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Ministres :Quelle performance ?

1 juillet 2006, 20:00

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Anil Bachoo, le discret

«Il n?y a pas de comparaison entre Rajesh Bhagwan et Anil Bachoo. Deux hommes. Deux styles différents.

L?un cultive sa visibilité dans les médias. L?autre est plus discret. La discrétion n?est pas synonyme d?immobilisme », explique un collaborateur d?Anil Bachoo, ministre de l?Environnement et de la National Development Unit.

Mais il n?y a pas eu de révolution au ministère de l?Environnement. Anil Bachoo assure la continuité, en consultation avec les hauts fonctionnaires, sauf peut-être dans un cas où le logo d?un poster jugé impoli à l?égard du public a été remplacé. Le poster dénonçait le danger des huiles usées.

Anil Bachoo a été moins visible dans le domaine de l?Environnement. Il a fallu le chikungunya pour qu?il émerge sur le plan national. Cela grâce à une opération de ramassage d?ordures à travers le pays.

Homme de terrain, Anil Bachoo privilégie le contact direct. Il est très présent dans sa circonscription et veille à ce que les besoins de ses mandants soient satisfaits. On lui reproche une approche discriminatoire dans l?attribution géographique des dotations budgétaires. Ses collaborateurs réfutent cet argument, chiffres à l?appui.

Parmi les autres réalisations du ministère, on peut noter, entre autres, la mise en place d?un Environment Information System, un système informatique de saisie de données sur l?environnement.

Les relations avec les médias sont une culture qui ne se développe que si l?on croit dans l?importance de la communication. Ce n?est pas le point fort d?Anil Bachoo. Rajesh Bhagwan, son prédécesseur, juge sévèrement l?action du gouvernement dans le domaine de l?environnement. « La pendule de l?environnement s?est arrêtée. On n?attache plus la même importance à la propreté. » Mais plus d?un proche collaborateur maintient qu?Anil Bachoo « travaille beaucoup dans la discrétion ». Le ministre gagnerait sans doute en communiquant davantage?

Abu Kasenally, le technicien

C?est un bûcheur. Homme de dialogue et d?écoute, ce chirurgien de profession semble très à l?aise dans le ministère des Utilités publiques.

Il se montre sensible à la misère humaine et déploie tous les efforts afin de limiter la casse au niveau du portefeuille des défavorisés. Il sillonne le pays et semble omniprésent sur les sites où les travaux d?infrastructure sont effectués. Ici, ce sont les travaux du CEB et dans cette autre région, ce sont les travaux de tout-à-l?égout.

Au Parlement, ses réponses sont toujours truffées de détails techniques. Il semble prendre plaisir à cela. Il a sans nul doute une bonne maîtrise de ses dossiers et étudie chaque cas selon les impératifs de l?heure. Appelé à défendre le dossier de la hausse du tarif d?électricité au Conseil des ministres, il convainc ses pairs et propose des solutions pour éviter une augmentation. Il est toutefois solidaire dans les prises de décisions collectives. Son souci d?ouverture et de dialogue est salué par ses plus proches collaborateurs.

La gestion du dossier énergétique et la construction d?une nouvelle centrale utilisant le charbon sont à l?agenda du ministre. Il planche aussi sur le Waste Energy Project, dont l?objectif est d?utiliser des déchets ménagers à des fins de production d?énergie. Tout cela visant à rendre le pays moins dépendant des produits pétroliers.

Son objectif déclaré : que toutes les familles soient connectées au réseau de distribution d?eau dans l?île. Il s?emploie avec les techniciens de la CWA à traduire dans les faits ce souhait. Ce qui n?est guère évident à cause des contraintes budgétaires.

Toutefois, il devrait accorder une attention particulière au secteur du tout-à-l?égout car les travaux peinent à finir dans certaines régions du pays, alors que les citadins dans d?autres agglomérations attendent avec impatience l?extension tant annoncée du réseau. Ce projet de plusieurs milliards de roupies va nécessiter des efforts soutenus de l?État, même si une bonne partie du financement est assurée par les institutions financières internationales.

Le ministre devra par ailleurs utiliser son scalpel pour éliminer la gangrène qui ronge certains corps parapublics tombant sous sa responsabilité.

Arvin Boolell, le négociateur

Cet apparatchik rouge occupe un des ministères les plus importants de ce pays. Important dans la mise en place de la stratégie visant à rendre le pays autosuffisant sur le plan alimentaire. La fonction de l?industrie sucrière, la production de fruits et légumes, et la place des petits planteurs sont autant de secteurs qui donnent à ce ministère un rôle essentiel dans l?économie du pays.

Arvin Boolell, à l?instar de son père qui a occupé ce poste ministériel pendant 20 ans, n?est pas un inconnu à ce poste.

Il a occupé ce maroquin ministériel de 1995 à 2000.

Toutefois, les données ont radicalement changé. La baisse du prix du sucre, dans le cadre de la réforme sucrière de l?Union européenne, est source de grande préoccupation pour le pays. Le ministre, s?est employé dans ses campagnes de lobbying en Europe, à limiter la casse pour le pays. De concert avec ses collègues, il s?est engagé dans une course contre la montre. Le temps presse et le ministre le sait.

Le redéploiement des employés dans ce secteur ne se passe pas sans conséquences sur le marché de l?emploi. Aussi, les yeux sont tournés vers le ministre qui doit impérativement sauvegarder les intérêts du pays, tout en étant conscient que les jeux sont faits en ce qui concerne l?Union européenne.

Homme de terrain, ayant acquis une grande expérience ministérielle, il est pleinement conscient que la tâche sera rude. Il a de bons rapports avec les hauts officiels de la Chambre d?agriculture, et entretient des relations de proximité avec les petits planteurs. Les défis de la réforme de l?industrie sucrière et de la transformation de l?industrie de la canne ne vont pas se faire sans heurts. La planification en douceur est une des priorités du ministre.

Ce dernier doit aussi accorder une attention particulière au secteur de la pêche. Conscient que le Seafood hub est un secteur porteur, il s?emploie à ce qu?il soit pleinement opérationnel et atteigne une vitesse de croisière dans les années à venir. Orateur puissant sur l?estrade publique et fin parlementaire, Arvin Boolell a toutefois été éclaboussé par deux événements. Tout d?abord, le départ forcé de Jyoti Jeetun du Sugar Investment Trust, et l?épisode de son conseiller, Mathieu Laclé, accusé de viol.

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