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L?université de Maurice veut se décentraliser

7 novembre 2006, 00:00

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A l?étroit sur son campus au Réduit depuis quelques années, l?université de Maurice voudrait explorer d?autres cieux pour mieux grandir. Son conseil d?administration et sa direction nourrissent l?ambition d?implanter des antennes dans le Nord et le Sud ?pour démocratiser davantage l?accès à l?enseignement supérieur? et concrétiser le rêve d?une île, centre régional du savoir.

?Nous sommes en ce moment à la recherche d?un terrain propice. Dans un premier temps, nous voudrions ouvrir une antenne dans le Nord, plus spécifiquement dans la région de Goodlands?, précise Soodursun Jugessur, pro-chancelier de l?université. Ces antennes seront toutefois bien plus que de simples centres régionaux. Il s?agira plutôt de construire de véritables universités placées sous la tutelle de la maison mère qui restera à Réduit. Des cours de chacune des cinq facultés (Loi et Gestion, Social et Sciences humaines, Agriculture, Ingénierie, Sciences) devraient être proposés. A l?image de ce qui se fait ailleurs, comme dans les Indian Institutes of Technology (IIT) dans la Grande Péninsule. Un projet conjoint IIT-université de Maurice est d?ailleurs en train de prendre forme.

Malgré la construction de l?Engineering Tower à Réduit, il y a deux ans, la situation n?a que peu évolué. L?institution d?enseignement supérieure compte près de 7 000 étudiants et ce chiffre est loin de refléter la demande réelle. ?Chaque année, nous avons environ 6 000 demandes qui correspondent aux critères d?admission?, fait ressortir Indur Fagoonee, vice-chancelier. Faute de place, seuls 2 000 candidats sont admis chaque année.

Selon les statistiques officielles, à décembre 2004, 26 064 Mauriciens suivaient des études tertiaires ici ou ailleurs. Un chiffre grandissant. ?Ceux qui ne parviennent pas à trouver une place chez nous n?ont d?autre choix que de se tourner vers d?autres institutions à Maurice et parfois même en dehors, alors que nous aurions pu les accommoder ici si nous avions de la place. C?est assez burlesque comme situation?, confie-t-on à la direction de l?institution.

Et comme il n?y a plus de place sur le campus, l?idéal serait de décentraliser les activités vers d?autres lieux pour mieux répondre à l?appel de ceux désireux de poursuivre leurs études supérieures.

Par rapport aux pays développés et aux pays en voie de développement dans la région de l?Asie du Sud-Est, Maurice est à la traîne au niveau du nombre d?élèves inscrits dans l?enseignement supérieur. ?Pour être plus compétitifs dans ce monde moderne et globalisé où un grand accent est mis sur le savoir et les compétences, plus d?opportunités devraient être offertes aux étudiants qui souhaitent bénéficier d?une éducation supérieure?, peut-on lire dans le plan stratégique de l?université rendu public cette année. Plusieurs avenues sont explorées pour augmenter cet accès afin d??offrir une éducation de qualité au plus grand nombre d?étudiants?.

Autre ambition à laquelle est attachée l?institution de Réduit : les cours à distance, pour permettre aux Mauriciens de parfaire leurs connaissances tout en étant déjà dans le monde du travail (life-long learning). Parmi les options choisies, la création d?antennes universitaires dans des endroits ?stratégiques?. Cette ambition prendra cependant le temps qu?il faudra. L?université est encore à la recherche d?un terrain propice. La construction et la mise en ?uvre de ces structures régionales devraient prendre cinq à dix ans.

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