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Un homme se sectionne le poignet
À Jagriti Road, Triolet, les habitants se sont habitués aux excès de Roopchand Servansing. Ils ont appris à lui pardonner ses folies passagères. D?ailleurs, n?ont-ils pas fait semblant de ne rien voir quand Roopchand a déambulé nu dans la rue ? ?Li pa ti met nanrien lor li, mem pa enn savat?, explique un des habitants, un jeune policier.
Mais personne ne s?attendait au dernier acte de folie de Roopchand. ?On le savait un peu fou, mais on ne s?attendait pas à ce qu?il se coupe le poignet?, disent en substance les voisins et un de ses oncles, qui habite à proximité.
En effet, tout indique que Roopchand Servansing s?est sectionné le poignet tôt hier matin. Pour quelle raison ? ?Tout ce que je peux vous dire, c?est qu?il s?était blessé au poignet. Il portait un bandage ou un plâtre. Je crois que cette main le faisait souffrir et il s?en est débarrassé?, confie son oncle.
Roopchand Servansing habite seul depuis la mort de sa mère, il y a six ans. Il a souvent été interné à l?hôpital psychiatrique, explique son oncle. ?Me sak foi li sove depi lopital.?
L?oncle s?inquiète pour l?avenir de ce neveu. ?Il gagnait sa vie en faisant de menus travaux pour les voisins. Comment fera-t-il maintenant ?? se demande ce planteur. Sa cour spacieuse et bien entretenue contraste avec celle de Roopchand Servansing. Une cour laissée à l?abandon et dans laquelle se trouve une maison en parpaings non crépie et une autre dont la construction a été abandonnée. Des chaussures sales et éculées, recouvertes de feuilles sèches jonchent le sol. Mais l?objet qui attire le plus le regard est un billot recouvert de sang déjà noirci et infesté de mouches.
C?est là que Roopchand Servansing s?est coupé le poignet avant de tourner en rond dans la cour où il a répandu beaucoup de sang. L?acte a été commis vers 9 heures et la police n?a retrouvé ni le poignet, ni l?arme utilisée.
Dans le voisinage, où cohabitent en harmonie des gens simples de différentes confessions religieuses, on a toujours pardonné à Roopchand Servansing. ?Kan li pa boire, li enn bien bon dimoun, kan li boire, li fer sinema?, dit une voisine. Mais personne ne l?a jamais agressé, ni physiquement, ni verbalement. Il était l?homme à tout faire de la région et acceptait tout ce qu?on lui offrait en paiement pour les menus travaux qu?il effectuait. ?Mem si ou don li seulement enn pla manze pour so travail, li pou aksepte.?
Une ?kala? met le doigt sur un autre aspect de ce drame. ?Li pena mama, li pena personn pou okip li. Ou trouve kouma li difisil kan ou tou sel.?
Un petit espoir subsiste cependant pour Roopchand Servansing qui dormait hier aux soins intensifs de l?hôpital du Nord. Une de ses trois s?urs a dit qu?elle le prendra à sa charge. En attendant, sa maison est restée grande ouverte hier. Le chien errant qu?il a adopté y a dormi seul, sans le repas que Roopchand partageait avec lui tous les soirs.
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