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Monster House

15 décembre 2006, 00:00

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L?Imagerie numérique étant considérée de nos jours comme un art, certains animateurs sont à l?affût de la moindre occasion de nous démontrer leur virtuosité. De fait, ce qu?on voit au tout début de Monster House, film signé Gil Kenan, est un véritable tour de force : la chute d?une feuille morte en automne (nous sommes à la veille d?Halloween aux États-Unis). Les moindres mouvements y sont reproduits, du balancement indécis au grès d?une brise légère, suivi d?un tremblement presque imperceptible et de la chute en une spirale gracieuse, portée par la brise. Et, alors qu?on s?attend à un contact en douceur avec le sol, la feuille de chêne est happée par le sillage d?un tricycle, celui d?une adorable petite fille qui roule insouciante, sur le trottoir en chantant à tue-tête. Le passage du tricycle soulève ça et là des nuées de feuilles mortes qui retombent aussitôt. La feuille de chêne, elle, suit toujours, tenace, et ne touche le sol que lorsque le tricycle s?arrête, pris dans de gazon devant la monstrueuse maison de M. Nebbercracker, l?affreux bonhomme de ce quartier autrement sans histoires. Inutile d?ajouter que ce dernier hurle des propos horribles à la pauvre enfant et lui confisque son tricycle.

L?adorable enfant retrouvera son tricycle à la fin du film. En attendant et en un rien de temps les auteurs nous auront à la fois impressionné par la maîtrise (qui reste constante durant tout le film) qu?ils ont de leur médium et introduit leur sujet et les personnages principaux de leur histoire; à savoir, la maison et non pas la fillette, et DJ, un jeune garçon qui l?observe de sa maison en face. Les seconds rôles suivent peu de temps après : Chowder, son ami du même âge, plutôt grassouillet, grande gueule, et pas courageux pour deux sous et Jenny, pré-adolescente ?bc.bg? mais très maligne, qu?ils sauvent alors que la maison s?apprêtait à l?engloutir. Ce trio sympathique n?est pas sans évoquer celui de Harry Potter, sauf qu?ici, dans ce petit film d?animation, les personnages sont plus travaillés. Sans aller dans le sens de la profondeur, ce travail va certainement dans les détails, laissant deviner chez les scénaristes un sens très aigu de l?observation et une connaissance profonde de l?univers des pré-adolescents. Expressions des visages, gestes, mouvements, dialogues, etc.; non seulement tout y est mais en plus, tout cela est consistant par rapport à l?histoire racontée. Le parti pris est celui des enfants, évidemment, les grands ici (parents, baby-sitter, policiers, etc.) sont inconséquents, bornés, abrutis ou tout simplement aveuglés par cette forme d?idiotie qu?on appelle l?amour.

Film intelligent et efficace portant la griffe Spielberg (Amblin Entertainement pour la production), Monster House n?apporte rien de nouveau, si ce n?est le fait d?être une comédie d?horreur destinée aux jeunes spectateurs. Les moins jeunes y trouveront des références allant de Fenêtre sur Cour de Hitchcock au premier Terminator en passant par des ?classiques? comme Amityville ou Halloween. Mais, que les parents responsables se rassurent : du début à la fin de cette histoire, il n?y a pas une goutte de sang versé. Monster House contient essentiellement quelques belles frayeurs bien orchestrées qui porteront à rire, beaucoup de suspense, de belles séquences d?action et un petit discours sur les apparences trompeuses. Reste que cette maison qui se transforme en monstre serait susceptible d?effrayer les moins de dix ans. D?où mes interrogations quant au ?visa U? accordé au film, alors qu?à l?étranger il est classé PG. Mais, il est vrai aussi que chez nous, les enfants ont vu Kill Bill avant l?âge de dix ans.

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