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Premiers signes de panique ?

12 juillet 2006, 00:00

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<B>Par Stéphane SAMINADEN</B>

Les analyses successives de la Mauritius Commercial Bank (MCB) et du Central Statistics Office sont venues nous rappeler les dures réalités économiques du pays. Le taux de croissance pour 2005 a été une nouvelle fois revu à la baisse, de 2,7 à 2,5 % et les prévisions pour 2006 aussi.

Qui dit faible croissance dit déficit de création d’emplois à un moment où la population a de plus en plus de mal à faire face au renchérissement du coût de la vie qui est le reflet d’une politique de réalité des prix dans un contexte où les prix augmentent localement et internationalement.

Par ailleurs, si la première banque du pays est dans son dernier “MCB Focus” moins sombre que dans le précédent numéro, elle reste néanmoins extrêmement prudente par rapport aux promesses que porte le discours du budget 2006-2007.

Les réformes annoncées devraient mener l’économie à des taux de croissance supérieure mais “le gouvernement est toujours confronté à la tâche intimidante de traduire les bonnes intentions en actions concrètes afin que les politiques annoncées ne restent pas dans le domaine de la rhétorique comme cela a été trop souvent le cas dans le passé”, écrit le “Chief economist” de la MCB, Gilbert Gnany.

En d’autres mots, la MCB veut voir pour croire. Mais qui plus est, même si ces réformes sont rapidement exécutées, les effets ne se feront sentir que dans un an ou deux et le pays se rapprochera alors d’un taux de 6 %. Cette analyse rejoint celle du Fonds monétaire international (FMI) qui estime que dans le meilleur scénario, la croissance sera entre 5 et 6 % en 2008.

C’est dire, d’une part, que les 7 à 8 % de croissance promis par Sithanen ne sont pas à portée de main et que d’autre part il faudra se mettre au travail immédiatement et avec acharnement pour réaliser les promesses des réformes annoncées.

Or il est inquiétant de noter que dès la première grogne de la population concernant la hausse du prix de la farine, du pain et du riz de ration, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, cède à la démagogie au lieu d’entretenir le langage de la raison.

La hausse de ces denrées de base s’explique par l’abandon d’un système de subvention généralisée en faveur d’un meilleur ciblage de l’aide sociale. Au lieu d’insister afin de faire comprendre et accepter cette nouvelle rationalité économique et sociale, le Premier ministre explique que c’est pour empêcher les touristes de manger le pain des Mauriciens ! Quand on panique, on peut vraiment dire n’importe quoi.

Il est à espérer que cette manifeste crainte du mécontentement populaire n’amènera pas le gouvernement à transiger ou tergiverser sur l’essentiel de la réforme et encore moins à le remettre en question. On ne rend pas les armes au premier coup de semonce. Il faut livrer bataille.

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