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Rêve d?un avenir en or

20 juillet 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?Environ 50 000 étrangers poursuivant des études à Maurice et rapportant une forte somme. De riches Indiens et Chinois se faisant soigner à Maurice dans des centres de santé high-tech. Des centaines de bateaux dans la rade de Port-Louis, où des gratte-ciel ont poussé comme à Dubayy.Un taux de croissance d'environ 10 % et un produit intérieur brut avoisinant celui de Singapour avec une population cosmopolite comprenant des étrangers milliardaires ayant acheté des propriétés dans le cadre de la politique d?Integrated Resorts Scheme.? Voilà ce que l?île pourrait être dans moins de dix ans, a prédit hier Maurice Lam, membre de la diaspora mauricienne, intervenant au symposium se tenant à l'université de Maurice?

Maurice Lam a été professeur d'université au Canada, travaille pour les autorités singapouriennes et a un bureau à New York. Il préside à la destinée du Board of Investment de Maurice. S?il fait état de ce rêve d'un avenir en or, il estime que ce rêve peut ? et doit ? devenir réalité si chaque Mauricien prend l'engagement de contribuer à l?avancement de Maurice et d?en faire un pays industrialisé. ?Maurice réussira à réaliser son rêve en raison de l'extraordinaire capital humain qu'elle possède mais aussi en raison du fait que ce pays aura toujours un environnement sain et non pollué en comparaison à la forte pollution des villes des deux futurs géants économiques que sont l'Inde et la Chine?, affirme Maurice Lam.

Réussir ce rêve face à la réduction du prix du sucre, à la fin du régime préférentiel pour notre textile, à la hausse du prix du pétrole s?avère un exercice périlleux. Maurice Lam propose une série de mesures. Il faut, dit-il, oeuvrer pour que notre port soit la plate-forme pour les matières premières africaines destinées à la Chine, et les produits finis de la Chine destinés à l'Afrique. Il croit en la mise en place d?un centre financier capable de canaliser les investissements de la Chine et de l'Inde, comme l'était Singapour quand les capitaux japonais étaient investis en Asie. La création d?institutions éducatives et hospitalières notamment par le secteur privé sont aussi, selon lui, une solution pour répondre aux besoins des étrangers qui cherchent éducation et soins médicaux de qualité à un prix moindre et dans un environnement sain et ludique.

Il faut aussi, dit-il développer le secteur de la pêche pour que Port-Louis soit le seafood hub où passeront toutes les prises de l?océan Indien et où existera une bourse de vente de thon par exemple où des achats pourront être faits six mois à l'avance. Ce rêve de Maurice Lam a été diversement commenté. ?Maurice pourrait perdre son âme dans une telle entreprise?, affirme Michael Atchia alors que le Dr Chandra Jankee de la Banque de Maurice évoque le danger que ce développement ne profite pas au petit peuple. ?Une telle entreprise pourrait impliquer le dépérissement de l'Etat qui serait alors remplacé par la dictature du capital?, dira l?ancien président Cassam Uteem.

Maurice Lam a par la suite précisé que c'est justement le peuple mauricien qui doit avoir le dernier mot en ce qui concerne le modèle économique. Il devait concéder qu'en raison de la pollution notamment, Maurice est un produit difficile à vendre aux investisseurs étrangers. La mise sur pied de deux incinérateurs pour ordures ménagères (qui donnent lieu à une terrible pollution à la dioxine qui débouche notamment sur la malformation des foetus) a aussi été évoqué par Joël de Rosnay qui a participé au symposium par téléconférence.

PROPOSITION

Joël de Rosnay : ?Le WI FI gratuit?

■ Joël de Rosnay, ce Mauricien qui brille à la cité des Sciences et de l?Industrie de la Vilette et à qui l'on doit l'idée d'une Cyber île a demandé au gouvernement de veiller à ce que toute l'île Maurice soit couverte par l'Internet sans fil et que l'accès au WIFI et Wimax soit mise gratuitement à la disposition de la population. Selon ce scientifique qui ne cesse d'oeuvrer pour Maurice, un tel accès gratuit est nécessaire pour la réussite du pays.

?La France offre un tel accès aux familles défavorisées à 1 euro par mois, alors que British Telecom fait à peu près la même chose en Grande Bretagne?, a rappelé Joël de Rosnay, tout en se demandant pourquoi l?Internet coûte si cher à Maurice, pour des connexions qui sont l?objet de critiques parce que très lentes.

Le scientifique a par ailleurs demandé à la population de se mobiliser pour s'opposer à toute idée d'incinérateur d'ordures ménagères, si les filtres aux normes internationaux ne sont pas prévus pour empêcher la pollution par dioxine.

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