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?Maigrot a volontairement accompagné la police?
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?Maigrot a volontairement accompagné la police?
Dispositif de sécurité important pour la déposition du chef de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), Prem Raddhoa, au tribunal de Mapou hier. S?y déroulait : l?enquête préliminaire sur la mort de la styliste, Vanessa Lagesse en 2001 à Grand-Baie. Prem Raddhoa y a expliqué que Bernard Maigrot, suspect dans ce meurtre, aurait volontairement accompagné les membres de la Central Investigation Division (CID) de Curepipe le 23 avril 2001. Dans la voiture qui l?emmenait au poste de police de Curepipe, Bernard Maigrot était nerveux, a-t-il ajouté.
Me Rashid Ahmine, Principal State Counsel, dirige l?équipe de l?accusation en compagnie de Me Priya Chittoo, Senior State Counsel et Me Anadachee, State Counsel. C?est lui qui a procédé à l?interrogatoire de Prem Raddhoa.
Me Ahmine : En avril 2001, vous étiez à quel poste de police ?
SP Raddhoa : A la CID de Curepipe.
Q : Etes-vous au courant de l?assassinat de Vanessa Lagesse ?
R : Oui.
Q : Dites à la Cour comment vous vous êtes impliqué dans l?enquête dans cette affaire ?
R : Le commissaire de police m?a demandé d?assister à l?enquête sur la mort de Vanessa Lagesse.
Q : Qui sont ceux qui étaient impliqués dans cette enquête ?
R : La CID de Piton et la Major Crimes Investigation Team.
Q : Quand avez-vous commencé à enquêter ?
R : Quelques jours après.
Q : Quand avez-vous rencontré l?assistant surintendant Bala Kamatchi ?
R : Le 23 avril 2001.
Q : Dans quel but ?
R : Il était l?officier responsable de cette enquête.
Q : Où ?
R : A Grand-Baie.
Q : Avez-vous discuté avec lui de cette affaire ?
R : Oui.
Q : Qu?avez-vous fait après l?avoir rencontré ?
R : Nous avons discuté. Je lui ai demandé les noms des suspects interrogés.
Q : Vous vous êtes rendu seul à Grand-Baie ?
R : Non. J?étais accompagné de quatre autres membres de la CID de Curepipe.
Q : Qu?avez-vous fait après ?
R : L?ASP Kamatchi m?a emmené au bungalow de Vanessa Lagesse et dans une autre maison qui appartenait à la défunte.
Q : Et après ?
R : Nous avons recueilli des informations dans la région de Grand-Baie.
Q : Que s?est-il passé ensuite ?
R : Nous avons eu certains renseignements.
Q : Quels renseignements ?
R : Selon des rumeurs, Bernard Maigrot n?était pas à Maurice. Mais nous avons eu des informations que Bernard Maigrot était bel et bien à Maurice le 23 avril 2001.
Q : Qu?avez-vous fait après ?
R : Vers 16 heures ce jour-là, nous nous sommes rendus chez Bernard Maigrot pour vérifier s?il était à Maurice.
Q : Où exactement ?
R : A sa résidence à Cap- Malheureux .
Q : L?avez-vous rencontré ?
R : Oui.
Q : Où était-il ?
R : Dans sa cour. Il arrosait ses fleurs. Nous nous sommes présentés comme des officiers de la police. Je lui ai dit que nous voulions l?interroger dans le cadre de l?enquête sur la mort de Vanessa Lagesse.
Q : Etiez-vous au courant que Bernard Maigrot avait déjà consigné une déposition dans cette affaire ?
R : Oui. Bernard Maigrot a accompagné la police de son propre gré.
Q : L?aviez-vous informé où vous alliez l?interroger ?
R : Oui. Au bureau de la CID de Curepipe.
Q : Qu?a-t-il fait après ?
R : Il est volontairement rentré dans la voiture de la police.
Q : La voiture s?est dirigée dans quelle direction ?
R : En direction du poste de police de Curepipe.
Q : Que s?est-il passé en route pour Curepipe ?
R : Nous lui avons posé certaines questions. Il est devenu nerveux. Il était surpris. Lorsque nous lui avons posé des questions sur Vanessa Lagesse, je me souviens avoir entendu Bernard Maigrot dire : ?Encore cette ... de Vanessa Lagesse.?
Q : Vous lui avez posé d?autres questions ?
R : Nous lui avons donné les avertissements d?usage. Nous l?avons informé de ses droits constitutionnels. Nous lui avons dit que nous allions l?interroger sur la mort de Vanessa Lagesse. Il est resté silencieux.
Q : Vous étiez toujours en route pour Curepipe ?
R : Oui.
Q : A-t-il dit quelque chose ?
R : De son propre chef, il avait dit ?something of interest?.
A ce stade, Me Collendavelloo a présenté une motion de voire-dire pour contester l?admissibilité du témoignage du SP Raddhoa ayant trait aux ?aveux? de Bernard Maigrot sur la mort de Vanessa Lagesse. Des aveux qui auraient été obtenus par violence et torture des officiers de police. Me Ahmine a objecté (voir hors-texte).
Dans la salle, la présence des s?urs de la défunte, Anne Rogers et Sonia Doger de Spéville, n?est pas passée inaperçue?
PROCÉDURE
Les ?aveux? de Maigrot admis en cour
■ Dans un jugement rendu hier, le magistrat Azam Neerooa qui préside l?enquête préliminaire sur le meurtre de la styliste, Vanessa Lagesse, a autorisé le surintendant Prem Raddhoa à déposer sur les ?aveux? de Bernard Maigrot aux membres de la CID de Curepipe le 23 avril 2001. Le suspect dans cette affaire avait, en fait, affirmé que ces aveux auraient été obtenus sous la contrainte, alléguant qu?il avait été brutalisé, voire torturé par les membres de la CID de Curepipe.
Le magistrat a rejeté la motion de voire-dire de Me Ivan Collendavelloo, ?Senior Counsel?, avocat de Bernard Maigrot. Il voulait contester l?admissibilité du témoignage de Prem Raddhoa ayant trait aux ?aveux? de son client.
Le magistrat considère qu?une voire-dire ne peut avoir lieu lors d?une enquête préliminaire. Le tribunal, précise-t-il, ne peut statuer sur l?admissibilité d?un acte ou d?une déposition qui constitue un aveu obtenu par la violence, la torture ou la menace.
Il permet donc au surintendant Raddhoa d?informer le tribunal sur ce que Bernard Maigrot a répondu lorsqu?il a été informé qu?une charge de meurtre a été retenue contre lui de même que ces témoignages ?qui pourraient constituer des aveux?.
Toutefois, le magistrat statue que la défense peut contre-interroger le SP Raddhoa à loisir en vertu de l?article 10(2) (e) de la Constitution et de l?article 6 (3) (d) de la Convention européenne sur la protection des droits humains. Elle peut aussi apporter des preuves pour démontrer que les dépositions consignées n?étaient pas volontaires et devraient être rejetées.
Lors de sa motion, Me Collendavelloo argue que le magistrat doit prendre en considération les témoignages légaux d?un témoin. Des ouï-dire ne sont pas acceptables par une Cour de justice, affirme-t-il. Selon lui, l?accusation n?a pas de preuves contre son client sauf les ?preuves fournies par le SP Raddhoa?.
L?audition des témoins se poursuivra le 1er décembre 2006.
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