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La réussite d?une entreprise familiale
Sheik Cassamally Jaulim, directeur d?une petite entreprise de confection de savates-éponge à Chemin-Grenier, a les yeux braqués sur une machine qui tourne à cent à l?heure. Il sourit malgré le bruit auquel il a dû s?habituer. Ce père de trois filles, Nushra, Rookaya et Amiirah, a réussi le pari de sa vie. Se mettre à son compte. S?il a pu le faire aujourd?hui, il le doit, dit-il, à son père Cassim, qui depuis l?âge de 14 ans, lui a appris le métier de chausseur dans son atelier à Camp-Diable où il a grandi.
?J?étais animé de la soif de découvrir ce métier, un métier qui donne la chance extraordinaire de ne pas s?ennuyer. En effet, je discutais avec les gens qui venaient voir mon père pour leur donner leur pointure?, raconte- t-il en souriant, sous le regard de ses deux filles qui l?aident à dévoiler le plan futur de l?entreprise. Il s?agit de faire face à la compétition qui devient de plus en plus féroce dans ce secteur. ?Autrefois, il n?y avait pas autant de gens qui s?intéressaient à la chaussure comme c?est le cas aujourd?hui?, explique Cassamally.
Comme dans tout début dans la vie, ce n?était guère facile. Il devait, après son implantation à Chemin-Grenier, faire le trajet Chemin-Grenier-Port-Louis par le bus pour placer ses savates et ses chaussures pour hommes, dames et enfants chez des grossistes. ?Je n?avais pas le choix : il fallait le faire pour pouvoir fidéliser les clients en attendant de faire l?acquisition d?un véhicule.?
Aujourd?hui, avec ses ouvriers et ses ouvrières, une vingtaine, Cassamally ne s?investit pas trop pour le marketing, il laisse ce soin à sa fille Amiirah, qui sera appelée à prendre le contrôle de l?entreprise parce qu?elle est convaincue qu?il faut avoir une vision à long terme de l?entreprise où l?éthique et l?efficacité se rejoignent. ?Si on veut réussir, il faut définitivement s?en donner les moyens?. D?où l?effort pour trouver de nouveaux designs pour satisfaire les nouvelles demandes, surtout celles de la gent féminine. ?Les clientes deviennent de plus en plus exigeantes sur la qualité. On n?a pas le droit à l?erreur. Autrement, elles vont chercher ailleurs?, souligne le chef d?entreprise. Il aborde ensuite le volet de la formation et le sens de créativité, deux facteurs indispensables, selon lui, pour la réussite d?une entreprise. ?Ma famille est moi travaillons sans cesse pour trouver de nouvelles idées pour satisfaire les nouvelles tendances. Notre entreprise est une découverte permanente et une expérience qu?il faut sans cesse renouveler?, confie Rookaya, assise à côté de son père.
Outre le désir et l?envie d?investir pour aller plus loin, Cassamally reste très vigilant face à la concurrence qui ne se gêne pas pour imiter ses modèles. ?Il y a des gens malhonnêtes Ils n?hésitent pas une seule seconde pour pirater vos produits pour les mettre sur le marché à des prix plus bas. Mo fin déjà trouve mo ban souliers qui mo finn fabriqué sur le marché. Coumma ou croire mo pou capav controle sa??
Le métier attire-t-il les jeunes. ?Ils sont peu nombreux. C?est peut-être à cause de l?investissement que cela nécessite et la patience qu?il faut pour faire face aux aléas du métier?.
En qui concerne l?avenir des petites entreprises, Cassamallyencourage les jeunes à se lancer dans des projets qu?ils jugent vitaux pour leur avenir tout en cherchant un bon encadrement professionnel.
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