Publicité
Paysages changeants
L?échiquier politique ressemble, en ce début d?année, à une eau tranquille qui dissimule des anguilles. L?agitation menace. Des germes de conflit sont présents dans l?air et une tension sur le plan social pourrait précipiter des positionnements nouveaux.
Dans le camp de l?alliance au pouvoir, c?est la promotion attendue du leader du PMSD qui pourrait susciter des remous. Conscient du fait qu?il détient un joker, et qu?il peut faciliter le retour de Paul Bérenger au poste de leader de l?opposition, Maurice Allet a réclamé un maroquin. Son v?u sera vraisemblablement exaucé. Son éventuelle entrée au sein du cabinet ne peut pas réjouir Xavier Duval, dont le pouvoir de marchandage au sein de l?alliance au pouvoir s?en trouvera affecté.
Pour sa part, Anil Bachoo n?est pas à l?aise au sein de son équipe. Comme il est un politicien qui supporte très mal l?impopularité, ce n?est pas sûr qu?il se solidarisera avec l?alliance au pouvoir en cette année de transition où des difficultés sont prévues.
Les augmentations de prix, et par conséquent, la baisse du pouvoir d?achat, vont miner la situation sur le plan social. En abordant la question dans son message du 1er janvier, Navin Ramgoolam laisse transparaître une certaine inquiétude : ?Je suis conscient des difficultés et je sais ce que vous ressentez quand vous voyez les prix prendre l?ascenseur. Je sais que vous comprenez que le gouvernement n?a pas de contrôle sur ces choses.? En vérité, pendant les cinq ans qu?il était dans l?opposition, son parti disait que c?est précisément le gouvernement et le ?gros capital? qui sont responsables des hausses de prix.
On peut aussi craindre durant ce début d?année un affrontement entre les syndicats et le gouvernement au sujet des réformes projetées de la loi du Travail. L?opposition ne manquera pas d?apporter son grain de sel à la campagne contre les conditions de licenciement et contre l?abolition du mode actuel de compensation salariale.
Pour une opposition qui est au plus mal, une tension sociale l?aidera à retrouver sa combativité. Mais, elle se retrouvera pendant longtemps encore devant une équation insoluble : qui sera le Premier ministrable d?une future alliance MMM-MSM ? Pravind Jugnauth pense qu?il en a seul le profil. Paul Bérenger juge qu?il est le candidat légitime au moins pour un demi-mandat.
Ce jeu trouble auquel se livrent les deux partis de l?opposition est rendu encore plus confus par les rumeurs faisant état d?une volonté de l?ancien leader du MSM, Anerood Jugnauth, de tirer les ficelles. Si les intentions qu?on lui prête sont fondées, on peut en deviner la motivation. Il s?imagine probablement que s?il arrive à négocier une alliance entre le PTr et le MSM, le Premier ministre lui retournera l?ascenseur quand son mandat de président arrivera à échéance en 2008. Mais, ce n?est pas certain qu?Anerood Jugnauth dispose de l?autorité pour orienter la stratégie du MSM. Rien n?indique, non plus, que Pravind Jugnauth trouvera son compte au sein d?une alliance où il ne sera que l?adjoint du vice-Premier ministre. Certains de ses proches collaborateurs peuvent être tentés par cette idée, pas lui, l?aspirant Premier ministre.
Dans l?attente de ces événements susceptibles de bouleverser le paysage politique cette année ou l?année prochaine, on ne peut que souhaiter que la main invisible de l?histoire conduise nos politiciens à placer l?intérêt collectif avant tout.
Publicité
Publicité
Les plus récents