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Mise en incubateur de trois oeufs de crécerelle

31 octobre 2006, 20:00

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A la fin d?octobre 1981, la presse annonce un événement scientifique exceptionnel : la mise en incubateur de trois ?ufs de crécerelle, dénichés dans un nid au milieu des Gorges de la Rivière Noire. M. Karl Jones, délégué à Maurice de la World Wildlife Foundation (WWF), est d?autant plus déterminé à tenter cette expérience que ces ?ufs en pleine nature sont à la merci du premier singe venu.

L?histoire doit retenir que c?est M. Mungroo, de l?équipe de Mauriciens, soutenant les efforts de la WWF de préservation à Maurice des espèces en danger, qui conclut, après avoir longuement observé les man?uvres d?un couple de crécerelles, qu?il devait avoir un nid avec des ?ufs dans les environs. Il décide de redoubler d?attention et de vigilance. Sa persévérance est bientôt récompensée par la quasi-certitude de l?existence d?un nid avec des ?ufs.

Il fait part de sa découverte à Karl Jones qui se montre d?abord sceptique. Trop beau pour être vrai ! Il se laisse toutefois convaincre bien que tout indique qu?il est très difficile, sinon impossible, qu?il y ait éclosion d?oisillons de crécerelle en pleine nature. Le tournoiement systématique des crécerelles dans une région bien délimitée ne fait pourtant pas l?ombre d?un doute. MM. Mungroo et Jones finissent par découvrir le nid au sommet d?un arbre. Il contient trois ?ufs. La menace des singes est tout autant réelle. On décide, après sept jours d?observations scientifiques additionnelles, de placer les ?ufs ainsi couvés en incubateur.

Une précédente expérience, tentée à partir d??ufs obtenus d?un couple de crécerelle en captivité à la volière de Rivière-Noire, se révéla infructueuse.

Cette nouvelle expérience bénéficie d?une couverture médiatique exceptionnelle. La crécerelle de Maurice ou Mangeur de poules ? des philatélistes étrangers s?émurent du fait que, dans notre série de timbres-poste définitifs consacrés à nos oiseaux, le timbre consacré à la crécerelle porte aussi le surnom de ?mangeur de poule? alors que son bec menaçant est à la portée de l?effigie de la reine Elizabeth-II ? sera à la une d?une importante série télévisée anglaise. Une chaîne de télévision réalise, en effet, en octobre 1981, des émissions écologiques dans plusieurs pays au monde où des espèces animales et végétales sont en voie d?extinction. Une équipe est à Maurice pour des prises de vues. L?industrie touristique place beaucoup d?espoir dans ces émissions écologiques pour promouvoir la destination Maurice.

Il se peut même que les téléspectateurs branchés, sur Associated Television et sur Nature Watch, puissent assister à l?éclosion des oisillons de crécerelle et à leurs premiers mouvements. Les techniciens concernés, de passage à Maurice, ont laissé et placé une caméra dans l?écloserie. Elle est donc aux premières loges pour filmer l?heureux événement. L?éclosion des oisillons est prévue pour la mi-novembre 1981.

Pendant que les ?ufs de crécerelle sont placés en incubateur à l?écloserie de la Rivière-Noire, des statistiques officielles démontrent que Port-Louis est une ville encore plus résidentielle qu?industrielle ou commerciale. Les données cadastrales disponibles, au début de novembre 1981, indiquent que Port- Louis compte 15 351 immeubles et bâtiments dont 13 689 (89%) sont résidentiels. De ces derniers, 13 629 (99,5%) sont évalués et donc imposables. Quelque 86 immeubles sont exemptés de toute taxe immobilière et 60 ne sont pas imposables. Quelque 72 immeubles servent à la fois de résidence et d?emplacement commercial. Le nombre d?immeubles entièrement utilisés à des fins commerciales s?élève à 1 384. Les immeubles industriels sont au nombre de 149. Il n?y a pas de distinction entre grandes et petites entreprises. Ces statistiques municipales ne comprennent pas les immeubles gouvernementaux ni les lieux de culte. Les ministres des hommes comme ceux de Dieu échappent donc à la taxe immobilière.

Au niveau de l?assainissement de notre environnement, on annonce une étude sur la production de compost à partir de nos déchets. Un quart de siècle après, nous sommes toujours au même point. La France et la Banque mondiale sont pourtant disposées, en novembre 1981, de financer cette étude. Perrette estime même que la production de compost pourrait atteindre 40 tonnes par jour.

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