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Une marée de fidèles au pied de la Vierge au Parasol
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Une marée de fidèles au pied de la Vierge au Parasol
La tradition à une nouvelle fois été respectée. Venus des quatre coins de l’île, plus de 10 000 fidèles, selon les services de la commune, ont fait le déplacement avant-hier à Piton-Sainte-Rose pour honorer la Vierge au Parasol, sur le site du champ de Foire. Un site semblant faire l’unanimité auprès du public comme de la paroisse, si ce n’est quelques habitants de Bois-Blanc pressés de revoir leur vierge protectrice retrouver sa place... au pied du volcan.
À Piton-Sainte-Rose où au pied du volcan, de toutes façons il serait venu. Depuis son plus jeune âge, le 15 août et le pèlerinage de la Vierge au Parasol est une tradition. Un rituel immuable, immanquable, pour Patrice, 35 ans, originaire de Bois-Blanc. Avant-hier matin, comme ses parents l’ont fait avant lui et sans doute ses enfants demain, il a pris la direction, à pied, du Champ de Foire, là où est désormais célébrée la messe de l’Assomption (depuis 2002), là où la célèbre statue a élu domicile depuis maintenant un an et demi, à la suite de l’éruption de février 2005. Pour lui, rien ne remplacera jamais l’ambiance des messes d’antan au cœur du Grand-Brûlé, “la ferveur et la communion avec la nature”. Pour lui, pas de doute, la place de la Vierge est au pied de La Fournaise. Un avis partagé par bien d’autres, avant-hier, dans la foule, même si à une grande majorité des suffrages le nouveau site de la messe, sur le champ de Foire de Piton-Sainte-Rose, semble l’emporter.
<B>Une organisation sans faille</B>
Un seul chiffre pour s’en convaincre : 130 autobus et plus de mille voitures ont été comptabilisés par les services de la commune. Sans compter tous les habitants venus à pied à la célébration, un tabouret dans une main, un parapluie dans l’autre. Une fréquentation que la municipalité juge inimaginable sur l’ancien site. Nombreux sont ceux d’ailleurs à avoir décidé de revenir à la messe depuis le changement de domiciliation. à l’image de Volcy, parti tôt de Piton-Saint-Leu avec toute sa famille pour assister à la messe. Pour lui, l’ancien site était devenu sous-dimensionné pour accueillir le flot des fidèles. Reste un point qui met tout le monde d’accord : le retour au plus vite de la statue à son emplacement d’origine. Ce qui devrait être chose faite d’ici au début de l’année prochaine. En attendant, c’est le père Amaury de Prandrières qui a présidé avant-hier la messe de l’Assomption et “Marie qui monte au ciel en son corps et en son âme”. Une célébration demandant une organisation sans faille, le fruit d’un long travail de préparation pour plus d’une centaine de paroissiens et la commune dont près de 90 employés étaient disséminés avant-hier aux quatre coins du champ de Foire. La messe terminée, certains ont poursuivi leurs prières à l’église de Notre-Dame des laves ou ont pris la direction de Saint-Philippe et de la Fête du Vacoas en promettant de se retrouver l’année prochaine. Patrice sera de la fête spirituelle, qu’elle se déroule à Piton-Sainte-Rose, ou n’importe où ailleurs...
Le soleil tape dur. Pas de pluie cette année sur Sainte-Rose, mais un franc soleil qui n’a pas manqué de faire quelques dégâts auprès des fidèles. Surtout chez les personnes âgées et les plus fragiles : cinq personnes ont été prises en charge (dont une évacuée à la clinique de Saint-Benoît) par les pompiers du centre de secours de la commune et les bénévoles de la Croix-Rouge, présents sur le champ de foire. Les premières paroles du père Amaury de Prandrières étaient d’ailleurs adressées à la foule en demandant ne pas manquer de se protéger des rayons du soleil et de s’hydrater en permanence. Des scouts et des jeunes de la paroisse ont également fait le va-et-vient depuis la fontaine communale pour offrir à ceux qui le demandaient une petite gorgée salvatrice.
Samoussas et curry de poulet. Si la grande majorité des fidèles a suivi passionnément la messe présidée par le père de Sainte-Rose, d’autres ont profité de la matinée pour faire des affaires ou acheter un bon curry auprès des nombreux forains qui avaient pris possession de la partie haute du champ de foire. Les commerçants du quartier n’étaient pas en reste. Il y avait du monde avant-hier matin aux terrasses des cafés et des restaurants.
La Vierge attend toujours</B>
Si on sait depuis bien longtemps que la messe de l’Assomption ne devrait plus se dérouler au Grand-Brûlé, il n’en est pas de même quant à la date de son retour sur son territoire, au pied du volcan. Un retour qui devrait cette fois se concrétiser d’ici au début de l’année prochaine estime la municipalité alors que le projet de site, sur la RN2, de l’autre côté des coulées de 2005 et de 2002 (direction Saint-Philippe) a déjà été validé par la paroisse, l’ONF, le Département et la commune. Reste à boucler le financement, alors que l’investissement est évalué à environ à 200 000 euros. La Vierge sera placée sur un socle, face à la mer et à un petit parvis aménagé de 350 m2 destiné aux fidèles. Le tout dans un espace boisé pour un impact minimaliste sur le site. La Vierge au Parasol ajoutera alors une nouvelle ligne à sa déjà longue et mouvementée histoire débutée un beau jour de 1896, avant de réchapper miraculeusement à la lave l’année suivante...
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