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Tout est dans le ton

15 octobre 2006, 00:00

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Elle a, sur les ondes, l?assurance de l?expérience. Sur Radio One où elle est installée depuis presqu?un mois, Nella Brasse ne veut pas se réinventer. Elle veut seulement faire tourner la machine. Pour elle, radio rime avec émotion et passion. Sept ans qu?elle offre sur les ondes, sa bonne humeur communicative, son humour, son dynamismeet cette chaude voix, reconnaissable entre mille.

Nella Brasse aime la liberté que lui procure le micro, mais elle aime aussi se donner les moyens de réussir. Liberté rime avec responsabilité, d?abord celle de préparer son émission, d?éviter à tout prix l?à-peu-près et par-dessus tout, de toujours respecter les auditeurs. Dans la vie, comme sur les ondes, Nella Brasse aime la compagnie des autres. Elle aime se faire des amis de tous bords, du « marchand ambulant au big boss, » comme elle se plaît à le dire. Nella Brasse à la radio ressemble ainsi à la Nella Brasse dans la vie.

Aucune hypocrisie et beaucoup de générosité, comme offrir son déjeuner à un homme qu?elle a croisé qui n?avait rien à se mettre sous la dent. Il est souvent difficile d?arrêter son flot de paroles, parce qu?elle bavarde à cent à l?heure, comme une vraie pie. Elle répond, elle relance, elle met son style sur la table. Elle a son ton.

La radio est secrète. On ne voit pas ses mains s?agiter, son regard franc, souvent rieur,souvent pensif. Et Nella colle ses mots, sa gestuelle, son énergie. Une énergie qui ne faiblit pas, à 11 heures du matin quand elle débute dans Vivre autrement ou le soir, à 22 heures, quand elle achève sa Libre antenne.

On l?écoute toujours, parfois religieusement, parce que la radio, c?est son dada, sa drogue, son amour. « Je ne sais faire que ça et je ne pourrais jamais m?en passer, » explique-t-elle soudain. C?est dire à quel point son escale parisienne d?un an a été longue sans ses auditeurs et sans son micro. N?y tenant plus, elle est rentrée au pays.

Quand Nella Brasse bavarde avec les auditeurs au téléphone, c?est un moment de grâce. Ceux-ci le lui rendent bien. Désormais, avec la magie d?internet, les auditeurs se manifestent des quatre coins du monde, du Japon à Washington, en passant par l?Europe ou le Canada. Et Nella est touchée à chaque fois, quand certains évoquent son fameux « take care », qu?elle a lancé alors qu?elle était encore à la rue Pasteur. Quand d?autres l?arrêtent dans la rue, curieux de lui serrer la main et de lui dire bonjour, elle s?en émeut aussi. «Je prends le temps de m?arrêter quand j?ai du temps devant moi. Je ne le fais pas tout le temps et je le regrette. Sans les auditeurs, il n?y a pas de radio et encore moins les animateurs.»

Et dans la foulée, Nella a ses héros : Denis Uckiah de la MBC et Jacques Maunick, qu?elle retrouve avec joie sur les ondes de Radio One, sans oublier François, son père, son « bras droit ». Parce qu?elle sait être reconnaissante envers ceux qui ont contribué à faire d?elle ce qu?elle est. Et quand elle est debout derrière son micro à faire le show, Nella croque la radio goulûment, ravie, enjouée, heureuse. Derrière elle, des années de galère, qui lui ont donné la force et l?envie d?avancer et de devenir quelqu?un. C?est réussi.

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