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Convalescence prolongée pour la couche d?ozone

3 septembre 2006, 20:00

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La couche d?ozone stratosphérique, qui protège la vie des attaques des rayonnements ultraviolets, retrouvera son intégrité plus tard que prévu. Entre 2060 et 2075 au-dessus de l?Antarctique et autour de 2050 pour les latitudes moyennes et l?Arctique.

C?est la principale conclusion d?un rapport d?évaluation sur l?évolution de l?ozone atmosphérique élaboré par 250 experts internationaux et rendu public récemment par l?Organisation météoro- logique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l?environnement (PNUE).

Le précédent rapport, datant de 2002, prévoyait pour 2050 pour l?Antarctique et vers 2045 pour les latitudes moyennes un retour à la concentration en ozone régnant avant 1980, date du début de sa dégradation, mise en évidence en 1985 par une équipe britannique.

Moins optimistes, ?ces nouvelles évaluations tiennent à des raffinements dans les calculs?, note Jean-Pierre Pommereau, du service d?aéronomie du CNRS.

C?est ainsi qu?on a revu à la hausse des quantités de chlorofluorocarbones (CFC) ? des gaz responsables de la dégradation de l?ozone (O3) ? encore présents dans le parc mondial d?appareils de refroidissement.

De plus, si ces composés ont été interdits, les produits de substitution, dont le volume a lui aussi été réévalué, contribueront également, bien que dans une moindre mesure, à la dégradation de l?ozone stratosphérique. En revanche, les réglementations sur les composés bromés ?ont eu des résultats plus rapides que prévu?, note Jean-Pierre Pommereau.

Le cas de l?Antarctique est spécifique : les masses d?air qui survolent le continent blanc sont plus anciennes, si bien que les concentrations en gaz nocifs y sont plus élevées. Un retour à l?état initial sera donc plus long. Le rapport indique que le ?trou? dans la couche d?ozone pourra s?y creuser, au printemps austral (septembre), pendant encore une vingtaine d?années.

<B>LE RÔLE DES NUAGES

Le texte n?est cependant pas entièrement négatif, puisqu?il souligne qu?après avoir atteint un maximum dans les années 1990, les concentrations dans l?atmosphère d?agents destructeurs d?ozone continuent à baisser. De plus, en dehors des régions polaires, le taux d?ozone stratosphérique a cessé de diminuer.

Si le trou dans la couche d?ozone en Antarctique a parfois semblé rétrécir de façon spectaculaire ces dernières années (en 2002 et 2004), les experts n?y voient pas encore la marque de la politique de régulation des émissions de gaz nocifs, entamée avec la convention de Vienne (1985) et le protocole de Montréal (1987). Ces rémissions ponctuelles seraient dues à des conditions météorologiques particulières.

En effet, le phénomène de destruction s?enclenche essentiellement dans des nuages de glace d?eau ou d?acide nitrique qui se forment à très basse température. En 2002, un réchauffement inhabituel de la stratosphère avait enrayé le phénomène.

?A l?inverse, en Arctique, en 2004-2005, un hiver particulièrement rigoureux avait occasionné une chute sévère de l?ozone?, rappelle M. Pommereau.

De nombreuses équipes tentent de mesurer l?impact du réchauffement climatique sur l?évolution de la couche d?ozone, mais butent sur la modélisation intégrée de phénomènes météorologique et chimiques.

En revanche, le lien entre concentration en ozone et impact du rayonnement solaire est confirmé par les dernières mesures: dans certains sites non pollués de l?hémisphère sud, une réduction des ultraviolets a été enregistrée, en parallèle avec une remontée de la concentration en ozone stratosphérique.

?Les premiers signes annonciateurs de la convalescence de l?atmosphère sont à mettre au crédit du Protocole de Montréal, estime Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE. Mais la lenteur du processus doit nous mettre en garde : l?affaire n?est pas gagnée et il nous faut redoubler d?efforts pour éliminer les substances chimiques nocives.? Les prochaines discussions internationales à ce sujet auront lieu à New Delhi, fin octobre.

Pour ce qui est de 2006, le dernier bulletin de l?OMM suggère qu?un trou de grande ampleur pourrait se creuser dans les prochains jours.

Le vortex polaire est centré sur le continent, des températures très basses ont favorisé l?éclosion de nuages de haute altitude : tout est en place pour qu?au retour du Soleil, la dégradation de l?ozone s?amorce à vive allure.

<B>Hervé Morin

© Le Monde 2006

Distribué par The New York Times Syndicate</B>

<B>Les climatologues moins pessimistes</B>

■ Les principaux climatologues sont moins pessimistes qu?auparavant dans leurs dernières prévisions sur l?évolution du réchauffement climatique dans les 100 prochaines années, a rapporté le journal Australian.

Un projet de rapport de la Commission intergouvernementale sur le changement climatique (IPCC) obtenu par le journal indique que la hausse des températures pourrait être limitée à deux degrés Celsius d?ici 2100 si les émissions de gaz à effet de serre sont maintenues aux niveaux actuels. Si rien n?est fait pour enrayer l?accroissement des émissions, en revanche, une augmentation de trois degrés Celsius de la température moyenne quotidienne est prévue.

Le niveau des mers s?élèverait quant à lui de 14 à 43 cm. L?IPCC a été établi par l?Organisation météorologique internationale et le Programme des Nations unies pour l?environnement en 1988 pour enquêter sur l?impact du réchauffement climatique et recommander des mesures pour l?enrayer. Son quatrième rapport d?évaluation doit être présenté en 2007.

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