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Quinze ans de FAIL : Pas si fail que ça !

21 août 2006, 20:00

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Ala mi-août 1981, le groupe de compagnies Food and Allied Industries Ltd, de Michel de Spéville, fête le 15e anniversaire de sa fondation. En fait, c?est le 27 août 1965 que son promoteur et cheville ouvrière obtient son premier certificat de développement et son enregistrement officiel. La production commence effectivement en février 1966. Quelque 400 poulets peuvent alors être mis sur le marché par semaine. Si beaucoup de Mauriciens ignorent toujours la signification du sigle FAIL, ils apprennent bien vite et apprécient tout autant l?avantage de pouvoir disposer dorénavant du poulet surgelé Chantecler, en veux-tu, en voilà. Le poulet de table réussit avec FAIL une entrée fracassante dans la cuisine mauricienne et dans nos habitudes alimentaires. Il suffit de savoir qu?en 15 ans, de 1966 à 1981, la production de Chantecler passe de 400 poulets par semaine à 45 000, soit cent fois plus et ce, en dépit d?une concurrence qui ne cesse de se muscler. Qui dit mieux !

En août 1966, FAIL commence sa production avec un premier centre d?élevage à Gentilly, Moka, dans l?arrière-cour de la demeure familiale. Le capital initial est de Rs 40 000. La nouvelle entreprise bénéficie aussi d?un emprunt bancaire de Rs 78 000. La nouvelle compagnie compte un personnel de six employés dont ne fait pas partie son fondateur Michel de Spéville, qui préfère conserver son emploi chez De Chazal Du Mée. On n?est jamais assez prudent. Il ne coupera le cordon ombilical qui le lie avec DCDM qu?en? 1975.

Quinze ans après, les six employés du début se sont multipliés par plus de 40 fois pour atteindre le chiffre de 250 employés et produire cent fois plus de poulets mais aussi pour assurer le bon fonctionnement d?une saine diversification agricole, à la fois verticale et horizontale et qui exige la création des entreprises suivantes : - Livestock Feed, Panagora Marketing, Maurilait, Maurifood, Mayfair, Sélection avicole d?exportation (Sadex), Management and Development.

Derrière ce succès, il y a incontestablement un homme : Michel de Spéville. Tout vient de lui et par lui. Il crée tout ce que FAIL réussit à produire. Il prône, bien sûr, l?intégration verticale, exigeant que son groupe produise au plus vite tout ce qu?il consomme couramment. Livestock Feed, par exemple, assure la nourriture des poulets que Panagora distribue et met en vente.

Les débuts ne sont pourtant pas brillants. Le premier exercice se solde par un déficit de Rs 10 000. Michel de Spéville ne perd pas confiance pour autant. Il sait que Maurice importe encore 252 tonnes de poulet de table par an. Le marché est là. Il suffit de le conquérir en offrant à la clientèle un aussi bon produit et à meilleur prix.

Claude Delaître, directeur général de FAIL en 1981, est le premier à rendre à Michel de Spéville ce qui lui appartient de droit comme de fait. ?Sans lui, rien n?aurait vu le jour.? Son secret ? ?Un travail surhumain. Un raisonnement des plus justes. Une meilleure vision des choses que le commun des mortels. En un mot, il est doué. Suprêmement doué.?

Dès sa plus tendre enfance, Michel de Spéville se passionne pour l?élevage des animaux domestiques. Enfant, il pratique déjà l?élevage à un stade expérimental. Il est minutieux et précis à l?extrême. Il comptabilise tout jusqu?au moindre sou afin de mieux cerner les possibilités réelles de développement et anticiper les dérapages menant à l?échec. Le futur fondateur de FAIL a horreur de? l?échec. Il pratique, bien sûr, l?élevage en amateur mais sans jamais omettre de tout noter dans un carnet rouge qui ne le quitte jamais.

Sa technique, précise encore Claude Delaître, est de ne jamais rien entreprendre en pratique sans avoir réglé en théorie tous les problèmes pouvant surgir par la suite. Les problèmes ne l?effraient jamais. S?ils font leur apparition c?est pour être résolus. Il suffit d?être plus inventif qu?eux. La vente du poulet par des intermédiaires ne lui donne pas satisfaction ? Il se passera d?eux et assurera avec succès sa propre distribution. Panagora voit le jour. Mais déjà Michel de Spéville voit plus loin. Pourquoi Panagora se cantonnera-t-elle à la seule distribution du poulet ? Celui-ci peut fort bien s?accompagner d?autres produits tels que la viande congelée, les légumes, les produits laitiers. On importe ce qu?on ne peut produire localement, tout en continuant à chercher comment produire avec succès ce qu?on doit encore importer.

Ne dit-on pas que petit poussin deviendra grand? Quarante ans après, il est devenu un géant de l?agro-industrie mauricienne. Il suffit de savoir que, en 2003, FAIL affiche un chiffre d?affaires de Rs 4,3 milliards, des avoirs de Rs 2,9 milliards, des profits avant taxe de Rs 121,6 millions, pour ne rien dire de ses 2 200 employés à Maurice comme à Madagascar.

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