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Michel et Julien, unis dans la vie et la mort

17 décembre 2006, 00:00

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«Ce n?est pas possible? pas possible. » Cette phrase trotte encore dans la tête de Matthias Ritter, 24 ans, ami de Michel Clarenc, 24 ans, et de Julien Nairac, 23 ans. Aux petites heures du matin, le jeudi 14 décembre, il se réveille en sursaut lorsque la mère de sa copine l?informe de l?accident des deux amis. « Je me suis immédiatement rendu sur les lieux. J?ai vu la voiture en premier. Je me suis dit que c?était impossible. J?avais vu l?ambulance qui partait, pas mes amis. Je me disais que cela n?avait pas de sens, il y a à peine une ou deux heures, nous étions encore ensemble », confie-t-il.

Eh oui, quelques heures avant le drame, Matthias Ritter avait convié Michel Clarenc, Julien Nairac ainsi que bien d?autres amis, séparés par leurs études tertiaires à l?étranger, pendant plusieurs années, à une petite fête pour marquer son 24e anniversaire. Celle-ci avait débuté à son domicile avant de se poursuivre dans une boîte de nuit.

« C?était la première fête qui nous permettait de nous retrouver après nos études. On s?était bien amusé, on avait bien rigolé », déclare Julie Bax, amie des victimes.

Après la fête, le petit groupe s?est séparé et chacun est rentré chez soi. C?est justement sur le chemin du retour, soit arrivé à la hauteur de l?hôtel Merville à Grand-Baie, que les deux occupants de la petite Peugeot verte ont eu un accident. Le véhicule est sorti de la route et s?est écrasé contre un arbre. La voiture était tellement endommagée qu?il a fallu que les sapeurs-pompiers de Triolet interviennent et scient les portières.

Mais lorsqu?ils sont parvenus à dégager le passage, ils devaient constater, tout comme la police et le Service d?aide médicale d?urgence, mandés sur les lieux, que les deux jeunes hommes étaient morts. Les enquêteurs pensent que le conducteur essayait d?éviter un objet ou un animal lorsque l?accident s?est produit.

Informés du drame, les parents étaient tous sous le choc. « Ce sont deux meilleurs amis qui sont décédés dont mon fils, Julien. Michel était aussi comme le fils adoptif de la famille. C?étaient deux garçons formidables. Julien était un gamin exceptionnel, très attaché à nous. Après un an à Montpellier, il venait de terminer sa première année d?études à la DCDM Business School lundi dernier. Il avait accepté de prendre de l?emploi dans la comptabilité en janvier 2007 chez DCDM, tout en poursuivant ses études. Il aimait beaucoup surfer, la voile et le rugby », déclare Philippe Nairac, le père de Julien.

<B>« Nous étions si proches »

Il se souvient de ses nombreuses parties de golf communes entre père et fils, d?un garçon simple et heureux, jovial et qui était surtout son meilleur confident. Les amis étaient et sont toujours consternés : « L?accident de mes copains m?a profondément choqué. Jusqu?aujourd?hui, je n?arrive toujours pas à le réaliser. Quand j?assistais aux funérailles le lendemain et que je suis allé prier devant leurs corps inanimés, je n?arrivais toujours pas à réaliser ce qui s?est passé », affirme Matthias Ritter. Celui-ci connaissait Michel depuis leur enfance à Curepipe.

C?est en jouant au rugby au Dodo Club, qu?il a connu Julien. Ensemble, ils ont joué dans la catégorie junior sur le plan national et également pour le club Curepipe Starlight. « Michel était toujours souriant, jamais à grogner. Lui aimait bien le foot, surtout les équipes de France et Arsenal. Julien lui était l?entertainer, le clown qui faisait rire. Il adorait les équipes de football de Manchester et d?Angleterre. C?est toujours difficile à croire qu?ils sont partis. Nous étions si proches », ajoute-t-il.

<B>Passionnéspar la musique</B>

Comme lui, Julie Bax demeure encore bouleversée. C?est d?une voix saccadée qu?elle nous conte encore les derniers clichés des deux joyeux lurons : « J?étais avec eux la veille, on était tous réunis pour la fête d?anniversaire. Ils étaient des amis formidables. Chacun avait sa particularité. Je connaissais bien Julien depuis qu?on avait 15 ans. Il avait une telle joie de vivre, était toujours à déconner, à faire la fête. C?était aussi quelqu?un à l?écoute, prêt à aider. Nos parents étaient également des amis, ils venaient à la maison souvent. Michel, lui, était dans son monde, c?était un peu le psy de la bande, il prodiguait des conseils. Il avait fait des études en écologie et voulait faire son Master. C?était un grand passionné de nature. Si quelqu?un avait jeté son mégot de cigarette sans l?éteindre, il en devenait fou ! »

Selon leurs amis, Michel Clarenc et Julien Nairac étaient aussi passionnés par la musique. Ces derniers soutiennent que Michel aimait bien la house et la techno, et envisageait même de suivre un cours de D.J. tandis que Julien, lui, était plus porté par le pop rock. Avec d?autres copains qui sont à l?étranger, il avait fondé le groupe Weird?Oz.

Pendant les vacances d?août, ils avaient même enregistré une compilation avec six titres dont Sweet Dreams with Angels, qui fut joué lors des funérailles, et ils avaient fait un petit concert ensuite au Zanzibar. Sur cet opus, Julien Nairac y avait fait de la guitare, de la basse et les ch?urs.

La veille de son décès, il avait confié à Julie son intention de faire décoller le groupe. « Julien m?avait confié qu?il voulait écrire d?autres chansons et voir un producteur l?année prochaine pour bien se lancer dans cette voie », confie notre interlocutrice. Un v?u que Julien ne pourra malheureusement pas voir exaucer?

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