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L?Inde continue de rassembler ses enfants
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L?Inde continue de rassembler ses enfants
Où qu?il soit, où qu?il aille, l?homme continue à penser avec les mots et la syntaxe de son pays. De l?exil naît ce sentiment doux-amer qui garde le désir de renouer avec la patrie toujours brûlant dans le c?ur de l?exilé. C?est la réflexion qui vient à l?esprit en voyant s?éclairer de joie le visage de ces huit Indiens vivant à Maurice à qui le haut-commissariat a remis hier leur carte d?Overseas Citizenship of India (OCI).
L?OCI est un nouveau statut que l?Inde offre à ces citoyens qui ont quitté le pays pour s?installer à l?étranger le 26 janvier 1950 ou après. A condition, bien entendu, que leur pays d?adoption autorise la double nationalité. A Maurice, ce sont des conjoints de Mauriciens de souche, des professionnels ou des hommes d?affaires venus traiter dans l?île et qui y sont restés ou encore des Non Resident Indians vivant ici. En adoptant une autre nationalité, ils ont automatiquement perdu la citoyenneté indienne. Ils peuvent désormais y prétendre de nouveau.
Cependant, l?OCI ne restitue pas la citoyenneté indienne automatiquement. Il faut la détenir durant quatre ans et habiter un an en Inde avant de pouvoir avoir de nouveau droit au passeport indien. Mais, comme l?a fait remarquer le haut-commissaire indien à Maurice, Pripuran Singh Haer, hier aux premiers titulaires du statut OCI, ce document est un premier grand pas vers la restitution de la nationalité indienne.
<B>Tous les droits sauf celui de vote</B>
Le statut OCI donne au titulaire tous les droits qu?a un Indien régulier sauf celui de voter et de se lancer dans l?agriculture. Plus besoin de se prémunir d?un visa pour aller visiter des parents. Plus nécessaire de tenir l?immigration indienne au courant de ses va-et-vient à l?intérieur du pays. Au vu de ces tracasseries, l?OCI convient parfaitement à Saroj Chopra, américaine d?origine indienne, mariée à Harish Chopra, fils du Rajasthan. Il est venu à Maurice à l?invitation de l?université de Maurice il y a trois ans. Il est resté pour lancer une chaîne de boutiques hors taxes.
Saroj Chopra a été la toute première à faire une demande du statut OCI au haut-commissariat indien à Maurice. Sept autres personnes l?ont suivie dans cette voie. Parmi elles, Nausheen Yaj Canniah, fille de père mauricien et de mère Cashemirienne. Elle étudie l?informatique à Poone. Le statut OCI lui permettra de vivre et de travailler librement en Inde.
Au-delà de telles attentes, Sulekha Jhummon est tout simplement heureuse de pouvoir s?approcher un peu plus de sa patrie. Originaire de Bénarès, elle est venue à Maurice en 1978, après son mariage. ?Je me sens complète. Je ne sens plus cette insécurité, née de la perte de ma citoyenneté indienne, mon droit.?
Les Mauriciens se trouvant dans la situation de Sulekha Jhummon ou de Nausheen Yaj Cunniah peuvent faire leur demande du statut OCI en ligne ou auprès du haut-commissariat indien, à Port-Louis. Le traitement de la demande prend environ un mois et coûte 275 dollars américains ou Rs 8 175. Si la demande est rejetée, les autorités indiennes remboursent US $ 225.
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