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Des nuages dans les zones vulnérables
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Des nuages dans les zones vulnérables
?Les politiciens de tous les bords politiques ont manipulé depuis trop longtemps les habitants de cette zone côtière. Il est temps que le gouvernement vienne de l?avant avec un plan pour l?aménagement dans du Sud-Est, quel qu?en soit le coût?, déclare Eric Mungur, le directeur du Mouvement Autosufissance Alimentaire (MAA). Il fait allusion à l?étude menée par Jean-Claude Autrey et J.A Tonta sur le Sugar Sector Strategic Plan (SSSP) 2001-2005. Un plan qui vise à définir une nouvelle stratégie pour assurer l?efficience et la viabilité dans l?industrie sucrière et la culture de la canne à sucre sur les pentes des montagnes (terres difficiles) : Rentabilité et multifonctionnalité.
Ayant travaillé pendant plusieurs années avec les habitants de cette région et plus particulièrement avec les planteurs d?oignons de Bambous-Virieux, de Grand-Sable et de Petit-Sable, le directeur du MAA s?est laissé aller à des commentaires.
Outre le SSSP, les deux chercheurs rappellent qu?une étude en plusieurs volets entreprise par le Mauririus Sugar Industry Research Institute (MSIRI) démontre qu?il y a 12 341 hectares de champs qui peuvent être catégorisés comme difficiles. De ce nombre, il y 4 642 hectares de champs qu?il faudra impérativement garder sous culture. Ils sont situés sur les pentes des principales chaînes de montagne et font face à la mer.
Endroits ?sensibles?
Parmi, 1 394 hectares de terre sont sous culture de la canne à sucre sur les flancs de la chaîne de Grand-Port dans et le Sud-Est (zones usinières de Beau-Champ et de Riche-en-Eau) et s?étendent de Quatre- S?urs à Rivère-des-Créoles.
Pour rappel ces endroits sont décrétés par le ministère de l?Environnement comme étant ?sensibles?.
Jean-Claude Autrey explique que sur le plan socioéconomique, de sérieux problèmes sont à prévoir étant donné qu?une forte proportion de planteurs et surtout d?ouvriers agricoles habitent dans ces zones où la culture de la canne à sucre sur les pentes des montagnes est difficile.
Eric Mungur est sur la même longueur d?onde que le directeur du MSIRI. La région de Bambous-Virieux, Grand-Sable, Petit-Sable, précise l?agronome Eric Mungur est le seul endroit à Maurice où l?on cultive la variété d?oignons connue comme oignon mars..
En temps de pluie, les planteurs de ce condiment ne ferment pas les yeux pendant la nuit. Ils craignent que l?eau provenant des chaînes de montagnes charrie des torrents de boue et abîme complètement leurs plantations comme ce fut le cas en avril 2000, après une inondation où les murs des maisons se lézardaient alors que les plantations étaient sérieusement affectées par l?érosion.
Des appareils électroménagers, des téléviseurs, des meubles de même que des produits alimentaires avaient été emportés par les eaux. Les gens vivent dans la peur, surtout ceux dont les maisons se trouvent à flanc de montagne. Ils craignent que les éboulements provenant de la montagne s?abattent sur leurs maisons.
Maya Devi Sava, une habitante de Grand-Sable, témoigne : ?Ban fami ki pena drains devant zo la port gagn boucou difficulté kan mauvais temps. De l?eau rente partout dans lacaz?.
Selon le directeur du MAA, l?utilisation fréquente des chenilles pour labourer les terres à flanc de montagne, l?absence de canalisations adéquates pour évacuer l?eau provenant des montagnes, les cours d?eau qui sortent de leur lit, sont autant de facteurs qui contribuent à l?érosion.
Et Jean-Claude Autrey n?y va pas de main morte lorsqu?il parle plus particulièrement des régions Sud-Est et Sud-Est qui paraissent plus vulnérables, d?autant plus que certaines plages sont menacées par l?érosion. La difficulté socioéconomique dans ces villages s?aggraverait davantage avec les menaces planant sur le milieu naturel. Avec le départ de la canne qui signifierait aussi l?abandon des pratiques de conservation du sol, les risques d?érosion massive sur ces pentes augmenteraient considérablement. Avec les nombreux cours d?eau naturels et faits par l?homme (drains etc) parcourant les champs en direction de la mer, l?on peut s?attendre à une pollution à grande échelle des lagons avoisinants, ralentissant ainsi les activités touristiques et de pêche artisanale. Le directeur de la MSIRI pense que les personnes employées dans les filières hors canne et parfois habitant les mêmes villages pourraient se trouver en difficulté et même au chômage.
Comme alternative, le Dr Autrey suggère la mise en place d?un comité technique pour étudier l?introduction d?autres cultures pérennes sur les versants de montagne. Il précise toutefois que ces nouvelles cultures devront nécessairement avoir les mêmes dimensions multifonctionnelles que la canne et surtout observer le respect de l?environnement.
Le directeur du MSIRI signale que des travaux de recherche et de développement ont déjà démontré que le palmiste pejibaye serait une variété appropriée pour les régions de l?est et du sud.
Eric Mungur propose, de son côté, la culture du pandanus utilis (vacoas) sur une grande échelle sur les flancs des montagnes dans la région du sud-est pour encourager parallèlement la création d?emplois comme c?est le cas à Vieux-Grand-Port. (voir texte plus bas).
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