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Super minister

10 juillet 2006, 00:00

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Nouvelle configuration. Rama Valayden, Attorney General qui convoque la presse dans le bureau de Mahendra Gowressoo, pour la briefer sur le dossier de l?Aapravasi Ghat, qui sera examiné demain par le comité du patrimoine mondial de l?Unesco.

C?est Valayden qui parle et Gowressoo qui ajoute des mots, anticipe ce que son collègue va dire. Ce qui au lieu de l?aider, interrompt ses phrases.

Certes l?apport d?un légiste de profession est non négligeable vu le contexte. Car en sus des travaux de rénovation, puis de préservation, la pérennité de l?Aapravasi Ghat dépend aussi de l?arsenal légal dont se dotera Maurice pour réellement protéger son patrimoine.

Sans coïncidence aucune, des amendements à l??Aapravasi Ghat Trust Fund Act? seront présentés demain en première lecture au Parlement. C?est une manière de mesurer le désir d?agir réel du gouvernement, à la fois par les citoyens et l?Unesco. Mais n?est-ce pas un peu juste, voire un peu tard que de faire preuve de sa bonne volonté le jour même où le dossier est soutenu devant l?Unesco ?

Toujours au niveau du symbole, déléguer deux ministres de la République pour défendre son dossier est un autre signe de l?engagement du gouvernement mauricien. Il va sans dire que le capital politique qu?un gouvernement, quel qu?il soit, peut tirer de l?acceptation par l?Unesco de la demande d?inscription d?un site mauricien sur sa liste du patrimoine mondial est inestimable.

Pourtant, nous ne pouvons porter des ?illères plus longtemps, malgré le fait que le dossier de l?Aapravasi Ghat est arrivé à un niveau bien au-delà de celui de la politique partisane.

Nous ne pouvons nous empêcher de voir la présence de Rama Valayden sur ce dossier comme un aveu de taille. Celui du manque de crédibilité du ministre des Arts et de la Culture. De son image de wrong man in the wrong place, qui en dépit de ses nombreux efforts, ne maîtrise pas totalement ses dossiers.

Lui qui a mis un point d?honneur a consacré sa première sortie officielle, en tant que ministre des Arts et de la Culture, à une visite guidée de l?Aapravasi Ghat. Avec la franchise qu?on lui (re)connaît désormais (certaines mauvaises langues parlent plutôt de naïveté), il avouait ce jour-là qu?il ne savait pas ce que c?était que l?Aapravasi Ghat, d?où son choix. Qu?en est-il un an plus tard ?

Usant à volonté du symbole, le ministre Gowressoo répéta lors de ses nombreux discours comment il avait tenu à se rendre à l?Aapravasi Ghat en premier et en deuxième lieu au Morne. Sans complexe (d?autres diraient, sans vergogne), Rama Valayden a affirmé ? en présence de son collègue ? qu?il veut ?laisser son nom comme celui qui aura mené à bien ce dossier ?.

Mais revenons à l?essentiel : l?aboutissement du dossier. Outre le prestige, l?inscription de Maurice sur la liste du patrimoine mondial sera d?un apport non négligeable pour le tourisme culturel, celui que le gouvernement a à c?ur de promouvoir, si l?on en croit les cinq villages touristiques qu?il veut mettre sur pied et faire tourner en partie grâce à l?art mauricien.

Une inscription éventuelle donnera l?accès à Maurice à des fonds et de l?expertise pour poursuivre (et terminer) les travaux de rénovation, mettre sur pied des centres d?interprétation. Car ce n?est pas tout d?avoir trouvé des objets significatifs lors des fouilles archéologiques, encore faut-il comprendre, puis expliquer au plus grand nombre l?histoire qu?ils racontent.

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