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L?Adsu veut écouter les « bookies »

23 juillet 2006, 00:00

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Techniquement, les bookies ne sont pas censés parier? Mais dans la réalité, il en va autrement, si l?on tient compte des listes des parieurs retrouvées chez Farook Joomun et Ah Lee Seng, les deux bookmakers montrés du doigt par la Brigade anti-piratage de l?inspecteur Hector Tuyau et la Brigade des jeux de l?inspecteur Navin Mohesh. Ces deux bookies sont soupçonnés de se livrer à des paris à crédit et les deux équipes d?enquêteurs de l?Adsu mettent toutes les chances de leur côté pour décoder les listes sur lesquelles ils ont pu mettre la main.

Dans les jours à venir, des demandes seront faites aux juges en chambre pour qu?ils puissent avoir accès aux appels entrants de leurs numéros de téléphone privés et professionnels, fixes et mobiles compris, pour mettre un nom sur les nombreux pseudonymes qui regorgent dans les listes de Joomun et d?Ah Lee Seng.

Mais comble de l?ironie, alors qu?Ah Lee Seng s?est fait prendre par la Brigade des jeux cette semaine, il ressort que son nom figure sur la liste Joomun que possède la Brigade anti-piratage (NdlR : l?inspecteur Tuyau ayant travaillé à partir de ses anciens réseaux alors qu?il était à la tête de la Brigade des jeux).

Des jours riches en rebondissements

Durant la semaine, Farook Joomun a été invité à répondre aux questions de l?inspecteur Tuyau sur les noms trouvés sur les disquettes saisies chez lui, en présence de son avocat, Me Raouf Gulbul. Il n?a fait que répondre : « Mo pa kone ! » Son interrogatoire portait sur les paris de la 9e journée de course. La semaine prochaine, il devra sans doute parler des noms de plusieurs de ses confrères figurant sur sa liste. La liste Joomun, selon les sources proches de cette enquête « est une vraie caverne d?Ali Baba ».

Du côté de l?enquête sur Ah Lee Seng, l?adjoint au Town Clerk de la mairie de Port-Louis s?est fait pincer car trois chèques à son nom ont été trouvés au magasin du fils du bookie Guy Tze Tchan, lors de la perquisition de mardi. Ce dernier, déjà entendu par la police pour une affaire de m?urs, ex-plique qu?il devait de l?argent à ce dernier?

Ah Lee Seng a été arrêté lorsqu?un parieur, Mamade Ajmal Goolamy, a été pris en flagrant délit. Il venait régler sa mise à crédit pour la douzième journée de courses, le 15 juillet. Il faut noter que ce n?est pas la première fois qu?Ah Lee Seng a affaire à la Brigade des jeux. Il s?est fait épingler pour les premières journées de courses en 2003 et 2004 pour des délits similaires.

Les jours à venir seront riches en rebondissements car sur la liste Joomun figurent également un membre en vue du Mauritius Turf Club (MTC) et un propriétaire de chevaux.

Rama Valayden s?en prend au « Militant »

Dommages collatéraux dans l?affaire des paris illégaux. Se sentant diffamé par la teneur d?un article paru à la une du journal officiel du Mouvement militant mauricien (MMM), Le militant, vendredi, Rama Valayden a servi au rédacteur en chef et à l?imprimeur un papier timbré, leur réclamant des dommages de Rs 50 millions. Le ministre de la Justice et leader du Mouvement républicain estime que cet article ne vise qu?à lui nuire, à lui et sa famille. D?autant que le journal sous-entend que des pressions sont exercées dans cette affaire pour que l?enquête de l?Adsu soit vite expédiée.

Les chevaux : un investissement considérable

Pour assouvir leur passion pour les chevaux, certains propriétaires sont prêts à débourser de véritables fortunes. Ces bêtes, qui sont au centre de paris fous chaque semaine au Champ-de-mars, font l?objet d?une attention particulière. Soignés, entraînés et cajolés, les chevaux de courses nécessitent des soins particuliers qui ne peuvent être prodigués que par des écuries qui disposent de toutes les infrastructures nécessaires. Dépendant des prestations, l?entretien de l?une de ces bêtes peut coûter entre Rs 25 000 et Rs 40 000 par mois. « Qu?on le veuille ou non, les chevaux sont devenus de vraies machines à sous. Il faut qu?ils rapportent de l?argent sinon les propriétaires les mettent à la retraite », fait ressortir un ancien propriétaire de chevaux. D?autant, explique-t-il, qu?en fonction de son pedigree, le prix d?un cheval peut atteindre des sommets. « Si le cheval convoité est issu d?une lignée où figurent un ou des champions, son prix peut atteindre plusieurs millions de rands s?il a été acheté en Afrique du Sud. » Une dépense qui doit être suivie d?un retour sur investissement et de profits. Les chevaux prisés par les écuries mauriciennes ? des dhroughbrebs ? sont issus d?un croisement entre les pur-sang anglais et arabes.

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