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Questions à Harish Boodhoo

4 juin 2006, 20:00

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● Quels enseignements tirer de la fermeture de “Sunday Vani”?

La terreur s’est installée. Des amis prennent leur distance de peur de représailles. Heureusement, certains ont même contribué pour que nous puissions payer les employés. Notre crime a été de vouloir faire réfléchir les gens. Cela ne plaît pas aux seigneurs du jour. Mais nous sommes satisfaits de notre action sur l’environnement, la vente à la barre ou le 2 novembre.

● Pourquoi mettez-vous tout sur le compte du gouvernement ?

Parce qu’aujourd’hui vous risquez gros si n’êtes pas un lèche-bottes de Navin Ramgoolam . La fin de Sunday Vani est une conséquence politique. Le 14 février, le Premier ministre (PM) m’a parlé pendant presque une heure. Le 21 mars, il m’a dit qu’il allait permettre la publication de publicités gouvernementales dans Sunday Vani. Le 29, le Prime Minister’s Office l’a confirmé. Nous avons eu des publicités mais sommes restés objectifs ; les publicités ont cessé. Le PM confond argent public et argent travailliste.

● Comment voyez-vous la situation générale du pays ?

Le fort taux de crimes, de viols et de vols va atteindre son paroxysme en décembre. L’insécurité publique va s’accroître avec la rivalité entre les unités de la police et l’ingérence politique. Une restructuration s’impose. Je propose de redéployer 1 200 officiers de la Special Mobile Force, 300 de la National Coast Guard et 300 autres des unités pour la sécurité publique.

● Quelles sont vos attentes du budget 2006-2007 ?

Les dépenses prévues pour le budget 2005-2006 étaient de plus de Rs 51 milliards alors que les revenus n’étaient que de Rs 37 milliards. On se permet tous les excès : duplication d’emplois, jobs surnuméraires, embauche de petits copains… Il suffirait de réduire nos dépenses de 5 % pour ramener plus de Rs 4 milliards à l’Etat. Des organismes inutiles tels l’Ombudsman Office, l’Independent Broadcasting Authority, l’Assessment Review Committee, la Planning Appeals Tribunal, des ambassades inefficaces, le Planning Research Unit, l’Information and Communications Technologies Appeal Tribunal, la Beach Management Unit, continuent leurs effets budgétivores, les modiques revenus des terres de l’Etat démontrent un dysfonctionnement. Les rapports du bureau de l’Audit et du Public Accounts Committee doivent être débattus au Parlement pour un contrôle de la fraude. Pour accroître les revenus, augmentons la taxe sur la cigarette et l’alcool.

● Comment se sortir de cette situation économique difficile?

Il faut une volonté politique. Négocier avec les Etats-Unis pour qu’ils nous achètent les produits destinés aux occupants de Diego Garcia. Négocier les droits d’exploitations des ressources marines de ces îles.

● Qu’en est-il de cette volonté politique ?

C’est aux gouvernants de servir d’exemple. Le gouvernement devrait réduire le salaire des ministres de 25 %. Lutter contre la fraude. Il faut une commission d’enquête permanente sur ce qui s’est passé depuis 1982.

Propos recueillis par Nazim ESOOF

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