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La poisse continue mais?
Les Mauriciens engagés dans la course d?endurance en Afrique du Sud, le week-end dernier, ont encore dû composer avec menus problèmes. Malgré cela, c?est l?expérience qui rentre et le fossé qui rapetisse.
La culture de huit heures d?endurance n?est pas encore entrée dans les m?urs du motocyclisme à Maurice. Les courses de deux heures d?endurance organisées ici sont loin de la réalité sud-africaine. Maurice l?a encore appris à ses dépens. Même si la volonté et le potentiel de pilotage sont présents, c?est toujours la mécanique qui n?arrive pas à suivre.
Créée en 1982, cette course de huit heures d?endurance a connu une évolution. Des typiques 50cc, la compétition, qui se déroule sur le circuit de Killarney à Cape Town, attire dorénavant des motos de 65cc à deux temps et des 150cc à quatre temps. Pour l?édition 2006, quarante-huit équipages dont deux de Maurice et une de la Réunion, avaient pris le départ.
D?un côté, il y avait l?équipe du Moto Club de Port-Louis composée de Reshad Khoyratty, Laurent Béga et Naseeb Toyed sur une Honda CBR 150 et, de l?autre, la JM?S Team avec Désiré Cheong, Steven Li, Kim Chung Yee et Jasong Ing Seng sur MBK.
Les Réunionnais de la DG Team avec Eric Frégence, Idris Latra et Rodolphe de Palmas en sont, quant à eux, à leur première participation en terre sud-africaine et ont hérité, tout comme l?équipe MCPL, d?une CBR 150 grâce au Sud-Africain George Rudman.
Les déboires commencent dès les essais qualificatifs, la veille de la course, avec une chute de Jason Ing Seng qui endommage la MBK. Les Réunionnais font eux aussi face à la dure réalité des facéties de la mécanique mais reçoivent l?aide de George Rudman pour le dépannage.
Le lendemain, samedi, les trois équipages entrent en course. Le départ est donné à 10 h 15. Reshad Khoyratty avait vécu un des pires moments de sa vie lors de l?édition 2005 où le système de freinage de sa moto qui se trouvait dans une boîte à outils avait été égaré quelque part entre Johannesburg et Cape Town. La moto avait quand même pu rouler grâce à l?aide d?un pilote sud-africain. Ce n?est pas pour autant que la malchance s?arrêta.
La compétition de cette année sera également placée sous le signe de la malchance car pendant la course, à cause d?une casse, la moto prêtée répandait de l?huile sur le circuit à environ trois heures de course. La moto de l?équipage MCPL fut donc forcée à rentrer dans le parc fermé. Par le plus grand des hasards, un équipage sud-africain, accidenté durant la course, leur vient en aide. « Ils ont mis la moto de côté après leur chute. Ils nous ont dit que si on pouvait réparer la moto on pourrait terminer la course », raconte Reshad Khoyratty. Après les réparations, ce dernier et Laurent Béga repartent et finissent la course.
Les vainqueurs disqualifiés
Pendant ce temps, les pilotes de la JM?S Team tentent tant bien que mal de rester dans la course. Une chute endommage la moto. Cependant, des pièces sont prélevées sur une CBR de rechange pour colmater ce qui peut l?être mais fait perdre un précieux temps. Naseeb Toyed vient prêter main forte à l?équipe et elle termine finalement à la 36e place au classement final sur les 39 équipages qui ont terminé la course.
Les gagnants de la course sont Jonny Towers, Niall Mackenzie et Hudson Kennaugh. Un équipage très expérimenté avec Mackenzie, un ancien pilote de MotoGP, et Kennaugh, un ancien champion de Superbike et champion d?Europe de GSX-R Series. Coup de théâtre cependant à la fin de la course lors du contrôle technique. L?équipage est disqualifié pour avoir utilisé une moto pas conforme aux règlements. Une pièce de métal dans le starter, qui peut faire gagner deux chevaux supplémentaires, est portée manquante.
C?est donc l?équipage composé de E. Alberts - C. Alberts - Egan qui gagne. Les frères Alberts, Eduard et Clinton, ont, tenez-vous bien, douze et quatorze ans, respectivement. Ils totalisèrent 536 tours contre 350 pour la JM?S Team. Les Réunionnais, menés par Daniel Grondin, prirent une étonnante huitième place pour leur première participation. À noter que les chronos des meilleurs pilotes tournaient autour de 50 secondes par tour tandis que les Mauriciens tournaient autour de 51,5 secondes.
Gervais Antoine, président de la Fédération mauricienne de motocyclisme, estime que ce genre de déplacement a été positif pour deux choses. « D?abord, cela a permis à certains pilotes de découvrir le haut niveau et ensuite cela a permis aux autres de voir que le niveau monte d?année en année. Ce genre de frottement est essentiel pour les pilotes mauriciens », fait-il ressortir. « Je tiens à remercier le ministre de la Jeunesse et des Sports, Air Mauritius, George Rudman qui nous a apporté son aide et Daniel Grondin qui nous a beaucoup aidé en termes de stratégie de course. La stratégie est primordiale et ce n?est pas en faisant des courses qu?au Stade Anjalay qu?on va pouvoir travailler sur les stratégies de courses », conclut le président de la FMM.
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