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Six enfants parmi les manifestants contre la fermeture du garage de la police
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Six enfants parmi les manifestants contre la fermeture du garage de la police
En compagnie de leurs parents et de syndicalistes, six enfants de neuf à douze ans ont participé, hier, à une manifestation syndicale devant l?hôtel du gouvernement. Ils ont protesté contre la fermeture du garage de la police.
Ces enfants de travailleurs manuels du garage sont restés sur place au moins une trentaine de minutes. Ils portaient des gilets sur lesquels on pouvait lire, entre autres, ?A qui profite la fermeture du garage?, ?Na pas ferme garage la police.?
Sharon, 12 ans, collégienne en Form I, déclare qu?elle ne veut pas qu?on mette ?en péril le gagne-pain de son père? en fermant le garage de la police. ?La vie est devenue très chère. Comment allons-nous vivre si mon père n?arrive pas à trouver du travail?, se demande l?enfant.
Une autre élève du même âge, Anaelle, est du même avis: ?Ce sera la catastrophe pour la famille si mon papa perd son emploi?. Son ami Samuel, 11 ans, estime que son père ne veut pas être redéployé. ?Mon père aime beaucoup son travail. Il va éprouver du chagrin s?il est reclassé?.
Le plus jeune des manifestants a neuf ans. Addullah est accompagné de sa mère Baby Naz. Il manifeste parce qu?il ne veut pas que son père perde son emploi. ?Il sera difficile pour lui de trouver un autre emploi?, déclare-t-il. Sa mère affirme que depuis qu?on a annoncé la fermeture éventuelle du garage, sa famille vit dans l?angoisse. Elle a trois enfants. ?Il n?y pas que mon mari qui souffre, mais toute la famille?, affirme-t-elle.
Colère des passants
Le président de la Police Mechanical Workshop, Vega Paniapen, déclare : ?Il faut qu?on explique la raison pour laquelle le gouvernement a décidé de cette fermeture?. Il affirme que les travailleurs manuels du garage continueront à manifester avec leur famille jusqu?à ce qu?ils obtiennent satisfaction.
La présence des enfants dans cette manifestation a suscité la colère de certains passants. Renseignements pris, il s?avère que l?article 13 de la Convention des Nations unies sur les droits de l?enfant stipule que celui-ci a droit à la liberté d?expression, aussi longtemps qu?il n?est pas exploité...
Pour le syndicaliste Radhakrishna Sadien, après la fermeture du garage, les réparations coûteront plus cher, si le gouvernement s?adresse au secteur privé. A ce stade, le syndicaliste avoue qu?il ne sait pas combien de travailleurs seront reclassés.
La décision de cette fermeture a été annoncée dans le discours du budget 2006-2007. Répondant au député Sekar Naidu, le Premier ministre a expliqué que l?objectif est de réduire le gaspillage dans la fonction publique. Le chef du gouvernement a précisé que le garage emploie 114 personnes et qu?il est ?surprenant de noter? que 61 sont des travailleurs manuels et les 53 autres, des officiers de police. Parmi ceux-là, on dénombre un surintendant, un chef inspecteur, neuf sergents, dix caporaux, vingt cinq constables et deux femmes policières.
La situation serait encore ?pire? au Special Mobile Force Workshop. qui emploie 63 officiers de police et 29 travailleurs manuels. Ce constat est d?ailleurs la raison qui a provoqué la mise sur pied d?un comité sous la responsabilité du bureau du Premier ministre pour étudier la situation. Des représentants de la police, du ministère de la Fonction publique, du ministère des Finances et des Infrastructures publiques font partie de ce comité.
RÉPERCUSSIONS
La plate-forme syndicale participe
■ Onze dirigeants de la plate-forme syndicale se sont aussi joints au mouvement de protestation d?hier. Peu après l?action des travailleurs, qui a débuté vers 11 heures 30, ces dirigeants syndicaux ont démarré la leur en brandissant des pancartes. Le message de l?une d?elles disait ?Pas ras nu dipain?. Cette protestation symbolique coïncidait avec le début des débats sur le ?Finance Bill?. Jayen Chellum, porte-parole de l?Association des consommateurs de l?île Maurice, a circulé une pétition pour dire non à diverses décisions du gouvernement, dont le retrait des subsides sur le riz et la farine, la réforme des lois du travail, l?abolition de la compensation salariale annuelle. Les manifestants ont aussi invité les passants à la marche de protestation prévue le 5 août. Elle aura lieu à Quatre-Bornes, dans la circonscription du ministre des Finances, Rama Sithanen.
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