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La psychose du requin

24 août 2006, 00:00

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Après la mort d’un surfeur dimanche soir à l’île de la Réunion, il semblerait que les requins pointent de plus en plus leur aileron aux abords des plages de l’île. Sur principe de précaution, les autorités mettent en garde et les maîtres nageurs sauveteurs hissent le drapeau orange. Mais qu’en est-il véritablement ? Simple psychose ou crainte bien fondée ?

Le Journal de l’île de la Réunion (JIR) a mené une enquête dans son édition d’hier. Nous y lisons que le prédateur nourrit toujours les discussions des bords de mer. Mardi, à Saint-Leu, suite à une apparition soudaine d’un squale vers 11 heures, le drapeau orange a été hissé. Gendarmerie et police ont débarqué pour faire évacuer les surfeurs. Ces derniers, après avoir tergiversé et évacué leur stress tant bien que mal, s’en sont retournés défier la vague, comme si de rien n’était. Finalement, le spot n’a jamais été désert à 100%.

Cédric, dans l’eau au moment fatidique, est quelque peu légèrement apeuré : “Trois personnes l’ont vu, ce n’est pas courant quand même !” lance-t-il. Intrigué et pris d’une furieuse envie d’apercevoir la bête, il n’a malgré tout pas suivi le mouvement général. “Je voulais les voir de mes propres yeux ! Je suis bien resté un quart d’heure tout seul mais j’avais l’eau à mes pieds, ça ne risquait rien !” lâche-t-il. “Les requins trouvent de moins en moins de nourriture, ils vont se retourner sur les surfeurs. Après il faut discerner le vrai du faux”, glisse-t-il, fataliste.

Pour Charlie, maître nage sauveteur à Saint-Leu, il y a des requins presque toute l’année. Il va même plus loin : “Les bouledogues squattent ici, j’ai l’impression. Alors qu’avant c’était plus les pointes blanches”.

Après quelques heures, la menace va toucher la plage de Roches-Noires. On y aurait aperçu un aileron. Reste à savoir s’il s’agissait d’un requin ou d’un dauphin. Mais comme prévenir vaut mieux que de se faire attaquer par un requin par les temps qui courent à La Réunion, les moniteurs hissent le drapeau orange. Les nageurs se rassemblent sur la partie gauche de la mer. Sur le coup, plus aucun as de la planche ne va se frotter à la vague, située plus sur la droite. Ceux qui ne sont pas au courant de la “présence du prédateur”, sont prévenus immédiatement des risques.

“Les multiples alertes aux requins que l’île a connues depuis trois jours (pointe du Diable, spot de la Tortue…) laissent pensifs. Certains n’accordent pas un brin de crédibilité à tant de coïncidences. Mais face au traumatisme dernièrement vécu, comment ne pas laisser son imagination divaguer ? Un aileron est très vite imaginé, diront des expérimentés. C’est certain mais la psychose a tout l’air de s’installer”, devait conclure le JIR.

<B>L’avenir de la canne laisse sceptique</B>

Pilier de l’économie réunionnaise jusqu’à la fin des années 70, la canne n’est plus considérée aujourd’hui comme une activité véritablement créatrice d’emplois et susceptible de générer de nouvelles richesses. Une enquête réalisée par Ipsos en mars 2006 pour le compte de l’Association pour le développement de la technologie agricole et sucrière (Artas) démontre que 47 % des Réunionnais se déclarent pessimistes, voire très pessimistes, lorsqu’on les interroge sur les perspectives de développement du secteur. A contrario, 44 % ont une opinion plus positive, mais ce chiffre ne suffit pas à contrebalancer la tendance générale.

71 % des personnes sondées estiment que le poids économique de la canne sera beaucoup moins important dans 20 ans. Sans surprise, ce jugement de valeur est plus prononcé chez les actifs et les ménages aisés que dans les foyers modestes. Le scepticisme des Réunionnais, leur vision de l’avenir, ne les empêchent pas de manifester un profond attachement à la filière : 86 % d’entre eux restent persuadés que la canne joue localement “un rôle important ou très important”.

Interrogés séparément par Ipsos lors d’entretiens en face à face, puis à travers un questionnaire, les principaux acteurs concernés refusent d’envisager leur disparition. Plus de 70 % des professionnels parient sur la pérennité de leur exploitation et assurent que dans cinq ans ils seront, sous une forme ou une autre, toujours à la tête de leur structure. 24 % seulement n’excluent pas d’être remplacés par un membre de leur famille, de partager leur activité avec leurs enfants, ou encore de louer leurs terres à un autre agriculteur. Cette conviction profonde, “ce degré de dépendance”, selon l’expression utilisée par Philippe Fabing, consultant chez Ipsos, s’explique d’abord financièrement.

Pour près de la moitié des planteurs sollicités par l’institut de sondage, la canne représente la totalité des revenus du foyer. S’arrêter même lorsque se profile l’âge de la retraite suppose que les exploitants soient en mesure de bénéficier d’indemnités de remplacement, un scénario qui n’est pas vraiment écrit. Faut-il d’ailleurs y voir une relation de cause à effet, les agriculteurs sont intimement convaincus que leur activité ne serait pas viable économiquement sans les subventions publiques. À ce titre, les récentes dispositions de l’OCM Sucre sont toujours perçues de façon négative par 60 % d’entre eux.

Des nouvelles mesures adoptées l’année dernière qui ont occulté la mise en place des mécanismes de compensation pour ne retenir que la baisse du prix de reprise des cannes, la diminution des aides et enfin la durée limitée des garanties apportées. Rien d’étonnant, dans ce contexte, que la diversification agricole soit vécue comme une obligation stratégique majeure. Si on les soutenait davantage financièrement, 57 % des exploitants seraient prêts à accélérer la diversification de leur production. Le tourisme rural, l’élevage, le maraîchage, l’agriculture biologique sont présentées comme autant d’activités complémentaires. La tâche est immense : le sondage réalisé par Ipsos montre que 40 % seulement des opérateurs sont engagés actuellement dans des opérations de diversification…

<I>(Extraits : Le Journal de l’île de la Réunion)</I>

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