîtra l?excuse d?être destiné aux tout-petits. Cette particularité n?a en elle-même rien de mal, on pourra même la trouver admirable. Il est après tout assez rare que les tout-petits aient l?occasion de voir un film dans lequel ils sont en mesure de comprendre à la fois tout ce qui se dit et tout ce qui se passe. Les films d?animation ?pour enfants? qui sortent de nos jours sont souvent pleins de références qui échappent parfois même aux adultes. Et, Georges, le Petit Curieux, film de Matthew O?Callaghan propose aux tout jeunes spectateurs un film qui est non seulement à leur portée, sans écarts de conduite ou de langage, mais qui a aussi toutes les chances de leur plaire. Cela, dans la mesure où l?on suppose qu?en général, les enfants de moins de sept ans apprécient plus ou moins les mêmes choses.

Ce qui signifie pour commencer, que ces chers petits s?identifieront facilement au héros de cette histoire, Georges, un petit singe orphelin très espiègle. Ils partageront sa passion pour les couleurs primaires, apprécieront le fait que Georges parvient à recouvrir toutes les surfaces de ses dessins sans jamais se faire gronder et ils seront enchantés du chaos que ce petit animal ne manque jamais de causer autour de lui.

Le scénario aura beau proposer comme personnage principal, un être humain nommé Ted, travaillant comme guide de musée et s?improvisant explorateur en Afrique, cela n?y changera rien. Malgré le ridicule costume jaune de Ted, l?amour secret que lui voue une jeune et belle institutrice et ses déboires, le véritable héros restera ce très mignon petit singe. Le fait que les déboires du jeune homme soient causés par les interventions du singe s?acharnant à devenir son ami y est assurément pour quelque chose ; tout comme le fait que les apparitions du singe sont toujours marquées par des chansons entraînantes signées Jack Johnson.

À cet âge, on apprécie les choses les moins compliquées. Comme cette animation ?à l?ancienne? en deux dimensions, correcte, mais qui reste toute simple avec des couleurs qui ne s?éloignent jamais des tons primaires. On pense aux couleurs d?un assortiment de bonbons acidulés. L?intrigue aussi est des plus simples : Georges rencontre Ted dans la jungle, le taquine, le prend en sympathie et le suit jusqu?en Amérique afin de lui rendre son chapeau. Il y a un méchant, mais il n?est jamais effrayant. Il y a donc aussi un peu de danger et de suspense, mais cela reste très léger. On devine chez les scénaristes moins une intention de susciter de grosses frayeurs que de maintenir l?intérêt des (tout) jeunes spectateurs.

Les lecteurs les plus désabusés, ceux à qui on ne la fait plus, penseront à un produit aseptisé né d?une de ces formules de ?marketing? si typiques des temps que nous vivons. En fait, les aventures de Georges écrites par Margaret et H. A. Rey, datent des années 1940, époque où on évitait de raconter des horreurs aux enfants. Les producteurs, nostalgiques de leurs premières lectures, auraient apparemment voulu partager leurs premières émotions avec les enfants d?aujourd?hui. L?entreprise est certainement réussie dans la mesure où ce film plaît aux tout-petits. Est-ce à dire que Georges... est un bon film ? Disons qu?en reprenant les mêmes observations faites dans cet article, on pourrait juger l?animation primaire, l?intrigue simpliste et le scénario non existant. Dans un pareil cas, recommander ou non un tel film relèvera avant tout du choix éthique.

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