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?Hum Tum? divise à la MBC
Les dépenses ne font pas l?unanimité. Surtout celles pour l?organisation de l?émission de variétés Hum Tum. Du coup, le sujet remet à vif les divergences entre les hommes forts de la MBC, à savoir le président, Fareed Jangeerkhan et le directeur général de la corporation, Bijaye Madhou. Mais ces derniers nient l?existence d?un conflit.
Le président du conseil d?administration a exprimé de ?fortes réserves? sur l?émission Hum Tum tant sur son coût et le choix d?en faire une émission de grande envergure. A cela, Bijaye Madhou répond que grâce aux accords avec plusieurs compagnies et des sponsors, la MBC n?a pas encouru de grosses dépenses. Sans compter les recettes publicitaires qui ont été d?un apport important, souligne-t-il.
Les différences d?approche entre les deux hommes à la rue Pasteur ne datent pas d?hier. L?émission Hum Tum vient relancer le débat sur les prérogatives du directeur général et le président du conseil d?administration (voir hors-texte).
Le président de la MBC pense qu?il serait souhaitable que pour une émission d?une telle envergure, le conseil d?administration discute de la question. ?C?est quand même l?argent du public. Il aurait été souhaitable qu?il y ait eu une discussion avant toute décision. D?autant que j?estime qu?il y a eu des dépenses exagérées.?
Bijaye Madhou est, lui, d?avis que ?Hum Tum est une émission comme une autre et si nous devons obtenir l?aval du conseil d?administration pour toutes les émissions, nous n?en finirons pas. L?on a essuyé des reproches mais, je compte en discuter avec le conseil d?administration pour éclaircir certaines choses?.
Mais Fareed Jangeerkhan, n? en démord pas. Il estime qu?une telle émission a été réalisée au détriment d?autres. ?Nous avons un souci d?équilibre à préserver compte tenu de la composition multiculturelle de la société mauricienne. Est-ce que c?est possible de consacrer des millions pour une émission et uniquement quelques milliers de roupies à d?autres. Qu?adviendra-t-il si le public veut encore plus d?émissions du calibre de Hum Tum ??
?Consacrer des millions pour une émission?
Pour le directeur général, l?argument ne tient pas : ?Nous allons assurer la même qualité, doter les mêmes ressources, créer d?autres émissions de la même envergure dans toutes les langues.? Un concours de chant tamoul a déjà démarré sur le petit écran. Bijaye Madhou annonce également l?émission, Batte Séga, une émission qui, affirme-t-il, sera de haute facture.
Il récuse aussi le fait que Hum Tum a été privilégié au détriment des Jeux d?Afrique d?athlétisme. ?Nous avons même reçu les hommages de Canal France International pour notre travail. Nous avons donné beaucoup à cette événement et les téléspectateurs de la MBC le reconnaîtront.?
Une chose est claire : l?on ne voit pas les choses d?un même ?il à la rue Pasteur. Et déjà, le président de la MBC avait boudé la soirée au centre Swami Vivekananda à Pailles, samedi dernier pour l?émission Hum Tum. Si c?est sa maladie qui en serait la cause, Fareed Jangeerkhan, concède lui-même, que ?ce n?est pas une excuse?.
Mais attention : les deux hommes qui se disent des amis de longue date, ne se voient pas en situation de conflit. Pour l?actuel directeur général, Bijaye Madhou, ?la loi est très claire sur les prérogatives des uns et des autres. Dans la réalité, nous fonctionnons, avec toutes les frictions que cela impose?. Le président va dans le même sens : ?Même s?il n?y pas de conflit entre lui et moi, quand il faut que je hurle, il faut le faire. C?est ce que j?ai fait dans le cadre de Hum Tum. Lui et moi, nous voulons mener la MBC, sur la bonne voie mais pour cela, les divergences sont inévitables. Et cela tout en respectant les avis des uns et des autres.?
Le directeur général, Bijaye Madhou, et son président, Fareed Jangeerkhan, préfèrent ainsi dire qu?ils ?agree to disagree ? sur certains dossiers. Comme sur Hum Tum.
REACTIONS
Ces conflits entre directeur et président
■ Les exemples de conflits entre directeur et président à la rue Pasteur ne manquent pas dans le passé. Qu?est-ce qui explique une telle situation ? ?C?est la politique dans certains cas qui a tendance à miner les relations. Certains se sentent fort à cause de leur proximité politique et le bras de fer est alors malsain?, estime un ancien démissionnaire à la présidence de la MBC, Nassir Ramtoola, Un autre ancien directeur général qui a requis l?anonymat concède que ?souvent le directeur général est plus politique. Il exerce, de ce fait, certains pouvoirs et envenime les relations?. Nassir Ramtoola avait démissionné en janvier 2004 après un conflit larvé entre lui et la direction, portant sur la confusion sur les prérogatives entre lui et son directeur général, Torriden Chellapermal. Il faut, estime Nassir Ramtoola, qu?il y ait un manuel de bonne gouvernance, définissant clairement le rôle du directeur général et du président du conseil d?administration. ?La loi définit dans les grandes lignes, mais il faut discuter dans les détails et établir des paramètres. Je ne crois pas qu?il faut remettre en cause le «MBC Act».? L?ancien directeur général lui, n?est, pas de cet avis. ?C?est la loi qui est justement la source de confusion. Elle donne trop de pouvoirs au président et au conseil d?administration. Un président m?a même dit un jour qu?il pouvait être dictateur à la MBC compte tenu des dispositions de la loi.? La solution pour lui serait de pourvoir un poste d??executive chairman?. L?ex-juge, Sir Victor Glover, qui avait présidé un comité sur la MBC, avait d?ailleurs soulevé la question.
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