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Des détenues exposent leurs travaux

14 décembre 2006, 00:00

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Cet après-midi à partir de 16 heures à la salle St.- Louis, dans la cour de l?église de Notre-Dame de Lourdes à Rose-Hill, l?association Kinouete expose une centaine de travaux d?aiguille, largement inspirés de la fête de Noël. Ces travaux ont été réalisés par des détenues de la prison de Beau-Bassin. En effet, Kinouete encadre et réhabilite ces détenues.

Ces travaux valent le détour pour eux-mêmes. Ils comprennent des cartes de Noël en papier avec appliques en tissu, des cadres à photos en tissu rembourré, des sacs en tissu et des nappes, brodés à la main, des tapis muraux en patchwork. Une des plus belles réalisations est un sapin de Noël en tissu rembourré et brodé avec ses décorations en tissu, que l?on peut accrocher dans la maison.

L?idée de cette manifestation est née d?un terrible constat : à leur sortie de prison, les détenues, surtout celles incarcérées pour trafic de drogue, n?ont plus accès à leur compte bancaire qui est gelé pour les besoins de l?enquête. Et elles ne peuvent en ouvrir un nouveau. Et même si Kinouete parvient à leur trouver du travail, elles ne le conserveront pas longtemps du fait que leur employeur ne peut les payer par chèque.

<B>Elles regorgent de créativité</B>

En voyant des échantillons de travaux d?aiguille que les détenues de Beau-Bassin ont réalisés sous la direction de Susanna Zollinger, animatrice bénévole, Kinouete a eu l?idée de mettre sur pied cette exposition. ?Nous leur avons fourni des matières premières pour qu?elles puissent en fabriquer davantage à des fins d?exposition?, dit Juliette François, coordonnatrice du centre Kinouete et responsable de la thérapie en prison.

Les travaux d?aiguille qui seront exposés cet après-midi, ont été réalisés par une dizaine de détenues, âgées de 23 à 50 ans. Outre ces travaux, une peinture, portrait de Juliette François, réalisée par Steve, un détenu de la prison de Beau-Bassin, à partir de photos publiées dans les journaux, sera aussi exposée. Par cette manifestation, Kinouete veut prouver plusieurs choses, notamment que les détenues regorgent de créativité. Et que même si elles vivent en recluses, elles suivent les événements extérieurs. ?Nous voulons aussi montrer aux visiteurs qu?avec un programme de réhabilitation structuré, ces détenues peuvent se découvrir et apporter leur contribution à la société. Kinouete souhaite qu?après ce qu?ils auront vu, les visiteurs voudront passer commande. Ainsi, les détenues peuvent exécuter les commandes sur plusieurs mois et percevoir une rétribution.?

Parmi tous les articles exposés, certains seront mis en vente : les cartes de v?ux, les achards fabriqués par d?anciens détenus et les sacs en tissu. Kinouete négocie avec l?administration pénitentiaire pour que l?argent obtenu puisse être versé au crédit cantine de ces femmes. ?Le cas échéant, nous pourrions conserver l?argent afin qu?à leur sortie, elles puissent avoir un petit capital leur permettant de se regrouper en coopérative.?

<B>Dégel des comptes</B>

Cette exposition s?inscrit dans le cadre d?un projet global pour lequel Kinouete a recherché et attend le financement de l?Empowerment Programme . L?an prochain, cette association aurait souhaité pouvoir offrir aux détenues des cours de cuisine, de coiffure et d?informatique d?une durée de quatre à 11 mois, qui seraient animés par des formateurs de l?Industrial and Vocational Training Board. Cours sanctionnés au final par un certificat délivré par cet organisme. ?A ce moment-là, les détenues auraient une formation professionnelle et seraient plus facilement employables à leur sortie?.

En attendant, le plaidoyer de Juliette François envers les autorités est que le délai pour le dégel des comptes des femmes incarcérées pour trafic de drogue ne dépasse pas trois mois. ?Le cas échéant, si la détenue trouve un emploi qu?elle peut justifier, qu?elle soit autorisée à ouvrir un nouveau compte bancaire. Il y va de la survie de ces femmes? ?

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