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Les scientifiques américains inquiets, malgré leurs prix Nobel
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Les scientifiques américains inquiets, malgré leurs prix Nobel
«Bien que très visibles les Nobel ne sont qu?une mesure de la santé scientifique d?une nation», explique Ralph Cicerone, président de l?Académie américaine des sciences, dans un entretien récemment.
Après la Deuxième Guerre mondiale les États-Unis étaient les plus riches et ont de ce fait investi beaucoup plus généreusement dans la science que les autres pays et bénéficient encore des universités et laboratoires fédéraux de recherche mis alors en place, poursuit-il.
«Mais, désormais d?autres pays développent leurs infrastructures de recherche et de formation ce qui va se traduire pour eux par des gains scientifiques et bientôt par plus de prix Nobel au détriment des États-Unis», prédit Ralph Cicerone.
Faisant également part de son inquiétude face à la tendance actuelle, Craig Mello, co-lauréat américain du prix Nobel de médecine 2006, a déploré lundi l?insuffisance des crédits fédéraux pour la recherche fondamentale en médecine, estimant qu?elle coûtait des vies humaines malgré des possibilités de traitement immenses.
«Nous avons un grand potentiel et je suis attristé de dire que nous ne dépensons pas assez de fonds dans la recherche médicale», a-t-il dit lors d?une conférence de presse.
<B>Inadaptaion du système d?éducation</B>
Arthur Kornberg, prix Nobel de médecine en 1959, père de Roger Kornberg, lauréat du Nobel de chimie en 2006, a exprimé les mêmes craintes avant-hier face à la réduction des financements fédéraux.
«C?est très sérieux et de nombreux jeunes chercheurs vont se décourager et aller travailler ailleurs», a-t-il dit interrogé par l?AFP. Dans le passé, les scientifiques ont bénéficié d?un soutien financier public très généreux qui explique tous ces prix Nobel, a ajouté Arthur Kornberg, 89 ans, qui continue à faire de la recherche.
L?Académie américaine des sciences avait tiré la sonnette d?alarme fin 2005 dans un rapport d?experts remis au Congrès qui concluait que la compétitivité scientifique améri- caine était menacée.
Les États-Unis forment de moins en moins de scientifiques américains et dépendent de plus en plus de talents nés à l?étranger. Plus de 38 % des scientifiques et ingénieurs travaillant en Amérique ayant un doctorat sont d?origine étrangère, selon ce rapport.
En 2003, 59 % des doctorats en ingénierie aux États-Unis ont été octroyés à des étrangers.
Preuve de l?inadaptation du système d?éducation primaire et secondaire, les étudiants américains se sont classés au 27e rang dans un récent test international portant sur la compréhension mathématique.
Conséquence de ce déficit de formation scientifique, en 2003, seulement trois firmes américaines figuraient parmi les dix premières sociétés à déposer le plus de brevets d?invention.
Les États-Unis sont aujourd?hui un importateur net de produits de haute technologie et leur part du marché mondial d?exportation pour ces biens est passée de 30 % à 17 % en vingt ans, selon les auteurs du rapport.
<B>Centre d?attentionen europe</B>
Parmi les actions proposées, figurent la création de nombreuse bourses universitaires pour étudier les sciences, les mathématiques et l?ingénierie et une augmentation de 10 % pendant sept ans des fonds fédéraux pour la recherche fondamentale, soit dix milliards de dollars annuellement.
L?Académie des Sciences a aussi déploré au printemps la prochaine perte de la prééminence mondiale américaine dans la recherche en physique des particules essentielle pour percer les secrets de la matière avec la fermeture en 2010 de l?accélérateur Fermi.
«Le centre de l?attention des physiciens du monde ces quinze prochaines années sera en Europe au super-accélérateur (LHC) en construction au CERN, près de Genève», a regretté l?Académie.
<B>Palmarès 2006 </B>
L e bal des Nobel 2006 s?est ouvert lundi avec la remise du prix pour la médecine et la physiologie, décerné à deux chercheurs américains, Andew Fire et Craig Mello, pour leur découverte du mécanisme de l?interférence ARN (ARNi), qui permet de réduire un gène au silence au sein de la cellule.
Le prix Nobel de physique a été descerné mardi à John Mather et George Smooth Grace à leurs travaux sur les radiations cosmiques, qui ont confirmé les prédictions de la théorie du Big Bang et contribué à mieux comprendre l?origine de l?univers. MercredI, celui de la chimie à 2006 a été attribué à l?Américain Roger Kornberg, pour ses recherches sur la transcription des gènes. Le prix Nobel de la paix sera quant à lui remis le 13 et le prix Nobel de Littérature le 12 octobre.
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