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Aapravasi Ghat : Allez Maurice
Est-ce que l?Aapravasi Ghat a une valeur universelle ? Un intérêt patrimonial pour toute l?humanité ? Réponse le 13 juillet à l?issue de la 30ème réunion du comité du patrimoine mondial de l?Unesco, à Vilnius en Lithuanie. Pour défendre le dossier, une délégation, dirigée par les ministres Rama Valayden, Attorney General et Mahendra Gowressoo ministre des Arts et de la Culture, a fait le déplacement.
Armée d?une bonne dose d?optimisme et des documents nécessaires, la délégation sera entendue mardi. Elle aura pour tâche de convaincre l?Unesco que l?Aapravasi Ghat est ?plus qu?un lieu de débarquement mais le symbole de tout un système, celui de l?engagisme?. Que le site de la rue du quai donne des pistes quant aux conditions dans lesquelles les immigrés sont arrivés dans l?île, juste avant qu?ils ne soient affectés à une usine sucrière.
Quatre options sont ouvertes au dossier mauricien : soit il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial, soit il n?est pas inscrit, ce qui annule les chances de Maurice de présenter une nouvelle demande pour l?Aapravasi Ghat, soit l?Unesco demande à Maurice de revoir le dossier, soit il est jugé limite. La réunion annuelle du comité, qui a débuté samedi doit durer jusqu?au 16 juillet. Ce comité est composé de représentants de 21 états signataires de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de l?Unesco.
Pendant que la machine est en marche à Vilnius, le conseil des ministres a donné son accord pour que des amendements à l??Aapravasi Ghat Trust Fund Act? soient introduits à l?Assemblée nationale. Des modifications visant à ?élever l?Aapravasi Ghat au statut de patrimoine régional et international, de donner les moyens au Trust Fund d?entretenir le site, de mettre sur des centres d?interprétation et de pallier aux besoins en formation.
LIEU DE MEMOIRE
Qu?est-ce que l?Aapravasi Ghat ?
■ Lieu de débarquement des travailleurs engagés, l?Aapravasi Ghat a vu défiler plus de 400 000 laboureurs indiens entre 1849 et 1910. Situé à la rue du quai (Trou Fanfaron), les bâtiments existants ne constituent qu?une partie de l?ensemble original. Ne restent plus que la porte d?entrée, l?hôpital, une étable pouvant abriter deux chevaux, les cuisines, les salles communes, les toilettes et le lieu où les immigrants se lavaient, le ?sirdars? quarters?, entre autres. Connu dans le temps comme le Coolie Ghat, avant que son nom ne soit changé, c?est dans les années 70 que naît la prise de conscience autour de l?Aapravasi Ghat. Beekrumsing Ramlallah, fondateur du journal ?Mauritius Times? apprend par Ramnarain Ramsaha, ?Public Assistance Commissionner? que les archives de l?Immigration Office sont à l?abandon. Beekrumsing Ramlallah fera alors campagne pour que ces documents soient transférés aux Archives nationales. En 1976, 2 000 registres d?immigrés, 200 000 photos et d?autres documents s?étalant sur la période 1834 à 1920 ont été repris par Folk Museum of Indian Immigration du MGI. Certes, l?emplacement du premier lieu de débarquement des travailleurs engagés n?est pas connu. Mais ce qui est sûr, c?est que le premier ?Immigration Office? était situé là où se trouve la Rogers House actuellement. Un bureau de l?immigration qui a déménagé à plusieurs reprises avant de s?établir de façon permanente à Trou Fanfaron. Le site a reçu de nombreux visiteurs de marque. En 1970, Indira Gandhi, Premier ministre indien s?y rend. Plus récemment, Manmohan Singh y a dévoilé une plaque commémorative.
LES DATES MARQUANTES
■ Juin 2001 : La décision de mettre sur pied l?Aapravasi Ghat Trust Fund est prise.
■ Décembre 2001 : La loi ? Aapravasi Ghat Trust Fund Act ? est votée.
■ Février 2002 : La visite de Koïchiro Maatsura, directeur général de l?Unesco, agit comme catalyseur. Ce sera la première étape vers la soumission de la demande d?inscription de l?Aapravasi Ghat sur la liste du Patrimoine Mondial.
■ Juillet 2002 : Entrée en vigueur de la législation. Vijaya Teelock est nommée présidente du conseil d?administration.
■ Décembre 2002 : Début des fouilles archéologiques sur le site. En parallèle, des recherches sont menées au Archives nationales, pour retrouver tout ce qui a trait au site.
■ Mai 2003 : le site reçoit la visite du Conseil International des Monuments et des Sites (ICOMOS), organe consultatif de l?Unesco. C?est le début du projet de rénovation, qui est toujours en cours.
■ Juillet 2003 : Soumission du premier rapport technique de l?ICOMOS.
■ Juillet 2004 : Lancement officiel du Conservation Project. But de la rénovation : restituer les lieux dans l?état dans lequel ils étaient en 1865, en pleine vague de l?engagisme. L?AGTF s?est assuré des services de Munish Pandit, Restoration Architect dépêché par le chapitre indien de l?ICOMOS.
■ Septembre 2004 : Deuxième phase des travaux. Le défi : enlever tout le ciment ajouté à la structure au fil du temps et refaire le toit en bardeaux.
■ Janvier 2005 : Le conseil des ministres donne son aval au dossier d?application de l?Aapravasi Ghat
■ Août 2005 : Vijaya Teelock est reconduite à la présidence. Prem Mahadeo, jusque-là World Heritage Project coordinator, est nommé directeur de l?AGTF.
■ Décembre 2005 : L?Aapravasi Ghat est en ligne avec le lancement de son site web.
■ Février 2006 : Le ?Draft Management Plan? est soumis à la consultation publique.
■ Mars 2006 : Démission du directeur Prem Mahadeo.
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