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Pour une industrie des plantes...
Le Plant Protection Bill a été présenté en troisième lecture hier à l?Assemblée nationale. Le projet de loi entend introduire un cadre légal pour la protection phytosanitaire dans un environnement de plus en plus exposé aux migrations et aux maladies. Il vise aussi la création d?une industrie des plantes?
Le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, est intervenu pour mettre l?accent sur trois éléments importants du projet de loi : la sécurité alimentaire, la protection des consommateurs et les mesures sanitaires pour l?agriculture. ?Nous n?avons pas d?autre choix que de nous conformer aux normes?, lance-t-il.
?Le sucre n?est plus le roi?, fait ressortir pour sa part Nando Bodha, leader de l?opposition. Pour lui, ce projet de loi est donc un événement de taille alors que Maurice doit plus que jamais miser sur la qualité.
Le leader de l?opposition rappelle qu?aucun pays n?est à l?abri des ?pestes?. Il a cité l?exemple de la Grande-Bretagne qui a mis dix ans avant de pouvoir exporter de nouveau de la viande de b?uf en France après la crise de la vache folle. Un autre exemple de ?peste?que Maurice connaît bien : le ver blanc.
Cader Sayed-Hossen, député de la majorité, parle des perspectives économiques que la nouvelle loi pourraient créer à un moment où la restructuration de l?agriculture et le développement de nouvelles filières agricoles sont à l?ordre du jour. Pour lui, il faudrait notamment explorer les filières des plantes décoratives et des plantes médicinales.
Ce sont, selon le député de la majorité, des activités qui s?inscrivent sur le long terme et qui permettront de créer de l?emploi. De plus, elles sont conformes à la green trend qui prévaut dans de nombreux pays.
Pour les plantes décoratives, le Moyen-Orient est un marché tout indiqué, selon le député de la majorité. Il fait ressortir qu?à la Réunion ce secteur enregistre ?une croissance à trois chiffres?. Et cite l?Ouganda où l?exportation de ce type de produit agricole a explosé en cinq ans.
Normes internationales
Quant au marché des plantes médicinales, Cader Sayed-Hossen explique que c?est un secteur qui pèse ?65 milliards de dollars par an? à l?échelle mondiale en excluant des pays comme l?Inde ou la Chine qui sont hors concours. Un secteur qui, à Maurice, devrait intéresser presque exclusivement les petites et moyennes unités de production.
A ce chapitre, il rejoint Jayen Cuttaree, député de l?opposition. Celui-ci plaide pour que ce soit les petits fermiers ou planteurs qui soient partie prenante de la diversification agricole. ?Laissons les grands planteurs se concentrer sur la production de sucre.?
Le député de l?opposition a lui aussi évoqué l?accès aux marchés mais avec comme corollaire l?application des normes internationales. Il insiste particulièrement sur les impératifs de certification, un processus coûteux, comme il le fait remarquer.
Qui va payer pour leur introduction ? C?est la question que soulève Jayen Cuttaree qui propose que Maurice, comme les autres pays d?Afrique des Caraïbes du Pacifique, soient impliqués dans l?élaboration des normes au niveau de l?Organisation mondiale du commerce. Il suggère aussi des programmes de formation et la création d?institutions fortes.
La nouvelle loi permettra surtout à Maurice d?être conforme aux conventions internationales sur le protection phytosanitaire. Le National plant and protection office sera aussi mis en place.
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