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Claude Lafaye salue Marie de Mazérieux
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Claude Lafaye salue Marie de Mazérieux
Rares ont été les voix mauriciennes, à l’instar de celle de Jean-Pierre Lenoir, pour saluer la fin de la mission éducative de Marie de Coulhac Mazérieux. C’est dire combien c’est réconfortant de prendre connaissance, dans l’express, de l’adieu de Claude Lafaye à cette mère-pédagogue ou l’inverse.
Il est un amoureux de l’île Maurice, un Mauricien de cœur, un de ces étrangers à s’être laissés ensorceler par notre île, au point de ne pouvoir penser qu’à elle, même si des dizaines de milliers de kilomètres les séparent désormais géographiquement de notre île, qui donne si souvent la triste impression de se moquer éperdument du grand bien qu’on peut penser d’elle, même aux antipodes ou presque.
Semaine après semaine, l’express publie un billet de Paris que Claude lui envoie, en puisant dans l’actualité française, parisienne et même européenne, l’événement littéraire ou culturel le plus parlant pour les insulaires que nous sommes.
Il vient de temps en temps à Maurice où de solides amitiés nourrissent son enracinement dans notre terroir national. Son dernier voyage avant la mort de Marie de Mazérieux remonte à 1979. Il a alors l’occasion de la rencontrer et d’être séduite par tout le charme, émanant de cette Jeanne d’Arc des Mascareignes et du 20e siècle. Rentré à Paris, il la sait malade mais garde le ferme espoir d’un prompt rétablissement qui la remettra d’aplomb car qui pouvait prévoir Marie, terrassée par la maladie ? Par la mort ? Il lui prépare un envoi de livres pour ses chers enfants et leur bibliothèque scolaire où elle guide leurs lectures enfantines. Et c’est le choc. Brutal ! Violent ! Un entrefilet du Monde lui apprend le trépas de Marie de Mazérieux. Une messe est dite pour le repos de son âme en l’église de la Trinité. Il y accourt.
Elle a lieu en la chapelle de la Vierge, à l’arrière de l’autel principal. Il y voit un clin d’œil plein d’humour céleste. Deux statues encadrent l’autel de cette chapelle absidale. L’une est de sainte Jeanne d’Arc. La coïncidence est trop belle. L’autre est de saint Antoine de Padoue. Il tient un enfant dans ses bras. En cela, il lui rappelle encore davantage Marie de Coulhac Mazérieux qu’on ne peut imaginer autrement que portant à bout de bras des enfants en quête de pédagogues, d’instruction, de savoir, de vie réussie.
L’officiant donne sur Marie des détails qui expliquent et illuminent sa vie. Adolescente elle s’assigne la mission d’élever ses frères et sœurs. Une mission dont elle ne se sépare jamais et qui l’accompagne fidèlement jusqu’à son dernier souffle et même au-delà. Car, même 25 ans après sa mort, on ne peut toujours pas imaginer Marie de Mazérieux autrement que se préoccupant continuellement du bien-être et de la réussite de ses chers enfants. Son Cours Jeanne-d’Arc n’est que le prolongement de la prise de conscience d’une adolescente qui comprend que la vraie vie est celle qu’on donne aux autres.
Claude Lafaye comprend alors la grâce qui transfigure Marie, quand elle parle de ses enfants, des enfants de son Cours Jeanne-d’Arc. Puissent tous nos directeurs de collèges et autres maîtres d’école posséder ne serait-ce qu’une parcelle de l’attachement viscéral qu’elle éprouve pour les enfants qui lui sont confiés. Ce qui le frappe chez Marie c’est la qualité de ses rapports humains avec les autres, sa gentillesse naturelle, sa franchise, sa simplicité, son souci des autres. Ce qui le frappe c’est l’ascendant qu’elle exerce sur ceux qui l’entourent, sur ceux qui viennent chercher auprès d’elle un soutien, un réconfort.
Un mot la qualifie. C’est celui de “volonté”. Tout dit son acceptation renouvelée d’une mission qu’elle s’assigne librement comme allant de soi. Il conclut que son piédestal est invisible mais présent. Tout comme son auréole.
Il se souvient qu’il rapporte de sa dernière visite à Marie un maillot du Cours Jeanne-d’Arc qu’il porte à Régine Pernoud. Cette grande médiéviste l’expose dans la maison de la Pucelle à Orléans.
Il emprunte sa conclusion à Magda Mamet, une grande amie de Marie de Coulhac Mazérieux : -
Fossoyeur
Nulle fosse n’est assez grande
Pour les funérailles du cœur.
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