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Le tueur et ses victimes
■ <B>Dubraheel Eshan Bhugeloo, 41 ans :</B>
Employé dans une usine textile, Eshan Bhugeloo, père de deux enfants, avait perdu son emploi il y a un peu plus d’un an. Il avait alors ouvert un snack à quelques centaines de mètres de son domicile. L’homme était surtout connu dans la région pour les violentes disputes qui l’opposaient à ses frères et les relations avec ces derniers n’étaient pas au beau fixe. Ils en étaient même plus d’une fois venus aux mains. L’un d’entre eux avait, par ailleurs, fait usage d’une arme à feu en tirant en l’air. Ces multiples confrontations avaient fait l’objet de nombreuses dépositions consignées au poste de police de St-Pierre.
Fin tireur, Eshan maniait les armes à feu depuis son enfance. Ses frères et lui avaient pour habitude de chasser le lièvre et le cerf. « C’était un excellent tireur. Il ratait rarement sa cible », laisse entendre un membre de la famille. Et de préciser : « Il s’emportait pour un rien et se montrait souvent très violent. » Il l’a tristement démontré ce jeudi fatidique. Les policiers ont d’ailleurs saisi deux armes à feu, ainsi qu’une impressionnante quantité de munitions à son domicile.
■ <B>Farzley Omar Bhugeloo, 36 ans :</B>
Célibataire, il vivait chez son frère aîné, Eshan, et n’entretenait pas de très bonnes relations avec l’épouse de celui-ci. Chasseur émérite, Farzley vouait une véritable passion pour les armes à feu. « C’était le meilleur chasseur de la région. Il était de presque toutes les parties de chasse et ramenait toujours du gibier », explique l’un de ses partenaires de chasse. Il est décédé après avoir été atteint de deux balles, à la tête et à l’abdomen.
■ Adam Farook Bhugeloo, 62 ans :</B>
Père de deux enfants (Fedoz, 21 ans et Feroz, 18 ans), Farook habitait en face de l’allée où se situe le domicile d’Eshan. Les deux frères se regardaient en chiens de faïence depuis un certain temps. Tout était prétexte à des disputes qui se sont quelquefois terminées par l’intervention de la police. Taxidermiste, il lui arrivait souvent de partir chasser avec des amis. C’est en voulant voir ce qui se passait chez son frère qu’il a trouvé la mort. Ce père de famille a été abattu d’une balle dans le cou.
■ Mohammad Al Dina Bhugeloo, 55 ans :</B>
Taxidermiste depuis plus de trente ans, Mohammad a dû se résoudre à diversifier ses activités pour joindre les deux bouts. Ce père de famille est très connu dans le monde des chasseurs. Craignant de voir disparaître le métier de taxidermiste, il avait initié son fils aîné, Mamoon, 16 ans, à cette activité qu’il considérait comme noble. Sa fierté demeure un léopard qu’il avait réussi à se procurer auprès de la direction de Casela. « Sa famille passait avant tout le reste pour lui, mais c’est vrai qu’Eshan et lui ne s’entendaient pas bien », explique un proche de la famille. Grièvement blessé au ventre, il se trouve en observation médicale à l’hôpital Jeetoo.
■ <B>Dawood Elahee Doomun, 65 ans :</B>
Retraité, cet ancien employé du ministère de l’Agriculture gagnait sa vie en travaillant de temps à autre comme jardinier chez des habitants de la localité. Issu d’une famille de 11 enfants, Dawood Elahee vivait chez l’un de ses frères à Petit-Verger, St-Pierre. Âgé de 65 ans, il était séparé de son épouse depuis plusieurs années et ne voyait ses deux enfants que de temps en temps. Très engagé au niveau de la politique, Dawood avait travaillé en tant qu’agent pour le compte du Parti travailliste lors des dernières élections générales. « C’était quelqu’un de très apprécié. Il passait le plus clair de son temps à cultiver des légumes et des fruits qu’il offrait aux gens du voisinage », laisse entendre son frère aîné, Haroon, âgé de 72 ans. Et d’ajouter : « Ce qui lui est arrivé est absolument injuste. Il voulait ramener Eshan à la raison et cela lui a coûté la vie. ’examen post-mortem a attribué la cause du décès à une blessure par balle à l’abdomen.
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