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Peupler la solitude
?Si vous marchez dehors à cette heure et en ce lieu, c?est que vous désirez quelque chose que vous n?avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir.? Ainsi débute l?affrontement entre le dealer et le client. Celui mis en scène par Dieudonné Niangouna, à partir du texte de Bernard-Marie Koltès.
Intitulée Dans la solitude des champs de coton, la pièce est à l?affiche au théâtre de Port-Louis. Rendez-vous avec la Compagnie Les Bruits de la Rue, le samedi 18 novembre à 20 heures.
Si le titre contient la promesse de vastes espaces cultivés, c?est dans des lieux malfamés que nous entraîne la pièce. Expliquant sa méthode de travail, le metteur en scène congolais Dieudonné Niangona raconte : ?J?ai pris sur moi le temps d?aborder la solitude du client et du dealer par des étapes de travail appelées les ?chantiers de solitude?, afin de visiter la question sous différents angles.?
Première phase : dans un coin de rue, à une impasse, un homme coince un passant. En un temps court, l?un se débat, l?autre le retient. Rencontre fortuite appelée à se répéter. Deux solitudes condamnées à se croiser. Perpétuellement. Sans que nous ne sachions rien ni de l?un, ni de l?autre.
La deuxième étape se déroule dans un terrain abandonné, un no man?s land. La guerre des corps reprend de plus belle. Bagarre recommencée jusqu?à la lassitude. Jusqu?à se demander : Quelle arme ?
Le troisième chantier consiste à explorer le frottement entre un dealer ?qui ne peut rien avoir, et qui visiblement n?a rien à posséder ni à proposer?. Il arrête sur son chemin un inconnu. Celui?çi ne cessera de se demander pourquoi lui ? Retour aux sources d?une émotion, d?un vécu.
Dans la solitude des champs de coton, c?est autant de tentatives de vaincre la solitude. ?Cette obsession de dealer à tout prix. Mais dealer quoi ? Je ne saurais vous le dire?, comme le définit le metteur en scène Dieudonné Niangouna. ?Peut-être bien la seule marchandise qui vaille la peine pour tuer la solitude?. Le texte publié en 1986 a inspiré un film éponyme au réalisateur français Patrice Chéreau. Elle est considérée comme une référence du répertoire contemporain.
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