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?Je reviens en décembre Inch?Allah?
Vêtu d?un costume gris clair très classe, Hicham El Guerrouj apparaît en face de la salle d?appel, près de la piste d?échauffement, et fait quelques pas. Il n?ira pas plus loin. Il vient d?être reconnu. Athlètes, officiels, badauds, tout le monde l?accoste.
Quadruple champion du monde, double champion olympique du 1 500 mètres (dont il détient le record du monde en 3:26) et mythe vivant du sport, le jeune retraité marocain ressemble soudain à une pop star avec ses lunettes de soleil du plus bel effet et son air décontracté face aux sollicitations de ses fans.
Rien de tel que d?approcher cette légende de l?athlétisme pour vérifier s?il est aussi modeste qu?il en a l?air, en ce vendredi après-midi. « Hicham El Guerrouj, vous devez être habitué à ce statut de star partout où vous allez. Est-il facile de garder les pieds sur terre dans ces moments-là ? »
Il nous répondra d?un petit sourire presque gêné. « Ça fait toujours plaisir d?être sollicité par ceux qui aiment l?athlétisme. Je suis toujours dans mon milieu dans l?athlétisme. C?est ma deuxième famille. Je me sens à chaque fois comme un proche parmi ces gens-là. Je suis toujours bien accueilli et ça me rend heureux. »
Voilà quelqu?un qui a fait rêver les gens autour du monde pendant de nombreuses années, et qui vient de raccrocher sa carrière il y a quelques mois, mais qui ne parle pas de lui à la troisième personne? Il brille même par sa simplicité. Non, la réputation d?El Guerrouj n?était pas surfaite?
?Je suis impressionné par votre accueil?</B>
Le cortège de fans continue. Hicham signe un autographe à gauche. Se fait prendre en photo à droite. Répond poliment aux salutations de ses compatriotes et nous parle en même temps. C?est à se demander s?il sait dire « non ». Il respire la vie et la croque visiblement à pleines dents.
Et l?île Maurice ne le laisse pas indifférent. « C?est ma première visite chez vous, mais hélas je n?ai pas eu le temps de beaucoup bouger. Vous savez, on n?a pas beaucoup de temps, notre emploi du temps est chargé. Je suis allé un peu à Port-Louis, c?est tout. Mais je vais revenir avec ma fille et ma femme en décembre Inch?Allah. »
El Guerrouj encourage ses compatriotes marocains, qui passent devant lui avant le 3000 m steeple et poursuit la conversation. « L?organisation de la compétition est magnifique. Bon, c?est un petit stade mais c?est quand même très humain. Je dois dire qu?ici les gens sont très gentils. Votre accueil m?a impressionné. »
La star marocaine, comme la plupart des techniciens étrangers présents à Bambous, regrette toutefois que le vent ait joué les trouble-fêtes durant la compétition. « Il n?y a pas eu de grandes performances chronométriques hélas à cause du vent défavorable. Mais je retiendrai quand même la fraîcheur et la facilité de Bekele mercredi au 5 000m. »
Durant son séjour chez nous, Hicham El Guerrouj a collaboré avec Canal France International (CFI), qui a retransmis la compétition en direct pour plus de 40 télévisions africaines. En voyant courir les athlètes, il ne peut s?empêcher d?avoir un petit pincement au coeur.
« Bien sûr que la compétition me manque. J?ai commenté quelques courses mercredi et vendredi pour donner un coup de main à CFI. Je ne sais pas si ce métier peut être une forme de reconversion pour moi? Vous savez, tout est possible dans la vie. »
On ne contredira pas quelqu?un qui symbolise le dépassement de soi, l?esprit d?équipe et l?excellence sportive.
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