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Un maçon poignarde son beau-père à mort

17 août 2006, 00:00

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?Pa ti pou dir ki Gino ti pou fer enn zafer koumsa?, lance quelqu?un en présentant ses condoléances à Jeannine, la veuve de Jacques Manilall, hier, à son domicile à la Cité Mère-Teresa. Celle-ci, le regard vide, ne fait que hocher la tête. Comme pour dire que non, elle ne s?attendait pas qu?un tel drame se produise dans sa famille et encore moins que ce soit son gendre qui en soit l?auteur.

En effet, c?est le mari de sa fille, Gino, qui a mortellement poignardé l?époux de Jeannine, âgé de 52 ans. Les deux familles sont voisines. ?Kouma sa inn kapav arive. Zot ti kouma dir kalson simiz. Zot al la pes ansam e zot abitye pas tou zot letan ansam?, parvient-elle à murmurer plus tard.

Visiblement sous l?effet du choc, elle regarde le canapé qu?elle a préparé dans une des trois pièces de sa petite bicoque en tôle pour les funérailles de son époux. Puis reprenant ses esprits, elle demande à l?un de ses proches: ?Ki ler lekor pe vini?? ?Mo krwar lotopsi finn fini. Zot pa pou tarde la?, répond ce dernier. En attendant, parents, voisins et connaissances envahissent le minuscule salon.

?Quelques verres de trop?

Que s?est-il donc passé ce mardi? Jeannine nous en fait le récit à coups de phrases hachées. Il en ressort que ce matin-là, sa fille Pamela et son mari Gino, leurs deux enfants ainsi que le concubin de la mère de Gino décident de se rendre à Flic-en-Flac pour une journée à la mer.

Jeannine et son mari préfèrent, eux, rester à la maison pour déguster une bouteille de rhum. Mais après quelques verres, ce dernier commence à devenir insupportable en proférant, à qui voulait l?entendre, des commentaires sur son gendre. ?Mo finn dir li aret koz for me li pa ti le kompran?, raconte Jeannine sous le regard attentif de son petit-fils Renzo, neuf ans.

Celui-ci ignore que, pendant ce temps, son père qui a retenu les services de Me Ashwin Kandhai est interrogé par les limiers de la Criminal Investigation Division de Quatre-Bornes sur le meurtre de son grand-père.

Dans une déposition consignée en présence de Me Kandhai, Gino explique qu?en rentrant de la mer, son épouse Pa- méla constate qu?il y a un deuxième cadenas sur la porte de sa maison située dans la même cour que celle de ses beaux-parents. Au même moment, son beau-père arrive et commence à l?insulter. ?Letan mo finn donn enn kout pie dan laport, mo boper finn donn mwa enn kalot. Lerla monn donn li enn kout pwin dan so figir.?

Le beau-père s?en va chercher un morceau de bois et agresse son gendre à la tête. Un voisin, qui assiste à la scène, a demandé alors à Gino de venir chez lui jusqu?à ce que les choses se calment. Mais 15 minutes après, c?est son beau-frère, Jean-Yves, qui fait irruption pour l?invectiver. Le voisin intervient à nouveau et demande à Jean-Yves de s?en aller.

Le beau-frère en renfort

Une demi-heure après, Gino décide de rentrer chez lui mais il se rend compte que la porte d?entrée est tombée. Au moment où il tente de la remettre en place, il reçoit des coups à la tête. En se retournant, il voit son beau-père et son beau-frère armés de gourdin. Alors que ces derniers s?acharnent sur lui, il a quand même le temps d?entrer dans sa cuisine pour s?armer d?un couteau.

En voyant cela, les deux s?enfuient mais Gino les poursuit jusqu?à leur maison. Une lutte s?ensuit et c?est le drame. Gino poi- gnarde mortellement son beau-père. La police, mandée sur les lieux, a saisi l?arme du crime. Une charge provisoire d?assassinat pèse sur Gino Marla. Il comparaît en cour de Rose-Hill ce matin.

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