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Le pape souhaite un dialogue «positif et autocritique» entre les religions
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Le pape souhaite un dialogue «positif et autocritique» entre les religions
Benoît XVI s?est à nouveau justifié, récemment, devant 20 000 fidèles, dans la polémique qui vient de l?opposer au monde islamique. Il est apparu crispé et entouré d?un nombre inhabituel de gardes du corps. A la suite de menaces de groupes armés irakiens, le parquet de Rome a ouvert une enquête contre X... pour «instigation à participer à une association criminelle, attentat contre un chef d?Etat et massacre».
Le pape est revenu sur la genèse de la polémique qu?il continue de qualifier de «malheureux malentendu». Le 12 septembre, pour introduire son discours à l?université de Ratisbonne, il a cru bon de citer «quelques mots d?un dialogue du XIVe siècle dont l?interlocuteur chrétien, l?empereur byzantin Manuel II Paléologue, présente, d?une façon brutale, incompréhensible pour nous, à l?interlocuteur musulman, le problème du rapport entre violence et religion». Le malentendu vient de là. «Au lecteur attentif de mon texte, insiste-t-il, il est clair que je ne voulais, en aucun cas, faire miennes les paroles négatives prononcées par l?empereur médiéval et dont le contenu polémique n?exprime pas ma conviction personnelle.»
Son intention était toute «différente». Rejoignant ce que Manuel II avait dit «de façon positive concernant la rationalité qui doit guider la transmission de la foi», le pape a voulu expliquer que «ce ne sont pas la religion et la violence, mais la religion et la raison qui vont ensemble». Les fidèles l?ont longuement applaudi.
Il reste à renouer le dialogue avec l?islam. Le pape a rappelé son «profond respect» pour les grandes religions du monde, «et donc aussi pour les musulmans qui adorent le Dieu unique et avec qui nous sommes engagés à protéger et à promouvoir la justice sociale, les biens de la morale, la paix et la liberté». Et si, de cette polémique, il fallait espérer un profit, pour le pape ce serait «l?encouragement à un dialogue positif et autocritique entre les religions, comme entre la raison moderne et la foi des chrétiens».
Pour le Vatican, l?affaire est close. Jamais un pape ne s?était ainsi soumis à une double rectification publique de ses propos.
Des signes d?apaisement se manifestent. Après l?Iran, où le président Mahmoud Ahmadinejad a pris acte de ces précisions et exprimé son «respect», le Maroc, qui, au plus fort de la crise, avait rappelé son ambassadeur, lui a demandé de regagner son poste au Vatican. En revanche, à Hébron, en Cisjordanie, deux cents responsables musulmans ont défilé dans les rues en signe de protestation.
Les séquelles de cette polémique risquent d?être longues. Le Vatican envisage de réunir à Rome, lundi, tous les ambassadeurs des pays à majorité musulmane. La préparation du voyage de Benoît XVI en Turquie, du 28 au 30 novembre, reste active. Et ce, malgré l?avertissement donné mercredi par Ali Agça, l?homme qui avait tiré sur Jean Paul II en 1981 et qui, depuis sa prison d?Istanbul, vient de dire à Benoît XVI : «Ne venez pas en Turquie. Votre vie est en danger.»
Manifestation après l?exécution de chrétiens en Indonésie
Une violente manifestation a suivi hier l?annonce de l?exécution de trois chrétiens indonésiens accusés d?avoir mené une émeute anti-musulmane qui avait fait plus de 200 morts. Des milliers de chrétiens sont descendus dans les rues d?Atambua, ville d?origine d?un des condamnés, au Timor occidental, ont rapporté des témoins. Ils ont fait irruption dans la prison, libéré 200 détenus et ont ensuite attaqué et incendié la maison du procureur de la ville. L?Union européenne a déploré les exécutions. Dans un communiqué, la présidence finlandaise de l?Union «exprime ses regrets et exhorte le gouvernement indonésien à ne pas procéder à de nouvelles exécutions». Elle lui demande de rétablir un moratoire sur la peine capitale. Les trois hommes exécutés avaient été condamnés à mort en 2001, après avoir été jugés coupables d?avoir mené une attaque dans un pensionnat islamique alors que de violents accrochages opposaient chrétiens et musulmans dans la province de Sulawesi. Le trio devait initialement être passé par les armes le mois dernier à Palu, capitale de la province, mais l?exécution avait été repoussée à la suite de manifestations de milliers d?Indonésiens et d?un appel du pape Benoît XVI. Des centaines de chrétiens s?étaient rassemblésavant-hier à l?église Santa Maria de Palu pour prier pour les condamnés. Des renforts de police avaient été déployés aux abords de l?église et du lieu de l?exécution. Des organisations de défense des droits de l?homme avaient exhorté les autorités indonésiennes à ne pas procéder à ces mises à mort. Amnesty International a fait valoir que le procès n?avait pas été équitable, les avocats ayant fait l?objet de pressions et de menaces de mort.
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