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Ravan? ravages

17 juillet 2006, 00:00

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Avez-vous déjà essayé de recenser toutes les possibilités qu?offre la ravanne ? Et pas qu?en terme d?instrument. Mais comme un partenaire de danse. Comme un corps que l?on pourrait tour à tour caresser puis griffer. Prendre dans ses bras, bercer.

Au plus fort de la crise, lui balancer des chocs répétés, marteler de coups cette peau lisse et chaude. Et puis, une fois la souffrance passée, chercher l?apaisement dans la régularité de son rythme. Un tempo qui vous prend aux tripes, vous force à vous trémousser sur votre siège, à taper du pied et des mains. Irrépressible.

Foison de sensations. C?était mercredi lors de l?avant avant-première de Mâ ravan?, chantier de création orchestré par la compagnie réunionnaise Talipot. Première émotion : des retrouvailles avec le Plaza. Certes, ce n?était pas le théâtre, mais la salle des fêtes. Mais l?émotion était tout de même au rendez-vous. Forte et palpitante.

Un choix de lieu qui s?explique par le dispositif particulier nécessaire à cette représentation. Mâ ravan?, c?est à la fois la mère ravanne, une percussion dont la mère patrie c?est la région océan Indien. Il fallait donc un espace circulaire pour ce spectacle en chantier ? dont l?avant-première est prévue en novembre à la Réunion et l?aboutissement pour 2007 ? qui réunit danseurs et musiciens.

?Je suis les liens que je tisse?

Brassage du Sri Lanka, avec des figures de danse indienne, de Madagascar ? avec des dialogues en malgache et des vols d?oiseaux ? et de Maurice. Sensibilité rastafari de Yannick Nanette (surprenant quand il ?joue? de la ravanne avec ses dreads). Et partout des muscles que l?on voit travailler sous son nez. De la saine sueur alimentée par les stages réguliers de Talipot chez nous.

Première partie : Michel Legris (celui qui a fabriqué les ravannes) les fait chauffer en compagnie de Percy Yip Tong, Marousia Bouvéry et Thierry Françoise dont la voix faite pour le séga typique nous surprendra agréablement. La magie se met en place.

Le public est invité à prendre place sur des chaises placées en cercle. L?espace est délimité par des cailloux, avec au centre un bol de sable où l?on a fiché un bâton d?encens. Sorte de gardien du temple qui veille à ce que personne ne franchisse ces limites, un Alexandro Chiara poli mais insistant.

C?est lui qui sera chargé de distribuer les ravannes mises à chauffer près des projecteurs. Des ravannes tour à tour lunes, amantes, objet de jonglerie, avant d?être instruments. Une création qui n?a pas fait mentir la devise de Talipot : ?Je suis les liens que je tisse?. Des attaches déjà solides qui promettent de se renforcer. À suivre.

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