Publicité
Les robinets sont à sec
Il est 11 h 30 en ce lundi ensoleillé à Congomah. Des laboureurs qui retournent du champ ne savent où trouver de l?eau pour se laver. Les robinets sont à sec.
Cette situation perdure depuis deux mois dans ce village. Plus de 150 familles ne reçoivent l?eau qu?une ou deux heures en trois jours. Souvent en 24 heures, pas une goutte d?eau ne coule du robinet.
Depuis ces deux mois, les habitants ont frappé à toutes les portes, mais personne n?a semblé trouver une solution à leur problème.
Ces habitants, à l?instar de Daya Sookalee, ne comprennent pas comment aux mois de mai et juin, n?il y a pas d?eau, alors qu?il y a quelques semaines encore, tous les réservoirs du pays étaient remplis à presque cent pour cent.
Les ménagères sont très en colère. Ces femmes, éprouvent beaucoup de difficultés en ce moment. Celles qui ont des bébés, ne savent plus à quel saint se vouer.
Bien que de nombreuses familles disposent d?un réservoir, ils ne sont jamais remplis, car, il n?y a pas assez de pression pour que l?eau monte jusqu?au réservoir sur le toit de leur maison.
Khemraj Boodhoo, conseiller du village, souligne qu?il s?est personnellement rendu au bureau de la Central Water Authority (CWA) de Pamplemousses pour s?enquérir de la situation. ?On m?a roulé. A chaque fois, on me fait comprendre que la pompe est en panne et que la situation sera rétablie dans les jours à venir. Mais ce sont de fausses promesses. On nous berne?, dit-il.
Le conseiller est également très remonté vis-à-vis des députés de la circonscription, en particulier envers la représentante du gouvernement, Kalyanee Juggoo. Elle est accusée de n?avoir rien fait pour débloquer la situation.
Pourtant, disent les habitants, ils continuent de recevoir des factures identiques aux mois précédents, quand il n?y avait aucun problème. Certains notent même, non sans étonnement, que leur facture a augmenté
Au puits
Certaines personnes ont recours aux vieilles méthodes. Ils ont recours à l?eau du puits. Ce sont surtout celles qui habitent près de cette réserve naturelle d?eau. D?autres se rendent à la rivière.
Les habitants lancent un dernier appel aux autorités. Au cas où ce problème n?est pas résolu dans les jours à venir, ils iront manifester devant le bureau de la CWA. Ils retourneront leurs factures d?eau à l?autorité. ?Cette situation ne peut plus durer. Alors que dans certaines régions, notamment dans la capitale, il y a de gros travaux pour que les habitants reçoivent l?eau 24 h sur 24, ici, on ne fait rien pour une fourniture adéquate au moins pendant quelques heures au cours de la journée?, fulmine Khemraj Boodhoo.
Kalyanee Jugoo nie les accusations des habitants. Elle soutient qu?elle a interrogé le ministre des Utilités publiques sur cette question au Parlement et a fait état du problème d?eau dans son intervention au cours des débats budgétaires. Elle reconnaît que ce problème pénalise grandement les habitants, mais c?est à la CWA de remédier au plus vite à cet état de choses.
CAMP-THOREL
La CWA : faible débit du ?borehole?
■ Un porte-parole de la CWA du bureau de Pamplemousses explique que la pénurie découle d?un faible débit du ?borehole? de Camp Thorel, qui alimente le village.
?Il y a eu une subite réduction de l?arrivée d?eau. De 4 200 litres, ce ?borehohe? ne donne que 3 100 litres, soit une réduction d?environ 25 %. Ce qui fait que le débit est irrégulier?. Interrogé pour savoir quand la situation pourrait retourner à la normale, le porte-parole dit ne pouvoir répondre à cette question. ?Il y a des techniciens qui travaillent sur ce problème et à ce stade, il est difficile de dire quand ce problème sera résolu?, dit-il. Par contre, il souligne que les habitants, après vérification, n?auront pas à débourser ce que leurs factures d?eau indiquent. ?Nous savons qui sont ceux qui reçoivent l?eau et ceux qui n?en ont pas. Nous allons revoir ces factures?, promet-il.
Publicité
Publicité
Les plus récents