Publicité
Le projet pour exploiter l?eau de mer profonde en quête d?investisseurs
Par
Partager cet article
Le projet pour exploiter l?eau de mer profonde en quête d?investisseurs
Culture de perles, aquaculture, thalassothérapie, utilisation pharmaceutique? Les possibilités de l?exploitation de l?eau de mer profonde sont multiples. Peu à peu, les contours du projet se dessinent. Et c?est avec une certaine impatience que le gouvernement attend le rapport que lui remettront deux consultants hawaïens, qui étaient à Maurice il y a deux semaines.
Ce document devrait permettre aux autorités de mieux situer géographiquement le projet, même si la région sud comporterait les meilleures caractéristiques pour l?abriter. Cependant, les autorités, très confiantes, ont pris les devants. En effet, le Board of Investment (BOI) a déjà démarré une campagne de recherche d?investisseurs, notamment en Afrique du Sud.
L?investissement global est estimé à Rs 600 millions, même si le rapport des Hawaïens devrait permettre de préciser la somme requise. D?ici 18 à 24 mois, le projet devrait être opérationnel, si tout avance comme prévu. C?est du moins ce que confie un proche du dossier.
Mais de quoi s?agit-il exactement ? Pour faire très simple, il s?agit d?exploiter l?eau de mer profonde mauricienne, qui comprend certaines caractéristiques très recherchées pour ses valeurs nutritives et thérapeutiques, entre autres. Une étude remise au gouvernement au début de l?année, après des analyses poussées faites par un laboratoire australien, a permis de confirmer cet aspect des choses.
Géographiquement, notre pays à la chance de se situer dans le plus propre des cinq océans. L?île se trouve sur le chemin des courants marins froids, ce qui nous amène de l?eau de mer profonde de la plus grande pureté, totalement libre d?éléments polluants, de pathogènes et riche en minéraux et en éléments nutritifs.
Embouteillée, cette eau pourrait facilement trouver preneur. Le marché mondial pour l?eau minérale de ce type pèse 89 milliards de litres pour US$ 22 milliards (Rs 660 milliards) annuellement. Hawaï, le grand spécialiste du secteur, exporte plus de 300 000 litres de ce liquide embouteillé vers le Japon où il est vendu dans une fourchette deUS $ 4 à 6 (Rs 120 à180) la bouteille. Le marché mondial est tellement demandeur que Hawaï est en train de tripler sa capacité pour atteindre le million de litres par jour.
L?eau de haute mer est également propice à l?aquaculture (notamment la culture de perles de la meilleure qualité) ? qui est un des secteurs que le gouvernement souhaite exploiter ? ou encore la thalassothérapie, pour ses qualités curatives. Pour l?industrie pharmaceutique, ce liquide est également une denrée précieuse puisqu?elle entre dans la composition de certains médicaments. Si elle est utilisée pour l?air conditionné, l?eau de mer profonde pourrait également permettre de réaliser d?importantes économies.
Des millions de roupies de revenus
Pour résumer, le projet baptisé Land-Based Oceanic Industry (LBOI) pourrait rapporter des millions, voire même des milliards, de roupies au pays. Mais sa mise en ?uvre n?est pas aisée. ?Il faudra un partenariat entre le privé et le public pour réaliser certains aspects de ce projet. Nous avons besoin d?expertise étrangère pour certains pans. Pour d?autres, nous avons une expertise à Maurice même?, indique-t-on dans les milieux du Mauritius Research Council (MRC). ?En fait, nous travaillons sur plusieurs formules, dont le partenariat privé-public?, ajoute cette source.
La mise en place du système de pompage de cette eau est un élément crucial du projet. Il faudra en effet aller chercher le précieux liquide à une profondeur de mille mètres, à trois kilomètres de la côte. Maurice sera d?ailleurs le tout premier pays à aller jusqu?à une telle profondeur. Une fois pompée, cette eau devra être traitée. Une des idées retenues est la construction d?un Land-Based Oceanic Industrial Park.
Un terrain de plus de 300 hectares a déjà été identifié pour la construction de ce parc. Celui-ci utilisera uniquement des énergies renouvelables, comme celles du soleil et du vent, pour fonctionner. Un spa, des océanariums, des restaurants proposant des fruits de mer et des magasins spécialisés dans les perles devraient également s?y trouver. Le terrain est situé à quelques kilomètres de l?aéroport de Plaisance. Sur le plan touristique, le parc constituera également un attrait.
L?exploitation de l?eau de mer profonde est déjà une industrie bien établie dans plusieurs pays, dont le Japon, Hawaï et Bora Bora. D?autres, à l?instar de la Corée du Sud, commencent également à y réfléchir. ?Mais dans la région, Maurice est le seul pour le moment. Nous sommes très confiants. La réussite du projet reposera sur la manière dont on commercialisera cette eau?, avance un ?initié? au projet.
Publicité
Publicité
Les plus récents