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Un permis pour le village?

13 juillet 2006, 00:00

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?Avec le permis temporaire de taxi, je faisais trois courses et gagnais assez bien ma vie. Avec le retrait de mon permis par la National Transport Authority (NTA), toute la famille dépend de mon épouse pour vivre et les enfants pour aller à l?école?, déclare Raj Dipak, ancien factory operator sur l?ancien établissement sucrier de Bel-Ombre.

Il a acheté une voiture après avoir obtenu sa retraite volontaire à la fermeture de l?usine sucrière de Bel-Ombre

Père de trois enfants, l?aînée est à l?université de Maurice et étudie la loi et les finances, l?autre est en Form IV et une autre est déjà mariée, Raj ne travaille plus depuis que la loi est en vigueur pour interdire aux taxis marrons d?opérer.

?Ma femme a été obligée d?aller vendre des gâteaux dans le village pour subvenir aux besoins de la famille. Croyez-moi, cela me fait mal d?aller la déposer chaque matin et de retourner à la maison pour ne rien faire?.

Selon cet habitant de Rivière-des-Galets, l?Etat aurait dû étudier chaque cas ou demander à la NTA de voir si les habitants de la région ont besoin d?un moyen de transport pour les véhiculer en cas d?urgence. Et cela arrive : décembre à Rivière-des-Galets après l?annonce d?un tsunami à Maurice, Raj faisait volontairement le va-et-vient plus d?une dizaine de fois entre Rivière-des-Galets et Chemin-Grenier. ?Devan enn difficulté pareil, pas ti capav faire autrement?, se souvient Raj. Il a dû souvent aussi transporter à l?hôpital ses voisins malades pendant la nuit. Récemment avec le nombre de villageois atteints du chikungunya, il s?est porté volontaire plusieurs fois. ?Je ne demande pas un permis pour moi seulement mais pour d?autres aussi. Ils le mériteraient pour gagner honnêtement leur vie et dépanner le village.?

Pour démontrer la nécessité d?avoir un moyen pour se déplacer, des habitants ont signé une pétition qui a été envoyée à la NTA. Une autre lettre de Dipak a été adressée à cette instance en 2004 pour un permis de taxi.

Dans une réponse faite à Dipak, un officier de la NTA écrit : ?An enquiry carried in the locality has revealed that two taxis are already providing a regular service there. In addition, bus services are available at regular intervals in the direction of Baie-du Cap, Curepipe, Port-Louis and Mahebourg. In the light of the above, the need for additional taxis to operate from Rivière-des-Galets is not considered at this stage?.

Raj demande à la NTA d?enquêter pour voir si les détenteurs de permis opèrent réellement sur les bases qui leur sont allouées et de vérifier auprès des habitants fois s?ils ont répondu présents à chaque fois qu?ils ont été sollicités.

?C?est une injustice flagrante à l?égard d?un père de famille qui aurait pu gagner sa vie. La NTA devrait faire une enquête avant d?accorder des permis?, suggère un habitant à qui Raj a rendu service dans le passé. Il avait transporté son fils un soir à l?hôpital de Souillac.

Il fait remarquer que les habitants, les femmes enceintes surtout ne peuvent dépendre des autobus la nuit si elles doivent se rendre à l?hôpital pour accoucher même si ?bus services are available at regular intervals?.

Raj, qui autrefois dépannait tout le village et les employés d?autres secteurs, ne supporte plus d?être au chômage et souffre dans sa dignité d?homme. ?Je souhaite avoir mon permis de taxi au plus vite pour que ma famille puisse vivre décemment?, dit-il.

?Je demande aux députés de se rendre dans cette zone côtière pour constater à quel point la misère et le chômage affectent les jeunes et les retraités VRS. Il faut faire vite avant que la situation se dégrade davantage?, avertit ce père de famille.

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