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Sugar Cane Contracting Services allège le fardeau des planteurs

14 août 2006, 00:00

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Des appels incessants sur un téléphone portable. Un langage familier où un juron ponctue, quelquefois, la fin de la conversation. Reynolds Moothoo, directeur de la Sugar Cane Contracting Services Limited, est immergé dans le planning de la semaine : couper la canne brûlée à La Salette ou boucler la récolte d?une propriété dans le Nord.

Ce retraité de l?industrie sucrière est l?exemple de la reconversion post-VRS. Chargé de préparer les 250 arpents du regroupe- ment de planteurs à Queen Victoria, il revient sur le cheminement de son entreprise, spécialisée dans la canne, de la préparation des terres au transport vers l?usine. Au c?ur de la réforme de l?industrie sucrière, voilà une preuve de reconversion qui n?est point touchée par la baisse du prix garanti du sucre sur le marché européen.

Quand il opte pour le VRS, en 2002, Reynolds Moothoo compte déjà 34 ans à l?établissement sucrier de Fuel où il était conseiller des petits planteurs. ?Le deal que j?avais obtenu était alléchant. Je savais déjà quelle suite donner à ma carrière, au vu de mon expérience dans la culture de la canne?, explique-t-il, en présence de ses proches collaboratrices de la première heure que sont Jennifer Cotte et Anita Salandy.

La première étape consiste à réunir une équipe solide pour son projet. Il initie, de fait, une poignée d?entrepreneurs aux pratiques culturales modernes. Les cours sont théoriques et pratiques. Et ils sont tenus de les transmettre à leurs employés dans les champs. Les planteurs, petits et grands, ont l??il pour dénicher le moindre sillon de travers.

Mais ce ne sont pas que les planteurs qui tirent bénéfice de ces services. Car les laboureurs de la première vague du VRS sont vite enrôlés pour travailler, en tant que contractuels, au sein de la Sugar Cane Contracting Services Limited. Des 300 employés que comptent les quatorze équipes de l?entreprise, la majorité a une bonne expérience des travaux aux champs. Jennifer Cotte, la Field Officer, souligne avec force : ?Ils ont le souci de la qualité, apprise à l?établissement sucrier.?

Service à la carte

Au démarrage, Reynolds Moothoo se consacre exclusivement à la coupe de 2002. C?est évident, les premiers clients sont les planteurs qui envoient leur coupe à Fuel, dont Queen Victoria, Clémencia et Saint-Julien-d?Hotman. Pour cette première année, ce ne sont que 6000 tonnes de cannes qui sont coupées, chargées et transportées. Et aujourd?hui, le tonnage est de 35000.

La durée d?une coupe étant de six mois, l?entreprise aurait eu une existence de courte durée sans diversification. Idem pour les saisonniers contraints de rester chez eux. Avant de récolter, il faut préparer les terres avec l?épierrage, les boutures, fertilisants et herbicides. Les planteurs, voulant se débarrasser des soucis de main-d??uvre, profitent de l?aubaine. En fait, ces agriculteurs ont déjà un emploi fixe. Ils ne disposent pas de temps suffisant pour se consacrer à leurs terres sous canne.

L?évolution est rapide et tentaculaire, atteignant les champs du Nord. Les planteurs et même les propriétés sucrières en redemandent. ?Le service est à la carte. Il n?y a pas de contrat. Le client est libre de choisir les services que nous proposons. Nous lui envoyons la facture. Il paie. À lui de juger s?il a recours à nous ou pas?, fait ressortir Reynolds Moothoo.

Le planteur d?antan était de moins en moins enclin à mécaniser, explique le directeur de la Sugar Cane Contracting Services Limited, étant toujours adepte d?une pratique culturale traditionnelle, dans un ?cocon? où l?on prône une intervention minime dans les champs. ?Avec ce qui se passe à Queen Victoria, c?est sûr que le regroupement aura un impact?, résume-t-il.

Il est midi, en ce samedi 12 août. La planification pour la semaine n?a pas été finalisée. Anand Luckee débarque. Ce laboureur, devenu l?adjoint de Jennifer Cotte, apporte les dernières nouvelles sur l?avancée des travaux. Une brève discussion s?ensuit sur la répartition des tâches, sans pour autant solutionner les problèmes. Parvez Kholleepa, autre employé au sein de l?administration, ne tardera pas à se présenter au bureau. A l?extérieur, la brise donne la chair de poule. Mais le travail continue. Il y a un contrat à respecter. Bien au chaud, dans sa demeure, le planteur a mieux à faire.

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