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Voitures nées sous X

15 octobre 2006, 00:00

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Une des pratiques les plus répandues est aussi l?usurpation de numéros de série. Il faut savoir que les véhicules ont plusieurs marquages d?identité qui les différencient les uns des autres, notamment des numéros de série sur les châssis, sur les moteurs ou encore la plaque d?immatriculation, qui est aussi le numéro d?enregistrement délivré par la NTA.

Mais il existe des cas où les propriétaires de véhicules laissés à l?abandon ou d?épaves, conservent toujours leur horse power. Les trafiquants identifient alors le même modèle de véhicule qui serait en meilleur état, avant de le voler. « C?est une pratique de plus en plus courante, qui nécessite une grosse organisation mais aussi des complices, notamment au niveau de la NTA », explique un policier proche du dossier. Et d?expliquer que la récente mise à jour d?un réseau de faussaires par la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe (voir ci-dessous) permet de mieux comprendre les différents rouages de ce trafic. Les malfrats se procurent le horse power de l?épave, et procèdent à l?enregistrement du véhicule volé auprès de la NTA, après avoir pris soin de monter la plaque d?immatriculation ? avec le même numéro qui figure sur la carte grise ? de l?épave sur le véhicule volé.

Plusieurs autres variantes de ce cas de figure existent, la plus connue étant la modification ou la suppression même des numéros de série. Ceux-ci sont effacés à coups de ponceuse, rendant ainsi l?identification du moteur ou du châssis impossible, de même que les antécédents du véhicule en cas de vol. Cette pratique serait la plus répandue pour donner une « seconde vie » aux véhicules volés. Toutefois, pour ce qui est des numéros de série discordants ou manquants, la complicité d?un officier de la NTA est essentielle pour que la combine aboutisse.

Dans des cas plus extrêmes, les voleurs découpent la partie scellée sur laquelle figurent ces numéros pour les ressouder sur d?au-tres pièces. Ces man?uvres, qui nécessitent une connaissance pointue de la mécanique, sont de plus en plus répandues. Le châssis ou le moteur en question porte alors une nouvelle identification et, sauf une expertise poussée, chose qui n?est pas courante à la NTA, le véhicule est autorisé à circuler librement sur nos routes.

Devant ce phénomène qui prend de l?ampleur, certaines compagnies d?assurances montent au créneau et imputent les irrégularités à la source, notamment à la NTA. « La NTA est l?organisme qui délivre les certificats de bonne santé des véhicules. Nous ne faisons que reprendre les dossiers sur la base de leurs certificats. Toute irrégularité à la source de la chaîne se répercutera automatiquement au niveau des autres étapes. Mais la corruption existe à tous les niveaux », déclare un employé d?une compagnie d?assurances. Jacques de Navacelle, directeur général de la Mauritius Union Assurance explique, quant à lui, qu?il existe par ailleurs un manque de communication entre les compagnies. « Nous avons bien des spécialistes techniques pour évaluer l?état des voitures, mais les voleurs sont des récidivistes qui agissent aux dépens de toutes les compagnies d?assurances par alternance », déclare-t-il.

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