Publicité
«Budget capitaliste», crient les syndicats
Par
Partager cet article
«Budget capitaliste», crient les syndicats
Ils avaient choisi de ne pas être présents au Parlement pour la présentation du budget. «On a eu raison de ne pas y aller», lance Toolsiraj Benydin, président de la Fédération des syndicats du service civil (FSSC).
Installé au bureau de l’Organisation pour l’unité des artisans (OUA), hier, les syndicalistes prennent note des différentes mesures du ministre des Finances. Et ils froncent les sourcils. Déjà ils sont passablement irrités par la fermeture de la Development Works Corporation (DWC) et la fin du comité tripartite. Voilà que Rama Sithanen annonce que les subsides sur le riz et la farine seront enlevés.
«C’est un budget capitaliste !», s’insurge alors Deepak Benydin, président de la Fédération syndicale des corps constitués (FSCC). Reaz Chutoo résagit : «C’est l’humiliation des pauvres. Ils vont devoir déclarer qu’ils sont pauvres.»
Les syndicalistes sont comme anesthésiés lorsque le ministre Sithanen évoque la réforme sur les lois industrielles et l’intention du gouvernement d’aller de l’avant avec le National Wages Council. Toolsiraj
Benydin se fait plus attentif lorsqu’il entend Rama Sithanen évoquer la réforme de la fonction publique et la lutte contre le gaspillage.
Un système d’appréciation de la performance sera mis en place dans la fonction publique. Et il pousse un «Ala la !» lorsque Rama Sithanen annonce que l’âge de la rétraite sera étendu à 65 ans.
«Je constate d’une part que ce n’est pas un budget social. Il fallait baisser la TVA sur les produits de consommation courante. C’est un budget lamentable sur le plan social», lance d’emblée le syndicaliste, Radhakrishna Sadien, à la fin du discours budgétaire. Toolsiraj Benydin est, lui, d’avis que le ministre des Finances n’a fait que suivre le diktat de la Banque mondiale. «La fermeture de la DWC et bientôt le garage de la police confirme l’intention du gouvernement d’en finir avec d’autres entreprises du secteur public.»
Le syndicaliste, Atma Shanto, dit pour sa part craindre que le gouvernement ait enclenché le processus de la déréglementation de la loi du travail avec sa politique de flexibilité. «Ce sera la loi de la jungle dans le monde du travail car les patrons seront habilités à licencier comme bon leur semble.» Il se demande si les travailleurs de la zone franche pourront travailler jusqu’à l’âge de 65 ans quand on sait qu’ils dépassent rarement l’âge 50 ans.
Pour Yousouf Sooklall, le gouvernement a gagné les élections sur la «souffrance du peuple... Aujourd’hui, ce sont les revendications du secteur privé qui sont devenues sa polique».
La réunion terminée, les syndicalistes se dispersent dans le noir. Non sans s’être promis de revenir à la charge à travers des conférences de presse…
Publicité
Publicité
Les plus récents