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Jacques-Michel, poignardé par son gendre
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Jacques-Michel, poignardé par son gendre
Jeannine a de la peine à accepter la perte de son époux. Les enfants, qui gambadent dans la cour en s?apostrophant de vive voix, ne retiennent guère son attention. Elle a, de son propre aveu, perdu tous ses repères. Celui qui partageait sa vie depuis plus de trente ans, Jacques-Michel Georges Manilall, âgé de 52 ans, est décédé mardi à la suite d?une dispute qui a mal tourné avec son gendre, Gino, 34 ans. C?est l?animosité latente entre les deux hommes, couplée à la consommation d?alcool qui serait à l?origine du cocktail explosif qui a coûté la vie à Jacques.
Marié et père de sept enfants, Jacques et sa famille vivent à la route Bassin, Quatre-Bornes. Sa fille, Pamela, ainsi que l?époux de celle-ci habitent dans une maison située dans la même cour. Mais l?entente cordiale des premières années a laissé rapidement la place à une mésentente palpable. C?est le penchant très marqué de Jacques pour la bouteille, explique Jeannine, qui aurait été à l?origine de nombreuses disputes entre les deux hommes.
« À chaque fois que Jacques buvait un verre de trop, il s?en prenait à tout le monde et spécialement à Gino qui essayait toujours de le calmer », fait ressortir un proche de la famille. Les dérapages verbaux de Jacques en présence des enfants rendaient mal à l?aise toute la famille. Les relations entre les deux hommes s?étaient détériorées à un point tel qu?ils ne s?adressaient même plus la parole.
« C?est surtout Gino qui avait cessé de lui parler, sur les conseils de Pamela. Elle voulait éviter toute confrontation entre les deux hommes », confie un membre de la famille, très au fait de ce climat délétère. Pamela demande à plusieurs reprises à son père de moins taquiner la bouteille? en vain. Jacques, qui promet à sa fille aînée de faire des efforts ne peut pourtant pas s?empêcher de prendre un verre de trop.
Il vide presque la bouteille
Ce mardi fatidique, Pamela, son époux et leurs deux enfants se rendent à la plage de Flic-en-Flac pour passer une journée en famille. « Ils voulaient s?éloigner un peu de cette ambiance malsaine et profiter d?une journée tous ensemble », souligne une amie de la famille. Jacques, qui a préféré rester à la maison avec son épouse, regarde, comme d?habitude, la télévision en sirotant un verre de rhum.
« Il a, hélas comme toujours, pratiquement vidé la bouteille et a commencé à se montrer très agressif verbalement », laisse entendre un membre de la famille.
C?est en voulant sortir de sa cour qu?il a remarqué que le portail était fermé avec un cadenas. « Comme il n?avait pas la clef, il a commencé à dire des obscénités et à affirmer qu?il allait le faire payer à Gino », explique Jeannine, encore sous le choc. Pour se venger, Jacques pose alors un cadenas sur la porte d?entrée de la maison de son gendre, lui interdisant ainsi l?accès à son domicile.
Ce n?est qu?à son retour, en fin d?après-midi que Gino le découvrira. Ne pouvant pas ouvrir la porte de sa maison, il part demander des explications à Jacques. Celui-ci, sous l?influence de l?alcool, se jette sur son gendre et profère des menaces à son égard. Une violente dispute éclate. Gino parvient à prendre le dessus, mais Jacques s?échappe et court se réfugier dans sa maison. Il revient à la charge quelques minutes plus tard, armé d?un morceau de bois. Il assène à Gino un coup à la tête.
Blessé, ce dernier s?enfuit et trouve refuge chez un voisin. Et c?est un des fils de Jacques, Jean-Yves, qui revient cette fois à la charge pour s?en prendre à Gino, déjà mal en point. Mais le voisin chez lequel Gino s?est réfugié réussit à refouler l?irascible fils de Jacques. La situation semble revenir à la normale. C?était sans compter le ressentiment qui habite le quinquagénaire.
Gino regagne son domicile une demi-heure plus tard, croyant être en sécurité. Dès qu?il passe la porte de sa maison, il est pris à partie par son beau-père et son beau-frère. Ces derniers, armés de morceaux de bois, le passent à tabac. Dans la mêlée, Gino trouve tout de même la force de courir jusqu?à la cuisine et s?arme d?un couteau. Jacques et Jean-Yves prennent aussitôt la fuite, poursuivis par Gino qui s?en prend alors à son beau-père. Fou de rage, il lui assène plusieurs coups de couteau. Grièvement blessé, le quinquagénaire est transporté d?urgence à l?hôpital Victoria, à Candos.
Interrogé, il reconnaît les faits
Mais arrivé sur place, le médecin de service, le docteur Clarisse, ne peut que constater son décès. Gino a été arrêté peu après par la Criminal Investigation Division (CID) de Quatre-Bornes. Interrogé, il a reconnu les faits, mais a expliqué qu?il avait agi en état de légitime défense et qu?il avait été provoqué par la victime. Il a été placé en détention en attendant sa comparution en cour cette semaine.
La veuve de Jacques confie, quant à elle, avoir toujours craint qu?un tel drame ne se produise. Elle se rappelle les nombreuses fois où les deux hommes ont failli en venir aux mains à la suite d?une prise de bec. « Ce qui est arrivé est horrible mais on ne peut pas reprocher à Gino de s?être défendu. C?est un événement triste et malheureux », laisse entendre un proche de la famille Manilall au lendemain des obsèques de Jacques, qui ont eu lieu mercredi. Une fois de plus, l?alcool a été mauvais conseiller.
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